[Fanfiction] La vie de Peter - En Cours!- dans Club | Pokémon Trash
[Fanfiction] La vie de Peter - En Cours!-
VanderCronch - 12 octobre 2010 à 20:06
J'ai eu envie de m'essayer un peu à l'écriture, et j'ai produit un début de texte sur Peter du conseil des Quatre. C'est mon premier écrit de ce type, aussi soyez indulgents, mais surtout, faites-moi part de mes erreurs, que je puisse m'améliorer.
Voici les 9 premiers chapitres. Les chapitres 10 à 13 sont sur la page 2, le chapitre 14 et la suite sur la page 3 du topic.
J'espère qu'ils vous plairont suffisamment pour que vous en lisiez plus que la première et la dernière ligne.
[spoiler=Avant propos]Le Maître
Ce texte est une fiction ayant pour sujet la vie supposée de Peter, maître du conseil des quatre, champion émérite, et ennemi de la team Rocket. J’ai décidé de voir son existence comme elle est décrite dans les jeux, et non comme dans le manga. Peter sera donc un personnage positif.
Je vais bien sûr devoir prendre des distances et des libertés avec les faits réels des jeux, les personnages et les lieux. Cependant, j’espère que cela vous plaira.
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Partie 1 : Enfance
[spoiler=Chapitre 1 : Cri de Noarfang]
La nuit allait bientôt tomber, enveloppant de ténèbres la ville montagnarde et reculée d’Ebenelle. Une teinte ocre colorait les nuages surplombant le soleil couchant. Le chant des Hoothoots allait bientôt se faire entendre. C’était ici le meilleur moyen de savoir quand rentrer chez soi.
Le temps ne semblait pas suivre un cours normal à Ebenelle, et souvent ses habitants devaient se fier aux indices de la nature plus qu’à leur intuition. En effet, même à l’heure la plus tardive de la nuit, une clarté pâle enveloppait la montagne. Elle semblait provenir de toutes les directions, de la caverne de glace à l’est, dont les reflets bleutés teintaient d’une allure fantomatique et irréelle les herbes avoisinantes, à l’antre du dragon au nord, dont les pierres rougies se reflétaient sur le lac, lui donnant le soir une coloration sanglante.
Si elle était claire, la nuit à Ebenelle n’était pas sûre. Souvent, les groupes d’Ursaring agressifs partant en chasse traversait le pont du sud, et rôdaient dans la ville.
Les habitants d’Ebenelle avaient tous pris cette habitude de rentrer chez eux et de s’enfermer dès que les chants des Hoothoots étaient remplacés par ceux plus graves et inquiétants de leurs cousins Noarfangs.
Ainsi, quand les ténèbres fantastiques commencèrent à envelopper la petite ville, plus personne n’occupait les rues. Ebenelle semblait abandonnée.
Seul un vieillard contemplait le lac, appuyé contre un rocher aux couleurs incandescentes de l’antre du dragon.
Malgré son âge avancé, toute sa personne dégageait une impression de force, de puissance et de maîtrise. Ses muscles encore saillants gonflaient sa tenue traditionnelle usée par l’âge.
Une barbe encore sombre mangeait son visage, durcissant ses traits.
Son regard plein de sagesse semblait contempler des temps révolus au travers des eaux du lac, mais des reflets étranges semblaient le traverser, signe peut-être d’une ancienne violence, ou d’épreuves à venir.
Pensif, il caressait une étrange sphère posée dans sa main.
Cette sphère était une pokéball. La première qu’il ait possédée, et l’une des premières à avoir été créée. Il y avait déjà longtemps que le pokémon qui l’occupait avait disparu. Le visage du vénérable s’assombrit. Le souvenir de son ancien partenaire lui nouait le cœur.
Pourquoi avait-il fallu que cela se passe ainsi ? N’y avait-il pas d’autre alternative ?
Quand ces criminels avaient attaqués la ville pour la piller et prendre possession de l’antre du dragon, pourquoi n’avait-il pas été assez fort pour les repousser ? Pourquoi Dracolosse avait refusé de lui obéir ?
Pourquoi avaient-ils tiré sur l’innocent dragon?
Le vieil homme sentit alors son existence entière peser sur ses épaules. S’il avait été plus jeune, il aurait pleuré. Mais il y avait longtemps que plus aucune larme ne l’avait soulagé.
Il gardait la pokéball comme un souvenir, seule preuve de l’existence de son compagnon.
Mais elle ne soulageait pas sa peine.
-Père, vous n’êtes pas rentré ?
La voix provenait de l’autre rive.
Le vieillard leva les yeux sur son fils. S’était un homme élégant, ayant hérité de la force de son père, et d’une partie de sa sagesse. Ses cheveux étaient d’un rouge vif, et se redressaient d’une manière improbable. Il était le champion de l’arène d’Ebenelle, tout comme son père l’avait été avant lui. Sur son dos flottait une cape sombre, rendant sa silhouette presque inquiétante. Par tous, il était considéré comme l’un des dresseurs les plus compétents, presque aussi fort que les dresseurs de la ligue pokémon.
Tout comme les autres champions d’Ebenelle avant lui, il était spécialiste des dragons, ce qui lui valait un grand respect de la part des autres dresseurs, l’entrainement de telles créatures étant d’une grande difficulté.
Père ! Les Ursarings sont nombreux ces temps cis, vous devez le savoir ! Il n’est pas raisonnable de rester ici. Vous feriez mieux de rentrer !
Lance, ils ne viendront pas jusqu’ici. L’antre leur fait peur. Mais vient, il faut que nous discutions. Une chose me soucie. Je suis heureux de pouvoir te parler seul à seul.
Lance considéra son père une seconde, puis lança dans l’eau une pokéball. Une vague d’énergie lumineuse illumina le lac, s’allongea, et, se stabilisa trois mètres au dessus des eaux.
Leviator, raccorde les deux rives, dit calmement lance au gigantesque dragon émergeant de l’eau.
La créature étendit son cou vers son maître, qui sauta lestement sur son dos. Puis il nagea jusqu’à l’entrée de l’antre. Lance se réceptionna aux pieds se son père, qui avait observé la scène sans le moindre mouvement. Le Leviator brilla à nouveau, et, sur un signe de Lance, réintégra sa pokéball.
Qu’y a-t-il, père ?
C’est à propos de ta fille, Lance. Sandra… quelque chose ne va pas, en elle.
Que voulez-vous dire ?
Les traits de Lance s’étaient durcis à ces paroles. Ses enfants étaient ce à quoi il tenait le plus, et le fait que son propre père puisse lui tenir de tels propos le surprenait, et l’inquiétait.
Elle s’absente de plus en plus, elle s’éloigne souvent d’Ebenelle. Tu n’as peut-être pas le temps de t’en occuper avec l’arène, mais il faut que tu gardes un œil sur elle. Les alentours ne sont pas sûrs, et elle n’est pas de taille à lutter avec ce qui rôde la nuit. Les Ursaring ne sont pas la seule menace.
Vous repensez encore à la tragédie d’il y a vingt ans... Sandra est prudente, ne vous en faîtes pas pour elle. De plus, les accidents du passé ne peuvent plus avoir lieu, désormais. Les criminels ont été vaincus.
Lance, Sandra ne sait pas ce qui pèse sur ces montagnes ! Rappelle-toi qu’on ne peut sortir sans souffrance de cette ville. Ceux qui y entrent y restent, et ceux qui la quittent ne reviennent pas. Il faut une grande force pour approcher cette ville, et au moins autant pour en sortir. Elle n’a pas assez d’entrainement. Et elle est trop jeune.
Mais Draco est déjà fort !
Tu sais aussi bien que moi que la maîtrise d’un dragon demande bien plus de temps qu’elle n’a pu en consacrer à Draco. Il ne lui obéira peut-être pas le moment voulu. Écoute mes conseils. Il faut que tu fasses attention à ce qu’elle ne sorte pas de la ville avant d’être prête. Demain, envoie-la dans l’antre, je lui parlerai. Ah, et embrasse Peter de ma part.
Si vous le souhaitez, père. Le regard de Lance avait perdu toute sympathie. Il ferait ce que son père lui demandait, mais il le désapprouvait…
Le vieillard s’approcha de son fils, et mit la main sur son épaule. Puis il rentra dans l’antre rougeoyant.
Bonsoir, Père.
Le champion d’arène tourna les talons, et quelques secondes plus tard, fut de retour sur l’autre rive. Le cri sombre des Noarfangs lui semblait plus grave encore qu’à l’accoutumée.
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[spoiler=Chapitre 2 : Chant de Roucool/La voix des airs]
Les rayons matinaux filtraient à travers les volets de la chambre. C’était une petite chambre d’enfant, avec quelques meubles de bois noir massif, le seul que l’on pouvait trouver à Ebenelle. Un garçon dormait dans le lit qui occupait la plus grande partie de la pièce.
Peter ouvrit les yeux. Le chant des Roucools résonnait paisiblement sur la ville s’éveillant. Comme chaque matin, Peter regardait par la fenêtre, observant la rivière qui traversait la ville, prenant sa source bien plus en amont, dans les lointaines montagnes Sinjoh. Elle coulait avec force, et les faibles Magicarpes peinaient terriblement pour la remonter, faisant à la surface de pathétiques remous. Le soleil était déjà bien visible à l’est, se levant juste à côté de l’écrasant mont Argenté occupant l’horizon. Peter porta son regard sur la caverne de glace, qu’il pouvait juste entrevoir depuis sa chambre. Quelques Roucools volaient ça et là, se posant près des habitations à la recherche d’une graine ou de restes abandonnés.
Peter inspira l’air frais matinal, et se prépara à descendre saluer son père, quand il entendit celui-ci appeler sa sœur.
Sandra ? Descends, s’il te plait ! Grand-père veut te voir.
Peter sortit de sa chambre, et jeta un œil dans celui de sa sœur. Elle était vide.
Elle n’est pas là, Père.
Peter ? Peux-tu dire à… Comment-ça elle n’est pas là ? Lance monta les escaliers, et regarda à son tour dans la chambre de sa fille.
Où est-elle allée ? Elle te l’a dit ? Elle devrait nous prévenir avant de sortir.
Elle est peut-être allée entraîner Draco contre les Ratattacs… En tout cas, elle l’a pris avec elle.
En effet, le présentoir de pokéball de sa sœur était vide.
Lance regarda soucieusement la chambre vide, puis se tourna vers son fils.
Peter, prévient-moi quand elle revient, je vais devoir retourner m’occuper de l’arène.
Oui, Père. A propos, j’ai entendu dire que Pierre allait venir ! Vous savez, le fils du maître de Hoenn, le champion Rochard. Grand père m’a dit que son père était intéressé par l’antre du dragon, et qu’il allait venir la visiter avec Pierre. Je ne l’ai pas vu depuis longtemps.
Tu pourras aller le voir, si tu veux, mais occupe toi d’abord de tes leçons de dressage. Si tu veux avoir un jour ton pokémon, il faut apprendre. Et n’oublie pas pour Sandra.
Peter regarda son père s’en aller dans un bruissement de sa cape. Il tourna ensuite un regard dégoûté vers sa table de travail, sur laquelle reposait le Manuel de Dressage, et l’Encyclopédie Pokémon du Professeur Chen. Les deux ouvrages étaient mortellement ennuyeux, et ne proposaient aucune manière pratique de s’entraîner. Cependant, Peter savait que c’était un mal nécessaire… qu’il n’était cependant pas près à affronter le ventre vide !
Il descendit prendre son petit déjeuner.
Alors qu’il commençait à s’assoupir sur ses leçons, on frappa à la porte. Peter descendit ouvrir, ennuyé d’être tiré de sa rêverie, mais soulagé de pouvoir prendre ses distances avec les soporifiques devoirs qui l’attendaient.
Salut Peter !
Un garçon se tenait derrière la porte. Il avait à peu près la même taille que Peter, mais là où les cheveux de Peter étaient du même rouge flamboyant que ceux de son père, ceux du garçon étaient d’un gris luisant, tirant sur le bleu.
Pierre ! Tu es déjà arrivé ?
Les deux garçons se serrèrent la main en riant.
Ca faisait longtemps, vieux ! Tu ne t’ennuies pas trop, à Ebenelle ? J’ai fait un tour à Doublonville le mois dernier, et je peux te dire que tu serais tombé raide ! C’est une ville gigantesque ! Quand je pense que tu n’es jamais sorti de ce village…
Ne te moque pas ! Ce n’est pas donné à tous d’avoir un pokémon volant et un père voyageur à disposition ! Et puis ici, on a quand même les dragons et la caverne…
Tu parles ! On ne peut pas entrer dans la caverne, et tu n’a jamais vu les dragons, à part Leviator et Draco. Et puis mon père aussi, il a un Leviator.
Bon, plutôt que de me chambrer, tu viens faire un tour ? J’ai besoin d’un prétexte pour m’éloigner du passionnant Prof Chen.
Pierre le regarda d’un air étonné.
Oui, une idée de mon père. « Pas de pokémon tant que tu ne les connais pas ! »
Pierre sourit, l’air amusé.
Bon, alors on met les bouts ? J’ai un truc à te montrer. On peut aller de l’autre côté du pont, n’est-ce pas ?
Si on ne s’aventure pas trop loin, ça va, répondit Peter, piqué par la curiosité.
Bon, ben, allons-y ! J’ai jusqu’à ce soir, après on doit rentrer à Hoenn.
Les deux amis se dirigèrent vers le pont du sud en discutant. Dès qu’il furent hors de vue des habitations, Pierre tira son ami par l’épaule et lui indiqua un abri entre les rochers qui bordaient une petite grotte. Il fouilla dans son sac à dos, et en sortit un objet, qu’il mit sous le nez de Peter, qui écarquilla les yeux de surprise.
Une pokéball ! Où as-tu eu ça ?
C’est la mienne ! Et j’ai capturé un Pokémon !
QUOI ?
Sur ces mots, Pierre lança la pokéball en l’air, qui rayonna pour former une étrange forme flottante. Elle se précisa peu à peu, révélant un étrange être bleu métallisé, long comme un bras humain, se terminant par un grand œil rouge. Pierre regardait fièrement son ami.
Je te présente Terhal !
Cette chose est un Pokémon ?
Eh ! Comment peux-tu dire ça ! C’est évident ! Il est puissant, e en plus il est magnifique !
Mouais… On ne dirait pas.
Moque-toi ! Tiens, allons dans les hautes herbes, je suis sûr qu’il peut battre sans difficulté un Ratattac !
On parie qu’il se fait écrabouiller !
Ils coururent vers les hautes herbes, suivis du Terhal, impassible.
Ils marchèrent quelques secondes, à l’affut. Un bruissement se fit entendre, et un Ratattac sauta hors de l’herbe, tentant de les mordre de ses incisives acérées.
Ils bondirent en arrière, Pierre se tourna vers le Terhal.
-Terhal, attaque Ratattac !
Utilisant son corps comme un bélier, Terhal chargea de toute sa masse le Ratattac, et l’envoya violemment buter contre des rochers. Le pokémon se redressa péniblement, et assena un terrible coup d’incisives au Terhal… qui ne fut pas même éraflé. Il chargea à nouveau, et écrasa le Ratattac, qui s’effondra, K.O. Pierre fanfaronna.
Tu vois, je te l’avais dit, qu’il n’aurait aucun problème !
Je dois reconnaître que ça a été rapide.
Pierre s’apprêtait à faire revenir Terhal dans sa pokéball, quand un bruit sourd se fit entendre. Le sol trembla légèrement.
Qu’est-ce que… ?
Là, regarde les rochers ! Peter pointait du doigt la paroi heurtée par le Ratattac. Un rocher se dessinait nettement parmi les autres. Il bougea. Et roula.
Qu’est-ce que ?
Le rocher rebondit sur le sol, et atterrit aux pieds des deux garçons. Devant eux se tenait un imposant Gravalanch, monstre de pierre presque indestructible.
Oh. Je crois qu’on a un problème.
Terhal, charge-le avant qu’il n’attaque !
Tu es fou ? C’est un Gravalanch !
Et alors ? Il va voir de quoi on est capable.
Terhal chargea à nouveau, avec une violence extrême, et… rebondit rudement contre l’un des quatre bras du Gravalanch. Ce dernier sauta, et s’écrasa sur Terhal, commençant à le marteler de puissants coups de ses poings de pierre.
Vite, fais le revenir !
Terhal, non ! Allez, vire-le de là!
Mais le petit pokémon d’acier ne pouvait pas lutter, et le Gravalanch empêchait Pierre de récupérer son pokémon. L’armure de Terhal commençait à se fendiller sous l’assaut, quand le Gravalanch stoppa ses coups. Il se mit à luire étrangement, le sol trembla violemment, des débris de pierre s’élevèrent, et se greffèrent à son corps.
Un flash de lumière illumina les herbes. Quand le rayonnement s’affaiblit, le Gravalanch avait disparu. A sa place se tenait un géant sombre, un terrible Grolem. Il s’éleva dans les airs, tourna sur lui-même, et fondit sur le Terhal blessé au sol. Pierre et Peter étaient tétanisés.
Soudain, une lumière plus violente encore que les précédentes illumina les lieux, frappant le Grolem de plein fouet. Une silhouette fine se dessina, et d’un geste puissant, elle envoya le Grolem s’abattre contre la montagne.
Sous leurs yeux se tenaient, resplendissant et magnifique, un pokémon bleu à l’allure serpentine.
Draco, attaque encore !
A ces ordres, le pokémon chargea la montagne d’où émergeait Grolem, et cracha un autre rayon lumineux, dévastant sur son passage végétation et rocailles. La Draco-rage heurta le Grolem, le jetant à terre. Le géant roula sur le côté pour se relever, mais retomba, trop blessé par l’onde de choc.
Le Draco s’apprêtait à le toucher d’une ultime onde de choc, quand la voix qui l’avait commandé se fit entendre à nouveau !
Abri, vite ! Vous deux, derrière lui !
Le pokémon aux airs de serpent créa immédiatement un mur d’énergie devant lui. Sans hésiter une seconde, Peter saisit Pierre par le bras, celui-ci, toujours sous le choc de la défaite de son Terhal, demeurant figé. Ils ne tardèrent pas à comprendre la raison pour laquelle on leur commandait de s’abriter. Le Grolem s’était un peu redressé, et semblait parcouru de spasmes. Il explosa.
La déflagration anéantit tout ce qui se trouvait aux alentours, des herbes aux roches, creusant même dans la rivière proche, désintégrant les Magicarpes malheureux qui nageaient par là, pulvérisant le Ratattac déjà affaibli. Quand la poussière retomba, il ne restait rien du Grolem. Il ne restait plus rien. Au milieu du terrain dévasté, le mur d’énergie s’effondra. Derrière, le Draco, Peter et Pierre étaient saufs.
Terhal ! Hurla Pierre. Il se précipita dans les décombres à la recherche de son pokémon, suivi de près par Peter.
Avec une attaque comme ça, il n’a pas pu s’en sortir ! Je t’avait dit qu’il ne fallait pas essayer !
Ne dit pas ça ! Il ne peut pas avoir été…
Détruit ? Non, il est en vie.
La voix quoi avait prononcé ces mots venait de derrière eux. Plus exactement, d’au dessus d’eux. Un élégant Airmure planait au dessus du Draco.
L’oiseau d’acier se posa près d’eux. Une adolescente à l’étrange longue chevelure bleue, enveloppée dans une cape de même couleur, en descendit. Elle tenait entre ses bras le Terhal épuisé. Pierre et Peter la regardaient, ébahis.
Sandra !
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[spoiler=Chapitre 3 : Vol au dessus d’un nid d’Airmure]
En effet, la sœur de Peter se tenait devant eux. Elle les toisait d’un air hautain, fière de sa victoire. Elle fit un geste en direction de ses Pokémons, qui rentrèrent dans leur pokéball.
Si elle n’adressa pas un regard à Pierre, elle imprima tout le mépris possible dans celui qu’elle lança à son frère.
Peter, tu n’as rien à faire ici. Tu n’as pas le moindre talent, et en plus tu n’a pas de pokémon. Tu ne pensais tout de même pas qu’un Terhal à peine entraîné pourrait vaincre quoi que ce soit ici ? Père a raison de te forcer à étudier. Tu es bien loin d’être capable de te débrouiller… Allez faire soigner cette loque avant qu’elle ne meure au centre pokémon. Et rentre à la maison, Peter.
Sur ces mots, elle lâcha le Terhal, qui, à bout de force, ne parvint plus à léviter et s’écrasa sur le sol.
Pierre s’emporta, bouscula la jeune dresseuse, et courut vers son Terhal effondré. Il s’assura qu’il était encore conscient, puis le fit rentrer dans sa pokéball.
Peter déglutit.
Merci pour l’aide, Sandra. On ne s’en serait pas tiré… On va rentrer, mais Père veut te voir. Il te cherchait ce matin, mais tu étais déjà partie.
Une expression fugitive de surprise traversa les yeux de la sœur de Peter, puis son visage se radoucit.
Bon, allez-y, je vais le voir directement avec Airmure.
Elle ressortit sa pokéball, aux couleurs étranges. Celle-ci n’était pas rouge comme à l’accoutumée, mais jaune ornée de bandes noires. Il s’agissait d’un modèle très performant réservé à la capture de pokémons puissants, une Hyperball. Elles étaient coûteuses.
Sandra lança la ball en l’air, et l’imposant oiseau d’airain en sortit. Il poussa un cri strident qui n’évoquait en rien le chant d’un oiseau, et se planta devant sa dresseuse, attendant les ordres, docile et calme.
Sandra, comment as-tu eu cet Airmure ? Ils sont rares, même ici !
Sa sœur se rembrunit un instant, puis retrouva son air hautain.
Je l’ai capturé, évidemment ! Je m’entrainai avec Draco, il y a quelques jours, quand il nous a attaqués. Nous l’avons vaincu, et, plutôt que de l’achever comme je faisais avec les Rattatacs et les Gravalanchs, je l’ai capturé.
C’est père qui t’a offert l’Hyperball ?
Non, je l’ai trouvée dans la grotte là-bas. Un dresseur l’aura perdue, sans doute ! Je n’allai quand-même pas la laisser sur place. Et puis, qu’est-ce que ça peut te faire ? Bon, dépêche-toi d’aller au centre !
Elle montrait vaguement une ouverture dans la montagne, non loin de l’éboulement causé par le choc du Grolem. Dès qu’elle eut fini de parler, elle grimpa sur le dos d’Airmure, lui indiqua le pont d’Ebenelle, et ils s’envolèrent, soulevant un nuage de poussière.
Pierre se mit alors à courir à son tour vers le pont du sud, suivi toujours par Peter. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant le centre pokémon. C’était un bâtiment moderne et laid, dont le toit rouge vif contrastait avec les bâtisses de bois noir de la ville. Mais ni Pierre ni Peter ne se préoccupèrent de l’apparence des lieux. Ils coururent dans la salle vide jusqu’au guichet, derrière lequel se tenait une infirmière en blouse. Pierre posa précipitamment sur la table la pokéball de Terhal. Il regardait l’infirmière d’un air suppliant.
Infirmière, mon Terhal est blessé, soignez-le, s’il vous plaît !
Aucun problème. Laisse ta pokéball sur ce support, nous allons le soigner sous peu. Va t’asseoir là-bas pendant que nous nous en occupons.
Elle s’interrompit en voyant Peter.
Oh, Bonjour ! Tu es le fils de Lance, n’est-ce pas ? En tout cas, tu lui ressemble beaucoup.
Peter, qui était resté en retrait, regarda l’infirmière d’un air surpris.
C’est moi, oui.
Tu pourras remettre ça à ton père ? Il l’a déposé ici, mais comme il n’est pas repassé…
Elle tendit une pokéball au garçon.
Il ne faut pas essayer de l’ouvrir, elle dispose d’un mécanisme spécial. Si on ne le connaît pas, on risque de l’abîmer...
Elle prit en suite la ball contenant Terhal, et la mit sur le système de soins. Elle leur fit signe de patienter.
Les deux amis allèrent s’asseoir dans un coin de la pièce. Peter considérait la ball avec curiosité, Pierre demeurait pensif. Les quelques minutes qu’ils passèrent dans le centre leur permit de se détendre après les événements qui venaient d’avoir lieu.
Heureusement que ta sœur passait par là ! Sinon, je ne vois pas comment on s’en serait sortis… Terhal n’aurait sans doute pas tenu.
Oui. Il faudra qu’on soit plus prudents à l’avenir… Et que tu entraines plus ce pokémon. Je t’avais dit quand même, qu’il était trop faible.
Arrête, tu étais toi aussi partant, mais contrairement à moi tu savais qu’il ya avait des pokémons plus puissants que des Ratattacs ici !
Je n’y pensais plus… Tu sais, je n’ai presque jamais mis les pieds en dehors de la ville.
Mais bon, l’important c’est qu’on s’en soit sortis ! Quand j’aurai un pokémon aussi, on pourra vraiment s’amuser.
Pierre le regarda en souriant
Tu insinues que tu te débrouilleras mieux ?
Sans doute !
On verra ça !
Peter répondit à ce sourire en riant. Les deux amis apaisés par ces vantardises mutuelles retrouvèrent leur bonne humeur, confortée encore par le retour de l’infirmière avec un Terhal en parfaite santé.
Voilà. Votre pokémon est complètement guéri. Essayez d’éviter qu’il se blesse encore, ça pourrait être plus grave la prochaine fois.
Merci beaucoup, Infirmière !
Pierre prit le Terhal dans ses bras, caressa quelques secondes son corps d’acier, puis le fit rentrer dans la pokéball. Peter leva les yeux vers lui, et lui indiqua la sortie.
Bon, maintenant, il faut que j’aille porter la ball à mon père.
Les deux garçons sortirent précipitamment du centre, et filèrent vers l’arène de la ville. Ils entrèrent en coup de vent. Les lumières de l’arène étaient éteintes, et les habituels lance-flammes coupés. Lance ne devait pas avoir eu de match depuis un moment, aussi Peter ne s’attendait à voir personne, et s’apprêtait à repartir vers sa maison, pensant que son père y serait.
Mais il vit une silhouette dans la pénombre, au fond de l’arène. Il l’appela.
Père ! J’ai la pokéball du centre ! Sandra n’est pas venue ?
La silhouette ne répondit pas. Pensant que son père était plongé dans une méditation profonde, mettant à profit les leçons du doyen, son grand-père, Peter traversa l’arène en sautant de blocs en blocs. Pierre, qui ne connaissait pas le chemin, cru bon de rester à l’entrée, de peur de trébucher dans la pénombre, et de s’écraser dans les profondeurs de l’arène, habituellement remplies de lave en fusion.
Père ? C’est moi, Peter. Vous méditez ?
Peter toucha le dos de la silhouette. A sa grande surprise, la personne qui se tourna vers lui n’était pas son père, mais le doyen! Son visage luisait, couvert de larmes, ruisselant sur sa barbe. Il désignait une masse informe étendue devant lui.
Peter…
Grand-père ? Que…
C’est alors que Peter se rendit compte de ce qu’il avait sous les yeux. Lance gisait, le thorax transpercé, lacéré, les débris de sa cape flottant sur ses blessures béantes. Des pokéballs vides étaient éparpillés autour de lui. Son visage aux traits tirés par la douleur était déjà recouvert par son propre sang. Il avait cessé de vivre.
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[spoiler=Chapitre 4 : Ternes, pâles ténèbres]
Au plus profond de la caverne glacée se tenait une silhouette, transie de froid, comme écrasée par les rochers givrés qui l’entouraient. Cette silhouette attendait. Autour d’elle le sol uniformément gelé reflétait la lumière de l’extérieur pourtant lointain, laissant sur les murs une pâle lueur bleutée. Une brume fantomatique planait dans l’air, empêchant de discerner distinctement les lieux.
La silhouette, immobile, fixait un point de ce néant de froid, vague et distant. Apparurent bientôt deux ombres des profondeurs de la grotte. Des hommes approchaient. Dès qu’ils furent suffisamment proche de la silhouette, ils lui firent signe de venir avec eux. Celle-ci se leva, et alla rejoindre les deux personnages enveloppés dans la brume. Ces deux ombres vivantes étaient jeunes. La plus petite d’entre elles était un homme d’une vingtaine d’années, qui en paraissait déjà le double, ses cheveux étaient coupés courts, avec élégance. Il était vêtu d’un long manteau noir, qui devait le protéger bien plus du froid que son compère. L’autre était grand et élancé, déjà plus âgé sans doute, mais en paraissait bien moins que le premier. Les reflets bleutés de la grotte mettaient en valeur ses traits fins mais acérés, et donnaient une étrange teinte à ses cheveux rouges. Il était vêtu d’un manteau lui aussi, mais plus fin et près du corps que l’autre, d’une teinte d’un pourpre profond.
Les trois personnages s’éloignèrent dans la pénombre, silencieusement.
Ils ne prirent la parole qu’à la sortie de la grotte, dans une clairière écrasée par les montagnes environnantes.
Ce fut l’homme au manteau noir qui prit l’initiative. Il n’adressa pas un regard à celui qu’ils étaient venus chercher, et gardait ses yeux dans le lointain.
Maximilien, dit il à l’homme aux cheveux rouges, la situation à Ebenelle va bientôt devenir grave. Nous n’aurions pas du revenir. Ce qui s’y est passé va causer de graves troubles, là bas. Il ne faudrait pas que nous soyons mêlés à cela.
L’homme aux cheveux rouges s’arrêta, et se retourna pour répondre. Son visage était dépourvu de toute expression.
Nous avons fait ce que nous devions. Nous aurons besoin de toutes les forces possibles, dans les temps à venir. Elle nous sera utile, elle a déjà fait ses preuves. Il suffira de disparaître quelques temps. N’est-ce pas, Sandra ?
Il s’était tourné vers la troisième personne, qui n’était autre que la sœur de Peter, le visage et le regard vide, vêtue d’une cape sombre et d’une tenue noire renforcée. Elle ne répondit rien, se contentant de détourner les yeux.
Tu as toujours les pokéballs ? Elles nous seront très précieuses.
Sandra leur indiqua les six sphères qu’elle portait attachées à sa ceinture.
Bien. Il est temps de partir.
Sur ces mots, ils lancèrent tout trois des Hyperballs dans les airs. Trois Airmures en sortirent, leurs crissements métalliques suraigus raisonnant dans l’enclave. Chacun d’eux monta sur l’un des oiseaux d’acier, qui prit son envol, disparaissant dans les cieux colorés du soir.
Peter était resté immobile. Il ne savait pas depuis combien de temps. Pour lui, le temps lui même n’avait plus cours. Il ne voyait plus rien, ne ressentait plus rien que sa peine profonde. Il ne comprenait pas. Il n’avait pas réagi quand son grand père l’avait emporté dans ses bras pour le ramener chez lui. Il n’avait pas réagi quand Pierre avait couru vers lui, inquiet. Il n’avait pas réagi quand on l’avait allongé sur son lit d’ébène.
Il ne réagissait plus. Quand il reprit conscience de son existence quelques heures plus tard, il était comme emprisonné dans une torpeur atroce, de douleur et de tristesse.
Quand les flammes avaient pris sur la bûcher de bois noir sur lequel reposait son père pour ses derniers instants, il était ailleurs, loin au fond de lui-même. Quand son ami venait le visiter pour voir s’il allait mieux, il ne pouvait que ressentir vaguement sa présence, les images qu’il voyait n’avaient plus de sens.
Cet état dura une semaine. Puis, peu à peu, son esprit se calma, acceptant tout en la découvrant la dure réalité. Son père était mort. Ou plutôt, on l’avait tué.
Un matin, son grand-père vint le chercher chez-lui. Ils marchèrent vers le lac, qu’ils traversèrent sur un pont de planches qui avait été posé par le doyen. Ils marchaient sans parler.
Peter ne savait pas pourquoi son grand-père comptait le faire entrer. L’antre du dragon était réservée aux plus méritants des dresseurs, et il n’en était même pas un. Ils pénétrèrent dans la grotte.
Un grand lac souterrain en remplissait une grande partie. Le temple du dragon, la demeure du doyen, s’élevait sur les eaux dans les profondeurs de l’antre. Ils marchèrent sur un pont de pierre abîmé et ancien, qui reliait l’entrée à la demeure. Le lac était agité par un courant puissant, dû à une rivière intérieure.
Ils entrèrent dans le temple, une bâtisse austère d’un style traditionnel. L’intérieur était décoré de symboles rappelant le passé d’éleveurs de dragons de la ville.
Peter, il va falloir régler quelques problèmes, ici. Assieds-toi.
Le doyen prit place en face de son petit fils, à même le sol.
Depuis ce qui est arrivé à ton père, la cité est dans le désarroi. Sans sa protection, elle risque de devenir un danger pour elle-même. Je ne suis plus à même de remplir la tâche de champion, je suis bien trop âgé. Tu es toi-même trop jeune. Seule ta sœur en est capable. Il va falloir retrouver Sandra. Personne d’autre que toi ne le peut, ici. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé, mais si elle a pu aller quelque part, c’est forcément là où les dragons sont forts. Son lien avec Draco est plus important que je ne le croyais, et elle ira sans doute là ou celui-ci sera heureux, bien que je ne sache pas clairement quelles ont été ses motivations.
Il faudra donc que tu te rendes à Hoenn, il existe là bas une cité des dragons ancestrale. J’ai discuté avec le champion Rochard. Pierre a beaucoup voyagé et connaît bien la région. Il est d’accord pour t’accompagner.
Mais comment voulez-vous que je quitte la ville ? Je n’en suis jamais sorti, et dès les premières routes, nous avons été attaqués par un pokémon bien plus puissant que son Terhal !
Te souviens-tu de la pokéball que tu es allé chercher au centre pokémon ? Celle de ton père. Tous ses pokémons ont été emportés par son assassin, il ne reste plus que celui-ci, qui aurait aussi été volée. Cette pokéball t’était destinée, je le sais.
En prononçant ces paroles, le doyen avait sorti la sphère rouge de son manteau, et la tendit à Peter. Celui-ci considérait la ball avec surprise. Il la prit dans sa main, et se contenta de la regarder. Si les circonstances avaient été autres, nul doute qu’il aurait été enthousiaste. Mais la blessure était trop récente encore. Il constata que le verrou du système de sécurité de la ball était levé.
Peter appuya alors sur le bouton central. Une lumière jaillit, se condensa puis s’allongea au sol : le pokémon qui apparut sous ses yeux ressemblait beaucoup au Draco de sa sœur, quoique plus petit.
Minidraco. Il est né d’un œuf de mon propre Dracolosse, qui, pour une raison que j’ignore, n’a éclot que récemment, peu après ta naissance. Il est à toi, maintenant. Avec un peu d’entraînement, il te sera d’une grande aide pour ton voyage.
Le serpent gris fixait son jeune maître du regard. Peter s’agenouilla, et étendit la main calmement vers le Minidraco. Celui-ci s’écarta prudemment, puis finalement laissa Peter poser la main sur son front, au milieu duquel luisait une gemme. Peter posa alors la pokéball, et regarda son Grand-père.
J’irai à Hoenn, je rechercherai Sandra, et je la ramènerai. Je partirai dès que Pierre sera prêt lui aussi. En attendant, j’entrainerai Minidraco.
Il sourit à son grand-père, lui montrant qu’il était prêt. Le vieil homme lui rendit son sourire. Au milieu des ténèbres, luisait enfin une lueur d’espoir qu’il pensait depuis longtemps éteinte.
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[spoiler=Chapitre 5 : Souffle ardent des glaces éternelles]
Dès le lendemain de sa rencontre avec Minidraco, Peter s’était empressé de commencer à s’entraîner. Du moins, à essayer de s’entraîner. La force des pokémons alentours gênaient considérablement sa progression, le forçant à s’attaquer encore et encore aux Roucools de passage. Pendant les deux premières heures de sa chasse, Minidraco n’en toucha aucun. Les minoiseaux, rapides et agiles, évitaient sans difficulté les coups de queue et les morsures du serpent. Puis, Peter rusa, lança une pierre près de Minidraco, qui la récupéra pour la projeter d’un coup de queue vers un Roucool perché dans un ébénier. Celui-ci, se croyant hors de portée, ne réagit même pas quand la pierre le heurta, l’assomma et le fit choir de sa branche.
Plus ils s’entrainaient, plus leur efficacité était grande, et, à la fin de la journée, les buissons étaient vides de leurs oiseaux, qui, soit envolés soit assommés échappaient maintenant aux cailloux de Minidraco.
Alors qu’ils s’apprêtaient à rentrer, ils entendirent tout proche d’eux le hululement caractéristique d’un Hoothoot. Peter s’arrêta sur place, chercha autour de lui une pierre, la lança à Minidraco, dont le regard fixait la branche d’arbre sur laquelle se tenait le hibou. A la grande surprise de son dresseur, Minidraco cracha un long rayon de lumière bleue en direction de l’arbre, carbonisant le feuillage et projetant le Hoothoot dans les airs, desquels il retomba, vaincu sans résistance. Le dragon venait d’effectuer un dracochoc de faible ampleur, mais tout à fait inimaginable pour un pokémon si récemment formé à l’art du combat!
Peter était encore sous le coup de cette surprise quand il entendit son grand-père s’approcher de lui.
Bravo, Peter. Tu as réussi à déclencher les pouvoirs héréditaires de ton pokémon.
Des pouvoirs héréditaires ?
N’oublies pas que Minidraco est l’enfant de mon pokémon, qui dans ses derniers instants avait acquis une grande puissance. Ce n’est pas surprenant qu’avec un peu d’effort, ton pokémon retrouve le talent de Dracolosse. Mais tu te débrouilles bien, je suis surpris que cette manifestation soit si rapide.
Peter regarda son grand-père, qui s’était approché de Minidraco. Il posait sa main sur la tête du serpent-dragon, le caressant doucement. Il se retourna vers son petit fils. On entendait au loin les cris de Hoothoots se faire plus nombreux, le ciel avait sa teinte irréelle. Bientôt, toute animation allait disparaître de la ville.
Peter, ce pokémon sera un jour très puissant. Je suis sûr qu’à son image, tu seras toi aussi un dresseur d’exception. Je suis certain que toi et lui serez un jour champions d’arène.
Le doyen se tourna vers la grotte des glaces, dont l’ouverture commençait à faire reluire le sol alentour d’une teinte bleutée.
Nous allons tenter quelque chose, Peter. Viens.
Le vieil homme et son petit-fils se rendirent calmement vers l’ouverture gelée, suivis de prêt par Minidraco. Ils pénétrèrent dans la grotte, accueillis dès leur entrée par un souffle glacial, de ceux qui figent le sang dans les artères, terrifiant, pétrifiant. Peter hésitait, comme retenu par cette brise incisive. Le doyen s’arrêta quelques pas plus loin, et sorti de la poche de sa tenue une flute. Elle était en verre translucide, d’une forme étrange. Quand il souffla dedans, une étrange mélodie, qui ressemblait au chant d’un oiseau, emplit la caverne givrée.
A la fin de son air, il rangea calmement la flute dans son vêtement. Peter ne comprenait pas ce qu’il avait sous les yeux, et cherchait vaguement une transformation de l’environnement. Quand il en arriva à la conclusion que la flute n’avait rien de spécial, il vit au sol une ombre furtive glisser calmement sur la glace. Le doyen fit signe à Peter de s’avancer. Quand il fut plus proche, il reconnut dans la silhouette un Marcacrin de bonne taille. Celui-ci se dirigeait vers eux. La flute était un appât.
D’accord. Minidraco, avance-toi vers Marcacrin, mais reste hors de portée de ses attaques !
Le dragon serpenta sur la glace, s’approchant de l’étrange boule de poils beiges presque aveugle qu’était Marcacrin.
Attaque-le, maintenant !
Minidraco se projeta vers son adversaire, et le frappa de plein fouet de sa queue, le faisant déraper sur la glace. Le pokémon se ressaisit, et répliqua en chargeant Minidraco, qui ne put esquiver l’attaque, glissant à son tour vers les parois de la caverne. L’air passablement énervé, le pokémon des glaces chargea à nouveau le serpent encore étourdi, qui ne put que se laisser aller sur le côté, évitant in extremis le coup de son adversaire, qui ne put s’arrêter à temps pour la paroi de glace, qu’il percuta violemment. Il resta sonné, ce qui donna le temps à Minidraco de s’approcher, et d’enserrer son corps avec sa queue fine. Immobilisé, le Marcacrin essayait furieusement de se dégager, mais l’emprise du dragon était forte. Bientôt, il cessa de lutter. Minidraco relâcha alors rapidement la pression, pour achever son adversaire fourbu d’un coup de queue. Il cloua le Marcacrin sur le sol, le laissant hors de combat.
Super, Minidraco ! Tu l’as eu !
Peter courait vers son pokémon, veillant cependant à ne pas tomber sur la glace glissante. Minidraco était exténué par la lutte avec son adversaire, mais semblait heureux de sa victoire.
Le doyen qui les observait partageait le même contentement. Quand ils quittèrent la grotte, le premier cri de Noarfang retentit. Ils furent prompts à rejoindre leur demeure, le doyen traversant le lac en direction de l’antre, Peter pressant le pas vers la maison vide qui l’attendait. Il avait préféré être seul que de venir vivre dans l’antre, ou que son grand-père vienne chez lui. Conscient que ses voyages le pousseraient à l’autonomie, il préférait s’habituer à se débrouiller seul. Il prépara un repas frugal, qu’il partagea avec son pokémon, qui semblait l’apprécier au plus haut-point, trop affamé sans doute par sa journée de labeur pour faire la fine bouche. Peter se coucha de bonne heure. Une autre journée d’entrainement l’attendait.
Il passa ainsi une semaine, s’entrainant lui-même tout en supervisant de loin le progrès de son pokémon. Il avait choisi de ne pas l’entrainer comme les autres dresseurs, lui imposant un progrès, commandant chacun des mouvements de son pokémon. Pour lui, il était important que Minidraco développe son propre talent, comme il tentait d’améliorer le sien. S’il était très attentif aux progrès de son dragon, il s’efforçait de ne pas intervenir dans les combats. Ainsi, par cette situation de confiance et d’effort réciproque, ils furent tout deux très proches. Chacun était conscient des limites de l’autre, dresseur et pokémon se voyaient sur un pied d’égalité. Le fait que Peter n’avait pas récupéré sa pokéball y contribuait de même. Ils s’entrainaient ensemble, équitablement, ayant chacun des qualités à faire valoir. Ils progressaient vite, Minidraco comprenant rapidement par l’expérience lesquelles de ses techniques étaient les plus utiles face à ses adversaires, Peter acquérant rapidement la condition nécessaire à son voyage, et engrangeant par l’observation des connaissances utiles. Minidraco développa son talent héréditaire à un point déjà surprenant au vu du peu de temps qu’ils avaient passé ensemble à s’entrainer. Et bien que, quand Pierre arriva enfin à Ebenelle, ils étaient encore fort débutants, ils étaient conscients d’avoir établi une base sur leur confiance mutuelle, qui leur serait indispensable.
Ce fut à dos d’un magnifique Rapasdepic que Pierre et son père arrivèrent dans la petite ville. Le doyen et son petit-fils, accompagné de Minidraco, guettaient l’arrivée de l’oiseau depuis la place de la ville. Le champion Rochard se posa à quelques mètres d’eux, les grandes ailes de l’oiseau soulevant un nuage de poussière. Son fils et lui portaient des tenues de dresseur de Hoenn, résistantes et peu salissantes, aux couleurs de la ligue de la région. Peter lui avait revêtu d’anciens vêtements de son père, et passé une cape rouges sur ses épaules. Ainsi vêtu, il ressemblait parfaitement à Lance, ce qui troublait le doyen, tout comme le père de Pierre.
Celui-ci n’avait d’yeux que pour le Minidraco aux côtés de Peter. Il sauta cependant à terre, salua le doyen, et courut vers son ami. Ils se serrèrent vigoureusement la main.
Tu es prêt, Peter ? On va pouvoir commencer à voyager ! On va retrouver ta sœur, et mettre la main sur ceux qui on fait ça à ton père. J’en suis sûr !
Oui, nous le ferons. C’est la seule chose que je veux. On va y arriver. Merci d’avoir accepté de m’aider.
Penses-tu ! Qu’allai-je faire en sachant que tu allais vivre de grandes choses ? Je ne vais pas te laisser me voler la vedette !
Sur ces mots il avait encore tourné la tête vers le Minidraco, qui les considérait d’un air curieux, plein d’intelligence.
C’est ton pokémon ?
Oui. Il est superbe, n’est-ce pas ?
Pourquoi il n’est pas dans sa pokéball ? Il ne veut pas y entrer ? J’ai entendu dire que ça arrivait parfois à certains dresseurs.
Non. J’ai juste pensé que ce n’était pas nécessaire… C’est mieux de tout faire ensemble, en tout cas pour l’entrainement.
Pierre regarda son ami d’un air de défi.
On a une demi-heure avant de partir. Que penses-tu de faire un match pour voir si ta méthode est si bien que tu le dit ?
Peter se tourna vers Minidraco. Celui-ci, qui semblait avoir compris, regardait Pierre avec détermination.
-Ok pour le duel !
Bon, alors Terhal, au combat !
Sur ces mots, Pierre lança sa pokéball en l’air, d’où jaillit le pokémon d’acier.
Bon, on va voir ce que tu sais faire ! Terhal, bélier ! Écrase Minidraco !
Bonne chance, Minidraco.
Pierre considéra Peter avec surprise. D’un geste leste, le dragon esquiva le projectile vivant qui chargeait dans sa direction. Derrière lui, Terhal avait pulvérisé le sol en s’y écrasant. Il lévitait comme-ci de rien était. Sa puissance s’était accrue depuis le combat avec Grolem.
Terhal, charge encore, coupe-lui la route !
Peter regardait Minidraco esquiver les attaques violentes de son adversaire, confiant. Il repéra alors une faille dans l’attaque de Terhal, et presque simultanément, sans qu’il fasse quoi que ce soit, Minidraco exploita cette faille, virevoltant sur lui-même après une autre esquive, pour tirer un dracochoc sur Le Terhal juste avant qu’il ne touche le sol, le faisant donner contre les rocailles avec encore plus de violence. Le pokémon d’acier fut plus long à léviter à nouveau, mais son corps ne présentait aucun signe visible du choc de l’attaque.
Terhal, augmente ta vitesse, il ne pourra pas éviter, cette fois !
En effet, Minidraco ne put éviter le choc. Mais il n’avait même pas essayé. Il avait tiré un autre dracochoc, visant l’œil du Terhal. Celui-ci, enfin atteint, dévia de sa trajectoire, mais percuta latéralement Minidraco. Peter avait chancelé lui aussi sous le choc. Mais il gardait son attitude confiante, bien que plus sérieuse.
Minidraco se redressa péniblement, tout comme Terhal, lévitant difficilement, atteint à la « tête ».
Bon, d’accord. Terhal, Choc Mental !
Le pokémon d’acier rayonnait étrangement, l’air devint pesant. Minidraco était comme agité de spasmes, qui parcouraient son corps tout entier.
Continues, tu l’as !
Peter, finalement inquiet, regardait son pokémon se tordre de douleur, atteint d’un mal invisible. Il prit enfin la parole.
Courage, Minidraco…
Il se plaça dans le champ de vision de son pokémon, et laissa tomber à ses pieds une petite pierre. Minidraco vit son geste, et, comme s’il venait de reprendre conscience de lui-même, il cessa de bouger. On voyait encore Terhal luire. Son attaque n’était pas terminée, mais Minidraco avait compris que seule sa lutte contre le choc le blessait. S’il était toujours bloqué, il ne s’affaiblissait plus. Il semblait réfléchir. Pierre était extrêmement surpris.
Que fait-il ? il abandonne ?
Chut. Regarde, tu verras par toi-même.
Au prix d’un nouvel effort douloureux, Minidraco était parvenu a orienter sa tête vers le ciel. Soudain, il décocha un dracochoc, souffrant un choc proportionnel à son mouvement, qui l’épuisa entièrement.
Désolé, Peter, mais je crois que tu as perdu…
Regarde.
Des cieux tombait une masse sombre. Un Roucool carbonisé en vol. Il s’effondra juste devant Terhal, qui le frappa de plein fouet de son choc mental… mais ne put maintenir son contrôle sur Minidraco. Quand Pierre s’en rendit compte, son pokémon était déjà face à un dracochoc qui allait le percuter sans aucune chance d’esquive. Terhal fut propulsé dans les airs, touché encore au centre de son œil rouge. Quand il percuta les rochers, Pierre était encore sous le coup de la surprise. Ce n’était pas le cas de Minidraco, qui, rassemblant ses dernières forces, heurta Terhal au milieu des décombres, le frappant dans son œil blessé d’un coup de la gemme de son front. Terhal était aveuglé, hors de combat. L’état de Minidraco n’était pas meilleur, mais il était encore conscient.
Peter avait gagné.[/spoiler]
[spoiler=Chapitre 6 : Mauvaises fréquentations]
De mémoire humaine, l'air de Safrania avait toujours été vicié. Un air lourd, qui donnait à la métropole de Kanto une teinte perpétuellement maussade. Seuls quelques rares Tadmorvs osaient y nidifier, peu dérangés par la pollution et les bruits désagréables de la gare. Les habitants de la ville n'avaient jamais été heureux d'y être. Mais par la force des choses, et parce que le travail ne manquait pas dans la « Cité d'Or », telle qu'elle se faisait nommer avant, ceux qui y naissaient y restaient.
Parfois, un grand bâtiment volait aux passants le peu de ciel encore visible malgré la brume éternelle qui recouvrait la ville. C'est au sommet de l'un d'eux que se posèrent les trois Airmures d'acier, fatigués par la route et la charge de leurs dresseurs. Le jeune homme au manteau noir, suivi de son compère et de Sandra, pénétra dans le building par une porte du toit. Ils descendirent un escalier obscur, et débouchèrent sur un corridor étroit et mal éclairé. Deux hommes à la mine peu avenante, en uniforme noir, les y attendaient. Ils se mirent au garde à vous, et saluèrent l'étrange homme au manteau, qui semblait être leur chef.
Boss, heureux de vous revoir !
Nous avons prévenu le commandant de votre arrivée. Elle vous attend. Le Major est lui aussi en route, il sera là sous peu.
Avez-vous des nouvelles d'Hircine ?
Non, Boss. Il n'est pas encore revenu de sa mission aux Îles Écume.
L'air passablement surpris et ennuyé, celui que l'on venait de nommer le Boss fit signe aux deux gardes de s'écarter. Maximilien et Sandra lui emboîtèrent le pas. Ils entrèrent tous trois dans un bureau spacieux et éclairé. Devant eux se tenait le commandant Morgane.
Boss, ravie de vous savoir de retour à Safrania.
Sandra eut un mouvement de recul. La voix ne venait pas de la jeune femme en face d'eux, vêtue elle aussi d'un uniforme noir. Elle l'entendait de toutes les directions. L'air aussi semblait plus oppressant, comme dans un songe. Elle se sentit défaillir. Une force invisible la faisait ployer, comprimait sa poitrine, l'étouffait. Elle perdait ses forces. Soumise à une volonté plus forte que la sienne, elle mit un genou à terre, cherchait péniblement sa respiration. Le commandant Morgane la regardait d'un air amusé.
Il semblerait que votre nouvelle recrue ne soit pas habituée à la sereine ambiance de notre ville !
Laissez, Morgane, il faut qu'elle ait toute sa tête pour les heures à venir. Vous aurez d'autres occasions de faire preuve de vos compétence.
A ces mots, l'étreinte impalpable qui meurtrissait Sandra disparut. Elle prit sa respiration avec force, le regard encore vague. Le commandant Morgane paraissait déçu de devoir ainsi écourter sa distraction. Elle remit en place l'une de ses longues mèches de cheveux, un petit sourire dédaigneux aux lèvres.
Hello Boss !
Une voix tonitruante avait retenti derrière eux. Sandra encore courbée leva les yeux sur le nouvel arrivant. C'était une montagne de muscles, un géant imposant en tenue militaire. Il tendit la main à Sandra, pour l'aider à se relever.
Major Robert Bolt. On m'appelle Bob, ici. J'espère que le commandant ne vous a pas lessivée, ce serait impoli de notre part de vous accueillir ainsi. Bienvenue dans la Rocket.
On n'attendait plus que vous, Major. Maximilien, je sais que tu as à faire, je t'appellerai quand nous serons plus avancés. Va voir à Cramois'île avec le professeur, il doit avoir des informations sur ton fameux orbe. C'est le seul volcan à Kanto, si il doit y avoir des choses à trouver, c'est là bas que tu les auras. Tu peux utiliser l'un de nos commandos si c'est nécessaire.
Merci, Giovanni.
Il lança un regard aux autres , et, après un rapide salut général de la main, quitta la pièce.
C'était une sensation si étrange que de voler sur le dos d'un pokémon. L'air s'écoulait à chaque battement d'aile de Rapasdepic, fouettant le visage de Peter. Agrippé aux plumes du dos de l'oiseau, avec un reste de la crainte de tomber qu'il avait eu au décollage, il profitait du paysage qui s'étendait des centaines de mètres plus bas. Il y avait près d'une heure que sa ville natale n'était plus visible à l'horizon. Devant lui, le père de Pierre guidait le grand pokémon avec précision. Pierre lui même s'était assoupi.
Nous allons faire tout le trajet jusqu'à Algatia à dos de Pokémon ?
Non, bien sûr. Nous nous rendons juste à Doublonville, où nous prendrons le train pour Safrania. De Safrania nous irons à Carmin sur Mer, de Carmin à Poivressel par le Ferry, et de Poivressel à Algatia par un express, en passant par Pacifiville. Vous aurez le temps de vous entraîner en chemin, et une fois là bas, nous pourrons commencer les recherches. Je ne pourrais pas vous aider longtemps, je dois m'occuper de mon arène. Mais je veillerais à ce que vous soyez capables de vous défendre. Je ne peux pas vous laisser partir seuls sans être convenablement aguerris. Ceux qui ont fait ça à ton père ne sont pas des petites frappes. Lance était un dresseur d'exception.
Il faut aussi retrouver Sandra... Je me demande ce qui a pu lui arriver. Vous croyez qu'ils l'ont tuée, elle aussi ?
Je ne sais pas. J'espère que non.
Peter s'absorba dans une rêverie profonde. Minidraco, roulé dans la cape de son dresseur, sommeillait paisiblement.
Ils se posèrent à Doublonville dans la soirée.
C'était une grande ville très animée et colorée. Son casino et sa gigantesque tour de radio en faisaient un des hauts lieux de tout Johto. Peter était émerveillé devant tant de lumière et d'agitation, très surpris aussi de ne pas entendre les habituels ululements de Hoothoots de la soirée.
Ça doit te changer beaucoup de Ebenelle, pas vrai ?
Tu n'imagines même pas, Pierre ! Tout ce béton partout, c'est vraiment comme dans les films ! Par contre, l'air y est moins bon, malgré la mer...
C'est une grande ville. J'y suis déjà allé une ou deux fois avec Papa, quand il était invité à une émission radio...
Le père de Pierre se tourna vers eux.
On approche de la gare de Doublonville. J'espère qu'ils acceptent les pokémons dans le train, sinon il va falloir que tu ranges Minidraco dans sa pokéball...
Mais ! Je n'en ai même pas !
Et aussi, j'espère que tu vas t'habituer rapidement à l'air de la ville, celui de Safrania où nous allons est pestilentiel à côté de celui-ci.
La gare était un grand bâtiment de briques et de verre, à quelques pas de la tour radio. Il ya avait foule. De nombreux voyageurs de tous les coins de la région, et même d'autres contrées plus lointaines venaient exprès pour le casino, le centre commercial géant, ou encore pour assister aux rencontres sportives du dôme tout proche.
Peter et Pierre pressèrent le pas à la suite du champion de Hoenn, qui louvoyait entre les touristes pour atteindre le guichet et prendre les billets.
Quelques minutes plus tard, ils entraient dans le train pour Safrania.
Bon, écoutez-moi, vous deux. Il y a deux heures d'ici à Safrania. Il y a une salle spéciale pour les dresseurs dans ce train. Vous pouvez aller vous y entraîner avec vos pokémons. Je suis heureux qu'ils ne dépassent pas la taille critique autorisée, ainsi vous pouvez commencer à vous préparer sans perdre de temps.
D'accord, on y va !
Je serais au centre du bord, il faut que j'aille donner un remontant à Rapasdepic.
Ils se séparèrent. Après avoir traversé quelques rames, ils entrèrent dans la salle d'entraînement.
Il y avait déjà deux dresseurs en train de discuter, leur combat terminé.
Bon, Minidraco, on va pouvoir commencer à travailler !
Le serpent-dragon descendit de la cape de son maître, dans laquelle il était encore enroulé. Il paraissait heureux de cet instant d'exercice. Pierre lança sa pokéball en l'air.
-Terhal, en avant !
Le pokémon d'acier bleuté jaillit dans un éclair lumineux.
On remet ça, Peter ?
Et que diriez vous de nous affronter, nous ?
Les deux dresseurs de la salle s'étaient tournés comme un seul homme, à la vue du pokémon de Pierre.
Marcus et Dominique, dresseurs. Nous vous défions !
Qu'en dis tu, Peter ?
On y vas !
Nous sommes Pierre et Peter, dresseurs nous aussi !
Les deux autres saisirent les pokéballs à leur ceinture.
Combien de pokémons ?
Nous n'en avons que deux.
Et bien deux, alors !
Ils prirent place chacun d'un côté de l'arène.
Roucoups, vas-y, fit calmement celui qui son compère Dominique.
Un magnifique oiseau, les plumes brillantes et propres, jaillit de la première pokéball. Le Roucoups avait une belle crête rouge vif, qui le différenciait de son état primitif de Roocool, avec sa taille plus imposante. Pour ce que Peter en savait de ses livres, c'était un pokémon très efficace en vol, capable de tirer parti du moindre souffle d'air, et très tenace.
De la seconde pokéball ne jaillit qu'une fumée noirâtre tirant sur le violet, qui vint s'amasser au niveau du sol. Elle répandait autour d'elle un odeur caractéristique de gasoil.
Pierre parassait surpris.
Qu'est-ce que c'est que ce pokémon ?
Tu n'a jamais vu de type spectre, hein ? L'interpella le dresseur qui avait appelé le brouillard informe. Marcus, le combat va être vite fini !
Nous verrons bien, Dom.
Peter leva les yeux.
Minidraco, bonne chance. Méfie toi du spectrum, les pokémons fantômes sont de vraies plaies ! J'ai lu qu'ils étaient très difficiles à atteindre avec de simples attaques. Il va falloir que tu ruses. Occupe-toi en priorité du Roucoups !
Bon, on peut commencer ?
Allons-y ! Terhal, charge-moi ce tas de gaz ! Bélier !
Roucoups, envoles toi, attaque le serpent.
Spectrum, ténèbres !
De concert, les quatre pokémons se mirent en mouvement. Le gracieux Roucoups s'éleva, et plongea sur Minidraco a grande vitesse. Celui-ci esquiva de justesse le missile emplumé, qui rasa le sol et reprit de l'altitude. De son côté, Terhal atteignait sa cible de plein fouet... Et la traversa sans lui faire de dégât. Terhal alla buter contre un des murs de l'arène, sur lequel il rebondit brutalement. Le nuage de gaz se condensait et prenait peu à peu une forme distincte. Une main rougeoyante s'était formée.
Minidraco pivota lestement, et, à la deuxième charge du Roucoups, déchaîna une vague d'énergie bleutée qui fit s'écraser le digne pigeon sur le sol, à moitié carbonisé.
Roucoups, Atterrissage ! Puis tornade ! Je veux ce Minidraco cloué au plafond !
Terhal ! Qu'est-ce qui t'arrive ? Ressaisis-toi !
Le pokémon de Pierre lévitait sans cohérence, donnant dans les murs ou le plafond, avec brutalité. Son corps luisait de manière anormale. Le spectrum finalement entièrement condensé arborait un sourire mauvais. Le Roucoups régénérait son plumage roussi à vue d'oeil, tandis que Minidraco rassemblait ses forces pour une deuxième attaque.
Soudain, Terhal s'effondra dans un vacarme métallique.
K.O. annonça Dominique avec fierté. Les pokémons de type psy ne valent vraiment rien.
Quoi ?! Pas déjà !
Tu n'as qu'à voir par toi même.
Abasourdi, Pierre rappela son pokémon.
Tu es tout seul, Peter...
Ça se corse.
En effet, le Roucoups rétabli avait entrepris de provoquer des courants d'air circulaires en volant dans la pièce. Minidraco suivait ses mouvements des yeux avec attention.
C'est une attaque tornade, Minidraco ! Ne te laisses pas encercler !
Le dragon opina du chef. Mais il ne sembla plus s'intéresser à l'oiseau tournoyant au dessus de lui. Dans son dos, Spectrum s'était approché.
Attaque Léchouille !
Une chape de gaz sortit de la bouche du fantôme, qui entoura Minidraco en quelques instants. Ils sembla foudroyé, et roula sur le sol. En hauteur, l'air tourbillonnait de plus en plus vite.
C'est le moment, Roucoups ! Achève-le !
La tornade descendit au sol, et fonça sur Minidraco. Peter, inquiet, serrait les poings.
Attention...
Minidraco regarda alors la tornade. Ses yeux et son joyau frontal brillaient. Une vaque d'énergie émana de son corps. Et un flash rapide parcourut la pièce à l'instant ou la tornade allait le toucher. Quand la luminosité décrut, l'arène était saccagée. La tornade désormais géante était entourée de tous les objets de la pièce, qui tournoyaient en tous sens. Au dessus d'elle se tenait Minidraco, entouré d'une lumière étrange.
Un ouragan ! Cria Marcus, sous le choc, aussi surpris que Roucoups du retournement de situation.
Et le vent libéra sa force. Roucoups fut balayé par sa tornade doublée de l'ouragan de Minidraco. Il fut projeté sur un mur, où les objets de la pièce vinrent le rejoindre. Quelques secondes plus tard, il regagnait la ball de son dresseur.
Désormais, c'est du un contre un, conclut Dominique. Ne t'inquiètes pas, Marcus, il ne peut rien contre Spectrum.
Bravo Minidraco, tu l'as eu ! Peter triomphait. Plus qu'un !
Il est temps de mettre un terme au combat. Spectrum, Griffe Ombre !
Minidraco n'eut pas même le temps de se retourner. La main de ténèbres de Spectrum lacéra l'air, et atteint le dragon en travers du corps. Gravement touché, il s'effondra sur le sol.
Fini. Ton pokémon est KO. Nous avons gagné. Marcus poussa un soupir de soulagement, tandis que Dominique affichait un sourir fier, alors qu'il rappelait son pokémon.
Peter regardait Minidraco au sol, incredule. Il se précipita alors vers lui. Le serpent respirait faiblement.
Minidraco... Il faut t'emmener au centre !
Marcus s'approcha de lui, et lui tendit une bouteille violette.
Attends une seconde. Voilà une potion. C'est mieux que rien en attendant, ça soignera le gros de sa blessure. Vous n'êtes pas de mauvais combattants, mais il est clair que vous manquez d'expérience. Il vous faut plus de pokémon, pour espérer gagner des matchs. Je ne crois pas me tromper en disant que c'est l'un de vos premiers, non ?
C'est vrai. Nous ne nous étions jamais mesuré à des dresseurs sérieux.
Minidraco, ayant absorbé difficilement le contenu de la potion, sombrait dans un état de sommeil comateux. Pierre fit signe à Peter.
On ne devrais pas traîner pour aller rejoindre mon père au centre. Nos pokémons doivent être soignés !
Tu as raison, j'arrive. Nous reviendrons quand nos pokémons seront d'attaque !
Vous feriez mieux de les laisser se reposer, ils en ont besoin. Et vous aussi. Il vous reste une heure de trajet, inutile de vous épuiser.
Marcus et Dom leur firent un signe de la main alors qu'ils quittaient le wagon arène.
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[spoiler=Chapitre 7 : L'aube noire]
Quand le train s'arrêta en gare de Safrania, le soleil se couchait. Une teinte ocre couvrait le ciel obscurci par quelques nuages bas. Mais une telle teinte n'arrivait pas jusqu'aux yeux des habitants de la ville, soit masquée par le fog, sois par les grands buildings sans âme de la ville. Peter regardait rêveusement par la fenêtre s'étaler sous ses yeux ce paysage urbain. Minidraco dormait à ses côtés. Ce fut le père de Pierre qui les tira de leur rêverie pour les presser vers la sortie, où l'air stagnant et malsain de la Cité d'Or les attendait. La rue était vivement éclairée par les lampadaires, vomissant une lumière crue, sans l'habituel tamisage, que les autorités de la ville n'avait pas jugé bon de changer, vu que les citoyens s'en accommodaient. Pour une ville de cette taille, les rues était étrangement calmes et vides. Rien à voir avec l'exubérance de Doublonville qu'ils venaient de quitter.
Les trois dresseurs se dépêchèrent jusqu'à leur hôtel. Le père de Pierre prit deux chambres, et confia la clef de l'une d'elle à son fils. Ils se séparèrent. Peter et Pierre suivirent un groom qui les amena jusqu'à leur chambre. Elle était simple et propre, suffisante pour la seule nuit qu'ils devaient y passer. Les deux lits constituaient le seul mobilier. La petite fenêtre donnait sur les toits de la ville.
Et bien, pour une première journée, c'était peu reposant ! Fit Pierre en s’asseyant sur son lit.
Comme tu dis ! Le combat contre les deux dresseurs du train n'était pas évident !
Mouais, ce Spectrum était un vrai cauchemar. Ni Terhal, ni Minidraco n'ont été de taille...
Mais par contre, Minidraco a quand même écrasé le Roucoups ! Peter caressait machinalement la tête de Minidraco, qui regardait en toutes directions avec attention.
Ton père ne s'est pas moqué de nous. L'ambiance de cette ville est vraiment mauvaise. Vivement demain que l'on s'en aille !
Je me demande ce qui fait qu'une ville qui était si jolie devienne ce trou puant... Dans les vieux livres, il est dit que c'était une ville somptueuse. Tout le monde voulait y aller. C'est peut-être ça qui a causé son déclin.
Peter s'étendit sur son lit.
Je ne sais pas. Toujours est-il que je serais content quand on sera loin de cet endroit. Même Minidraco n'est pas très à l'aise.
Eh, j'ai une question, Peter ! Tu sais ce que sont les types psys ? Tu as lu pas mal de livres sur les pokémons, alors... C'est le dresseur du train, Dominique, il a dit que les types psys ne valaient rien...
Il parlait de Terhal. Les types psys sont des pokémons qui ont développé leurs facultés mentales au point de pouvoir interagir avec leur environnement par le biais de leur pensée. Ils sont normalement très intelligents. Ils sont aussi capable de manipuler des énergies imperceptibles, les ondes psys. C'est pour cela qu'on les appelle comme ça.
Merci prof pokémon ! Ton père n'avait pas tort de te faire étudier, c'est pour ça que tu m'as battu : tu en sais plus que moi ! Alors le choc mental que j'avais utilisé, c'est une attaque psy ?
Oui.
Pierre avait récupéré sa pokéball, et en fit sortir Terhal. Le pokémon, vexé de ses deux défaites consécutives, semblait bouder : son œil rougeoyait peu.
"Hey, Terhal, ne m'en veut pas trop. Ce type était trop fort... Même Minidraco a été battu."
Le dragon serpentait tranquillement vers la fenêtre, sans trop prêter attention à son compère massif, qui lui le guettait avec insistance, passablement envieux de son talent, sans doute atteint dans son orgueil.
Il lévita à son tour vers la fenêtre, curieux de l'aspect nocturne de la ville.
Bon, Peter, avant que tu ne t'endormes, on pourrait peut-être dîner ? On n'a rien avalé depuis le casse croûte sur Rapasdepic.
Et encore, j'en ai fait tomber la moitié.
Ils entamèrent un sandwich qu'ils avaient emporté avant de quitter Ebenelle.
Tu sais, je t'admire, Peter. Malgré ce qui est arrivé à Lance et à ta sœur, tu restes calme et maître de toi. Ce ne doit pas être facile.
C'est parce que j'ai un but. Quand ce ne seras plus le cas, j'aurais le temps de penser à être triste.
Leur repas terminé, ils regardaient à leur tour la nuit d'encre qui planait au dessus de la ville. Le brouillard ne laissait apercevoir ni la lune ni les étoiles, et il ne tombait sur les bâtiments que des reflets de l'ignoble éclairage urbain de Safrania. Mais, si ce paysage n'était beau, il avait par contre un aspect fascinant, hypnotique.
Les deux jeunes dresseurs étaient tout à leurs pensées quand Terhal chut sur le sol sans crier gare, provoquant un véritable vacarme.
Terhal ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
Le pokémon rayonnait, projetant autour de lui une pâleur mauve. L'air autour de lui se distordait. Un bruit étrange s'élevait. De toute évidence, quel que chose d'anormal était en train d'arriver à Terhal. Les deux amis ne savaient que faire. Pierre voulu faire un mouvement en direction de son pokémon, mais une espèce de mur invisible l'empêchait de l'atteindre. Peter s'exclama:
On dirait une onde psy!
Qu'est-ce qu'on peut faire? Terhal, qu'est-ce qui t'arrive?
Le corps du Pokémon luisait de plus en plus intensément.
La porte de la chambre s'ouvrit en coup de vent. Le père de Pierre fit irruption dans la pièce, saisit la pokéball de son fils, et rappela Terhal.
Papa ? Qu'est-ce qui c'est passé ?
On dirait que j'arrive à point nommé, dit le champion en posant la pokéball sur le lit. Vous n'êtes pas blessés? C'est la ville. Il a été remarqué que les pokémons psys ne pouvaient pas avoir un comportement normal dans Safrania. Quelque chose les perturbe beaucoup, mais on ne sait pas quoi. Je ne pensais pas que Terhal serait lui aussi atteint d'une de ces crises... Sinon je t'aurais conseillé de ne pas le sortir de sa ball. Ne le ressors pas tant qu'on ne sera pas partis, il pourrait devenir agressif. Je pensais que les autorités safranes avaient trouvé une solution à ce problème, mais il semble que non. Ils ont eu des ennuis graves, il y a une vingtaine d'années, ici. Un puissant pokémon psy a tué tout un quartier avec l'une de ses attaques. On n'a jamais compris ce qui avait été la cause de ce drame. Toujours est-il que les pokémons psys ont un comportement très imprévisible ici. Je m'en veux de ne pas avoir été plus prudent. Heureusement, je suis arrivé à temps. Ne faîtes rien d'imprudent, ce soir.
Bon, les enfants, la journée de demain sera longue. Il faut vous reposer.
Bonne nuit !
Le père de Pierre quitta la pièce.
C'est quand même incroyable ! L'air de cette ville est vraiment malsain ! fit remarquer Peter, encore sous le coup de la scène qui venait d'avoir lieu sous ses yeux. Pierre regardait par la fenêtre, sa pokéball dans la main.
Eh, regarde dehors ! Tu vois, sur l'immeuble ? On dirait un Airmure. Il y a quelqu'un monté dessus .
A cette heure, s'envoler ? Mais on n'y vois pas à deux pas !
Peut-être que ce type ne veut pas être vu...
Giovanni s'assit derrière son bureau, et fit signe a ses deux lieutenants et à Sandra de faire de même. Le fauteuil craqua sous la masse du Major, tandis que le Commandant Morgane ignora l'invitation et resta debout.
Bon, écoutez-moi, vous trois. Les événements de Ebenelle ont pris un tour fâcheux. Le doyen a du prévenir les brigades, qui doivent rechercher le coupable. Il ne fait pas bon pour nous d'y être. Heureusement, grâce à Sandra, nous avons pu mettre la main sur les pokémons du champion. Merci pour ton aide, nos recherches vont beaucoup accélérer...
Elle a du talent, la jeunette ! Dit de sa voix forte le Major. Et comment a-t-elle réussi ce tour de force ?
C'est la fille du champion. C'est elle qui l'as tué.
Le Major en eut le souffle coupé. Morgane esquissa un sourire railleur. Sandra quand à elle détournait le regard, sous celui inquisiteur et perçant, et cependant vide de toute expression, de Giovanni.
Et ben...
Bon, ce sera tout, Major. J'ai des ordres pour vous. Vous allez transmettre ces balls au professeur Auguste. Il est au manoir de Cramois-île. Vous croiserez sans doute Maximilien. Ne vous faîtes pas remarquer. Le devenir de ces pokémons me concerne seul, je ne veux pas qu'il s'immisce dans mes affaires. C'est un homme en qui j'ai confiance pour son talent et son efficacité, mais trop intelligent pour ne pas avoir ses propres vues. Il ne doit pas savoir où sont ces balls, compris ! Il doit continuer à les croire ici, à Safrania.
Reçu Boss. Le géant se leva, pris les deux pokéball que lui tendait Giovanni, et se dirigea vers la porte.
Avant de partir, dit aux gardes de faire monter Persian.
Ok, Boss. Il va être content de vous revoir.
La porte se referma derrière lui.
Bon, Sandra, nous allons pouvoir parler sérieusement. Nous sommes ici au quartier général de la Team Rocket. Ce n'est pas un choix anodin. Safrania est une ville totalement livrée à elle même, et nous pouvons œuvrer en toute tranquillité. Mais ce n'est pas tout. La mauvaise réputation de la ville nous sert beaucoup. Ici, il n'est pas étrange de se trouver mal. Or, la ...particularité du commandant Morgane fait qu'elle ne peut pas passer inaperçue dans une ville normale. Et je ne peux pas me passer de son talent. Elle est ici pour former les nouvelles recrues. Je ne pense pas que tu aies besoin de beaucoup plus d’entraînement, mais tu apprendras beaucoup à son contact. C'est une dresseuse hors pair. Elle va s'occuper de toi pendant tout ton séjour ici, avant que tu ne sois envoyée sur le terrain pour différentes missions, quand tu seras assez aguerrie.
Vous me l'avez déjà expliqué. Tout ce qui m'importe, c'est d'obtenir ce que je vous ai demandé.
Tu trouveras ton pokémon, Sandra. Je te l'ai promis. Mais en attendant, tu dois honorer ce qu'il te reste de contrat. Je dois te dire que je suis déjà très satisfait des pokémons que tu nous as apporté. Je ne sais pas si il était absolument indispensable pour cela de tuer Lance...
Il avait essayé de me raisonner. Il a compris ce que je voulais faire. Il était une menace. Il ne m'a pas laissé de choix.
Le sourire de Morgane s'élargit un peu plus. Sa voix retentit dans la tête de Sandra
Enfin bref, désormais, si tu veux que nous t'aidions, il va falloir que tu nous aides nous !
Je vous ai déjà dit que j'acceptais, répondit-elle sèchement en direction de Morgane.
Et bien, comme l'a dit le Major, bienvenue dans la Rocket ! Tu devrais aller dormir, Sandra, le voyage a été long. Le commandant Morgane va t'accompagner dans tes appartements. Tu pardonneras leur simplicité, je l'espère, nous sommes à Safrania, pas à Rosalia.
Merci de l'attention que vous avez. Bonsoir.
Elle se leva, et sortit, accompagnée de Morgane, qui fit un rapide salut en direction de Giovanni. Ce dernier resta seul un moment, quand un garde en uniforme entra, talonné par un splendide Persian, le pelage d'un beige clair et le rubis de la tête étincelant. Il poussa un miaulement satisfait en apercevant Giovanni, et se précipita sur ses genoux. Giovanni fit signe au sbire de s'en aller, et entrepris de câliner son Persian. Loin à l'ouest, un Noarfang commençait son chant.
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[spoiler=Chapitre 8 : Nuisances]
Les seuls pas de Sandra résonnaient sur les dalles du premier sous-sol du bâtiment safran. A ses côtés, l'étrange lieutenant de la team rocket, Morgane, se déplaçait sans un son. Sa présence iréelle n'était attestée que par son ombre se projettant sur le sol, éclairée par les néons du plafond.
Mais elle aurait tout aussi bien pu ne pas être là.
Les deux jeunes femmes n'échangèrent pas une parole. A intervalles réguliers, Morgane ouvrait les portes vérouillées d'un geste de la main. Après quelques minutes, elles s'arrêtèrent dans un couloir faiblement illuminé, devant une porte numérotée 117. La voix de Morgane résonna alors dans la tête de Sandra.
Voilà tes quartiers. Il y a tout ce dont tu peux avoir besoin dans cette chambre. Tu y trouveras quelques uniformes rocket pour remplacer tes propres vêtements. Désormais, tu ne seras autorisée à porter que ces tenues. Ton grade est celui d'admin rocket. Cela signifie que les sbires de la base et sur le terrain, ainsi que les officiers scientifiques suivront tes ordres, sauf contre indication de tes supérieurs hiérarchiques. Désormais, le Major Robert Bolt, le leader du quartier d'information Hircine Koga, le chef du département scientifique Henri Auguste et moi même sont tes supérieurs hiérarchiques directs. Nous sommes les seuls à décider de ton affectation, hormis le Boss, bien sûr. Les membres de nos unités personelles, à savoir les troupes de Choc, l'unité ninja Daito, le haut quartier de recherche rocket, l'Alpha, ainsi que la garde personelle du Boss, n'obéissent qu'à nos ordres directs, aussi il est inutile de tenter d'obtenir quoi que ce soit d'eux. Mais il y a peu de chances que tu rencontres un membre de ces unités, elles officient pour la plupart en dehors de Kanto, hormis quelques chercheurs et les favoris de la sécurité de Giovanni. Voici ta carte d'accès aux bâtiments, et ton galon d'admin rocket. Tu dépends spécialement de mon commandement, donc ce galon te marque comme affiliée à l'Alpha. Tu trouveras dans le couloir un plan des installations.
Bien. Quels seront mes prochaines affectations?
Patience. Il faudra d'abord tester tes capacités plus avant. Rendez-vous à 6h demain, deuxième sous-sol, salle d'entraînement.
J'y serais.
Morgane esquissa un autre de ses sourires mauvais, et s'éloigna dans les profondeurs du QG rocket.
Sandra laissa échapper un soupir, et poussa la porte de ses appartements. La conversation mentale avec Morgane l'avait épuisée. Elle verouilla sa porte, et se laissa tomber sur le lit de la chambre.
L'aube safrane n'avait rien de plus attrayant que sa nuit. Une teinte sale couvrait les murs, tandis que la brume désagréable masquait les contours des bâtiments, donnant à la ville une apparence brouillonne, incomplète.
Passablement mal réveillés, Peter et Pierre avalaient péniblement le mauvais petit déjeûner de l'hotel. Minidraco, dans un état plus heureux, ayant profité des restes de sandwich de la veille, regardait vaguement en direction de la rue, cherchant quelque évènement intéressant qui manquerait à coup sûr d'arriver, dans la cité vide. Au loin, un train de marchandises quittait bruyamment la gare.
Parti très tôt le matin régler quelque affaire pressante, le père de Pierre avait laissé aux deux garçons une lettre, avec quelques suggestions pour tuer le temps de manière utile dans Safrania, en attendant le départ le soir même pour Carmin sur Mer. Aucun des trois ne tenait à s'éterniser dans la triste capitale de Kanto.
Alors Pierre, dit Peter en baillant à s'en décrocher la machoîre, on fait quoi d'abord? La visite au dojo d'arts martiaux, ou les nouveaux produits pour dresseurs de la Sylphe?
Je pense qu'on peut commencer par la Sylphe, il ne doit pas y avoir grand monde au dojo à cette heure.
Comme tu veux.
Ils terminèrent tant bien que mal leur ersatz de repas matinal, et se mirent en route. Peter fit monter Minidraco sur son épaule, qui lova sa queue autour de son bras. Les lampadaires de la rue continuaient inutilement à jeter leur lumière crue même dans la clarté du jour.
Bon, d'après le plan de mon père, les locaux de la Sylphe sont à quelques pas d'ici. Je pense quee l'on doit tourner à droite, là
Je te suis.
Ils marchèrent ainsi quelques instants, et arrivèrent devant le fier et grand bâtiment de la Sylphe SARL.
Et ben, ils ont les moyens...
Comme tu dis! Regarde, il doit y avoir cinq gardes à l'entrée! Ils ne plaisantent pas avec la sécurité.
Surtout qu'ils n'ont pas l'air commode.
Alors qu'ils se dririgeaient vers l'entrée du bâtiment, les cinq vigiles à la mine patibulaires les suivirent des yeux. L'un d'eux s'approcha.
Les jeunes, vous ne pouvez pas visiter les locaux aujourd'hui. Il y a une réunion des dirigeants, et elle n'est pas ouverte au public. Merci de votre compréhension.
Oh... Mince.
Tss, on n'a plus qu'à aller au dojo.
Comme ils voyaient que le garde avait l'air très pressé de les voir partir, ils s'éloignèrent avec dilligence.
Pff, ils ne sont pas super sympa, ici.
Réunion tu parles!
Qu'est-ce que tu veux dire?
C'est de ce bâtiment que le Airmure a décollé, hier, Pierre. Je le reconnais, maintenant.
Hein? Tu es sûr? Et alors, qu'est-ce que ça peut bien faire?
Je suis certain qu'une entreprise dont les membres attendent la couverture de la nuit pour s'envoler, dont les locaux surveillée par cinq molosses doit avoir des raisons autrement plus importantes qu'une réunion de direction pour fermer. Le manque à gagner d'une journée de fermeture pour une entreprise pareille est énorme. Il doit y avoir quelque chose derrière
Ecoute, c'est un peu rapide comme déductions, non? Et puis les safrans sont tous un peu tordus... Bon, il faut que l'on aille faire un tour au dojo, maintenant.
Peter aquiessa d'un signe de tête, visiblement pensif. Ils errèrent un certain temps dans les rues de la cité d'or, perdant et retrouvant leur chemin avec autant d'adresse. Ils arrivèrent enfin sur la place sur laquelle le dojo figurait sur le plan.
Bon, on va pouvoir s'entraîner, maintenant!
Je ne sais pas si c'est raisonable que Terhal sorte de sa pokéball, vu ce qui c'est passé hier...
C'est vrai... Mais rien ne nous empêche d'assister aux combats des autres dresseurs du dojo. J'ai lu qu'ils étaient tous spécialistes des pokémons de type combat, et d'un assez bon niveau. En tout cas, on à rien à perdre!
C'est sûr.
Alors qu'ils traversaient la route, une forme sombre attira l'oeil de Peter. A droite du dojo se tenait l'arène pokémon safrane. Une silhouette en uniforme noir, semblable à ceux des gardes de la sylphe, venait de quitter le bâtiment, suivie par trois autres, pareillement vêtues.
Attends une seconde Pierre.
Quoi, qu'est-ce qu'il y a?
Peter scrutait les quatre individus qui s'éloignaient de l'arène.
Pierre, ce sont les même types que ceux de la Sylphe. Qu'est-ce qu'ils fabriquent dans l'arène?
J'ai vu. Et alors? Ils doivent avoir leurs raisons. Moi, ce qui me surprends, c'est que la Sylphe engage des femmes pour faire le boulot de pitt bull à l'entrée. Regarde, elle a l'air à peine plus vieille que nous, celle là. De toute évidence, c'est elle qui commande, regarde les armoires à glace à côté, ils ont l'air de faire profil bas!
Peter scrutait la silhouette féminine avec attention, quand son coeur fit un bond dans sa poitrine.
Sandra!
Quoi?![/spoiler]
[spoiler=Chapitre 9: Le commandant Morgane ]Sandra regardait l’asphalte safrane s’écouler devant ses yeux, fixement. Les deux sbires qui l’encadraient s’étaient contentés de la saluer de manière exagérément formelle, et n’avaient pas prononcé un seul mot depuis qu’ils s’étaient joints à elle. De toute évidence, la discipline de la Rocket était un élément à ne négliger sous aucun prétexte. Peu étonnant que de nombreux sbires tournent rapidement à l’ultraviolence dans des conditions aussi ternes. Mais le silence des deux voyous était pour Sandra particulièrement bienvenu. L’entrainement avec le commandant Morgane avait été particulièrement pénible et douloureux.
Morgane n’était pas juste une dresseuse compétente et une instructrice talentueuse. C’était une dangereuse maniaque et une sadique. Le combat, prétendument voué à tester les compétences de Sandra, n’avait été qu’une humiliation savamment orchestrée, une blessure à l’orgueil administrée avec lenteur. Sandra avait été autorisée à utiliser tous ses pokémons durant le match. Morgane n’en avait eu besoin que d’un seul. Pire, elle avait utilisé de bout en bout un Abra ridicule. Un pokémon psy de moins d’un mètre de haut qui passait l’essentiel de sa vie en sommeil paradoxal avait écrasé le fier Draco, l’endurant Airmure, le téméraire Hypocéan.
Pourtant, dès que Sandra avait passé le pas de la salle d’entrainement particulière de Morgane, elle avait su que le combat n’aurait rien d’ordinaire. La pièce était mal éclairée, mal ventilée, et il y planait une odeur rance. Sur le sol, des néons violets dessinaient les limites de l’arène. Morgane avait prit place sur une chaise à l’une des extrémités de l’arène.
« - Prends position, » avait-elle mentalement ordonné à Sandra.
Le commandant avait revêtu une combinaison violette sombre, et complétait son apparence étrange en déroulant un fouet de cuir machinalement. Le fait qu’elle le fasse sans toucher directement le fouet était plus troublant encore. Mais de tels tours et tentative d’intimidation ne suffiraient pas pour troubler Sandra, du moins avait-elle tout d’abord pensé.
Sandra, elle vêtue de sa nouvelle tenue d’admin rocket, prit à son tour place de l’autre côté du cercle de combat. Elle sentait dans sa tête la présence indiscrète et mauvaise de Morgane. Une empreinte désagréable, oppressante. La voix mentale se fit à nouveau entendre, presque railleuse. En face d’elle, le commandant arborait un demi-sourire, jouant encore avec le fouet lévitant.
« - Et bien, quand tu veux. »
Sandra avait décidé de couper court au jeu auquel se complaisait son nouveau supérieur hiérarchique. Elle mit la main à sa ceinture, et lança sa pokéball sur le terrain.
« -Draco, en avant. Je sais. »
Une fois de plus, La voix se faisait entendre ! Avant même que le Draco n’émerge effectivement de sa ball, le commandant avait prononcé les mots qu’elle s’apprêtait à dire elle-même. Télékynésiste, précognitive, télépathe… Morgane savait que ses dons étaient susceptibles de perturber, et cela devait faire partie de sa stratégie.
« - « A votre tour, maintenant ». C’est ce que vous vouliez dire ? Pourquoi tant de précipitation, admin Sandra ? Vous devriez vous adresser avec plus de mesure à votre supérieur. Si cela ne vous ennuie pas, vous garderez le silence pendant ce match. Je ferais moi-même vos paroles et les miennes. Cela évitera de perdre du temps. Contentez-vous d’agir. Ou plutôt, non, contentez-vous de penser. Quand à votre adversaire, le voici. »
Au moment où la voix de Morgane se tut, là où une fraction de seconde auparavant seul le néant faisait face à Draco, un pokémon se tenait. Un Abra. Un minuscule Abra. Un ridicule Abra, probablement tout juste capable de lancer un flash pathétique ou de fuir comme il était arrivé, par téléportation. Sandra se sentait passablement agacée.
« -Je suis trop sûre de moi, selon vous, admin Sandra ? Vous voudriez vous moquer, si vous pouviez parler ? Voyons donc. Bon, comme vous le souhaitez, Draco, attaque souplesse ! »
Sandra voulut faire un mouvement de protestation, et lancer elle-même l’ordre à son pokémon. Mais elle en fut incapable. Elle était entièrement entravée. Morgane maitrisait chaque centimètre-cube de son corps, et occupait son esprit. Le match qui allait se jouer n’allait être qu’un jeu de marionnettes. Sa seule marge d’action était de penser à l’action que devait accomplir son pokémon, et espérer que le commandant railleur daigne le répercuter.
Mais, effectivement, Draco se précipita sur l’Abra immobile, prêt à lui assener un coup de toute la puissance de son grands corps serpantin. Mais le point que Draco fracassa était entre temps vide. Quelques millimètres hors de portée, abra se tenait, immobile encore. La voix de Morgane retentit à nouveau, fanfaronne.
« - Oui, l’attaque téléport, vous aviez deviné juste, admin Sandra. Mais ne vous inquiétez pas, je n’ai pas l’intention de fuir vos attaques. Laissez-moi néanmoins m’amuser un peu. Voyons, attaque Draco-rage, désormais ? Bien, Draco, utilise Draco-rage sur Abra. »
Le dragon, visiblement dérangé aussi de recevoir les ordres mentalement, et frustré par l’échec humiliant de l’attaque précédente, attaqua à nouveau avec violence, vomissant un déluge d’énergie en direction du Abra. L’arène sombre se retrouva en une seconde flamboyante et aveuglante. Mais le faisceau d’énergie s’effondra, s’affaiblit, comme tamisé, terminant en une pluie de lumière inoffensive sur Abra, toujours immobile. Dans la tête de Sandra, contrainte au silence, Morgane s’esclaffait.
« - Enfer, misère, un mur Lumière ! Comme vous avez raison de vous insurger ainsi, admin Sandra ! Estimez-vous heureuse que je vous empêche de parler. Si vous vous énerviez de vive voix contre un de vos supérieurs, il pourrait vous en coûter… Bon, assez joué. Vous voulez que Draco utilise hâte, c’est très bien. Peut-être qu’un peu de vitesse vous permettra de passer cette défense impénétrable. Draco, fais nous donc le plaisir d’utiliser hâte. »
Mais Draco n’eut pas même le temps de se mettre en position. Abra avait finalement bougé. Une fraction de seconde, sa silhouette était devenue indistincte. Son corps avait lui d’une aura du même violet que celui de la combinaison de sa maîtresse. L’instant suivant, le pokémon de Sandra était terrassé. Sa dresseuse, incapable de faire le moindre geste, ce sentait elle-même collapser en elle-même.
«- Que pensez-vous de cette attaque Psyko ? Terriblement rapide et efficace. Votre pauvre dragon a l’air mal en point. Oh, mais je constate que vous aussi, vous n’avez pas l’air au mieux de votre forme. Ne vous inquiétez pas tant, je ne vais pas achever votre brave bête. Un sbire va le conduire au centre de soins du bâtiment, ne vous en faîtes donc pas. Je comprends aussi votre surprise. Un Abra avec Psyko, qu’est-ce donc que cela ? »
Sur ces mots, un des sbires vint prendre la pokéball de Sandra posée au sol, et y fit rentrer le Draco gisant. Puis il quitta rapidement la salle, visiblement pressé de gagner un endroit moins malsain.
Le combat avait ensuite continué, mais Sandra avait d’ores et déjà compris que tout ce qu’elle pourrait faire serait sans aucun effet. Méthodiquement, Morgane entonnait son monologue, comme si elle jouait avec des poupées dont elle racontait l’histoire. L’Abra, sans aucun effort apparent, écrasa l’équipe de la jeune admin. Elle ne pouvait qu’observer, impuissante, incapable de mettre fin au match, incapable ne serait-ce que d’abandonner. A chaque fois qu’un de ses pokémons s’effondrait, elle sentait la présence de Morgane amplifier le sentiment de honte et d’impuissance qui la saisissait. Elle hurlait intérieurement, souffrait, mais sa supérieure faisait fi de son déchainement de rage et de frustration, saisissant au vol la moindre pensée qui pourrait passer pour un ordre d’attaque pour l’imposer à ses pokémons. Enfin, quand Hypocéan fut finalement emporté par un sbire, inconscient, elle sentit la poigne mentale de Morgane se relâcher. La seconde d’après, Sandra perdait à son tour connaissance.
Elle était revenue à elle, adossée contre un des murs de l’arène lugubre. Comme si elle avait été maintenue la tête sous l’eau jusqu’au point de se noyer, elle prit violemment sa respiration, le corps parcouru de spasmes. Sa vision était encore floue, et elle eut besoin de quelques secondes supplémentaires pour reprendre conscience de ce qui l’entourait.
Sous l’éclairage faiblard, Morgane était toujours assise sur sa chaise, jouant avec son fouet de cuir. La tant redoutée voix mentale se fit à nouveau entendre, pleine de mépris.
« - Bien, vous revoilà parmi nous. Je peux sentir toute la colère et le sentiment d’injustice qui vous saisit. Pour vous, ce match n’était pas fair, n’est-ce pas ? Ecoutez-bien ce que je vais vous dire. Malgré tout ce que vous pourrez faire pour cette organisation, il faut que vous compreniez clairement qu’ici, seules nos règles s’appliquent.
Votre égo surdimensionné, à moins que vous ne deveniez vous-même instructrice, laissez-le de côté. Vous comprendrez bien vite pourquoi toute la division safrane est un modèle de discipline… Personne n’a envie d’envisager ce que serait un rappel à l’ordre de la dirigeante de l’Alpha… Croyez-moi, Koga et Bolt ont beau être craints eux aussi, ils seraient les premiers à se plier en quatre pour éviter que j’ai quoi que ce soit à leur reprocher. Vous saisissez? Ici, nous ne sommes pas fair. Seul le résultat compte. Je pense que c’est assez clair pour vous, vous avez tué votre père de sang-froid pour la simple raison que c’était plus pratique pour voler ses pokémons. Cela veut dire que vous avez typiquement l’esprit qu’il faut pour aller loin ici, et cela est l’unique raison pour laquelle vous avez brûlé les étapes. Vos compétences de dresseur ne valent rien pour la rocket, si vous vous obligez à combattre loyalement. C’est ce que vous allez apprendre ici. Maintenant, trainez votre carcasse poussiéreuse jusqu’à vos quartiers. Vos pokémons ont été soignés. Votre mission prochaine est toute prête. Vous allez diriger l’équipe de surveillance de l’arène de Safrania. Attelez-y vous dès que vous tiendrez à nouveau sur vos jambes. Rompez, admin. Si vous en êtes capable… »
Avec un effort de volonté semblable plus à un instinct de survie qu’à une décision consciente, Sandra chancela jusqu’à la porte de la salle d’entrainement. Elle regagna ses quartiers dans un état entre le coma et la dépression nerveuse.
Quelques heures de repos plus tard, dégouttée, elle était allée prendre son poste en tant que chef de la division de l’arène de Safrania. Un banal boulot de vigile à casquette pour sa première mission. Le commandant avait de toute évidence envie de lui faire comprendre la signification des galons au sein de la rocket, et de pousser l’humiliation à son paroxysme. En plus, il y avait ces deux sbires visiblement privés de cerveau qu’elle était censée superviser, mais qui se contentait de la suivre comme son ombre, la reluquant à qui mieux mieux en se croyant discrets. La lumière insistante des lampadaires de Safrania, qui, fidèles à eux-mêmes, n’étaient jamais éteints, semblait vouloir s’incruster de manière agressive sur la rétine de la jeune dresseuse. L’odeur fétide de la Cité d’or, son ambiance glauque, ses habitants sans substance… Tout semblait vouloir souligner et rehausser, amplifier la présence de la folle maîtresse du type psy qui en avait fait son antre. Sandra se sentait observée par chaque fissure dans les murs, chaque Nosferapti tapi sous les toits, dans le regard vitreux des sbires qui l’accompagnaient. Il était fort probable que Morgane soit effectivement en mesure de la surveiller à distance, tout en vaquant à d’autres occupations pour la rocket. Mais Sandra savait que cette impression pourtant justifiée ne provenait pas de sa supérieure, pour la bonne et unique raison que Morgane n’avait pas la moindre once d’intérêt pour les actions de la nouvelle admin, et qu’elle l’avait clairement compris.
L’arène qu’elle avait pour mission de surveiller était particulièrement moderne, mais également particulièrement laide. Elle jurait avec le vieux dojo traditionnel voisin, un des plus anciens bâtiments de la Cité d’or et l’un des seuls à ne pas avoir été rasé pour laisser place à un building sans âme. L’arène semblait vouloir se moquer, caricaturer le digne dojo d’entrainement, lui volant sa silhouette générale et la rabaissant par un flot de néons de mauvais goût. Sandra se sentait particulièrement à vif, presque prise de sympathie pour la vénérable bâtisse.
Elle avait encore trois bonnes heures de cette surveillance vide de sens à effectuer. Elle savait que l’arène pouvait parfaitement bien se passer de la moindre supervision, dans la mesure où le commandant Morgane pouvait à tout instant s’y téléporter, et même surveiller par télépathie ce qui s’y passait.
Mais la défaite encore toute récente la blessait plus que tout. Ses pokémons, qui avaient confiance en elle, avaient été balayés sans difficulté. Son orgueil était attaqué comme jamais auparavant. Les poings serrés le long de sa tenue noire d’admin, elle fixait l’asphalte safrane.
Quand soudain, elle entendit une voix familière l’appeler.
« - SANDRA ! »
Elle se retourna vivement, et, ébahie, vit son frère se précipiter dans sa direction, suivie du fils de Rochard, le champion de Hoenn. Les deux sbires roulèrent des épaules, prêts à s’interposer si les enfants s’approchaient de trop. D’un geste, Sandra leur fit signe de s’immobiliser. Son frère se mit à crier les questions qui lui brûlaient les lèvres.
«- Qu’est-ce que tu fais avec ces types ? Qui ils sont ? Qu’est ce qui est arrivé à Père ?! Sandra, tu vas bien ? Pourquoi tu es partie ? Grand-père disait que tu serais à Hoenn ! »
Peter semblait complètement désorienté, rien ne faisait sens. Il se contentait de débiter mécaniquement toutes les questions qui lui passaient par la tête, ne sachant que faire ensuite. Tétanisé par le regard froid de sa sœur qui semblait passer au travers de lui.
«- Rentre à la maison, Peter, tu n’as rien à faire ici. Ce que je fais ne te regarde pas. Ce qui concerne Père m’est complètement égal. »
Sur ses mots, Sandra tourna les talons, et se dirigea vers l’intérieur de l’arène.
« - Sbires, raccompagnez ces enfants à la gare de Safrania. Je les veux dans le prochain train pour Doublonville.
Quoi ?! Mais qu’est-ce que tu racontes, Sandra ! Tu dois venir ! Père a été tué ! On a tous besoin de toi, là-bas ! »
Alors que les sbires s’approchaient des enfants, Sandra s’immobilisa. Sans se retourner, elle lança à son frère :
« - Imbécile. Je sais qu’il est mort. Je m’en fous, pour la bonne raison que je l’ai tué moi-même. Maintenant, tu as tes réponses, dégage. Inutile d’essayer de faire quoi que ce soit avec la brigade, Safrania est indépendante. J’espère pour toi et ton ami que je ne vous retrouverais plus sur mon chemin. Sbires, emmenez –les, maintenant. »
Impuissant, saisit au collet par l’un des gorilles en tenue noire qui accompagnait sa sœur, Peter vit la porte de l’arène se refermer derrière elle. Pierre lui se débattait du mieux qu’il pouvait, mais sans obtenir le moindre résultat. Les sbires les entrainaient sans difficulté loin de l’arène. Mais ils ne semblaient pas se diriger vers la gare de Safrania, mais plutôt à l’ombre glauque d’un building.
« Du calme, le mioche » grogna le sbire à Pierre qui tentait de lui envoyer des coups de pieds. « Si tu fais encore un geste qui me déplais, je te fais ligoter par mon Abo. Ah, mais au fait, tu as un pokémon ! Tiens, je pense que tu n’en auras pas besoin à Doublonville…
-Ne touchez pas à Terhal ! »
L’autre sbire émit un sifflement.
« Whoa, un Terhal ! Comment un gamin peut avoir un Terhal ? Et toi, le rouquin, un minidraco de compagnie ? Ce n’est pas mal. Pourquoi il n’est pas dans sa ball ? Ce n’est pas grave, j’en ai une pour lui qui devrait parfaitement aller ! »
Mais Peter, encore sous le choc des paroles de sa sœur, n’eut pas la moindre réaction, alors que Minidraco, terrifié, voyait le sbire dégainer une Hyperball, goguenard.
« Elle est bien, la nouvelle admin. Elle nous laisse du menu-fretin, mais avec des pokémons de luxe. Eh, gamin, elle est bonne, ta sœur. Sauf qu’elle s’est fait défoncer par le commandant, ta sœur. Elle a du bol d’être admin, si elle était sbire, on serait déjà allé lui montrer les bons coins de Safrania, entre collègues. Mais t’es trop petit pour comprendre, gamin, non ? J’ai envie de jouer à Papa-Maman avec ta sœur, gamin. Et pas que moi. Tous les types de l’escouade veulent se la taper. Là, tu piges? Faut dire que c’est pas sérieux, une admin aussi jeune. »
Peter restait encore complètement sans réaction.
« Eh ben, on dirait qu’il est surpris que sœurette ait crevé papa, le mioche » reprit l’autre garde, qui, lassé par les tentatives de se libérer de Pierre, avait effectivement chargé son Abo de l’immobiliser.
Le sbire lança alors son Hyberball.
Mais elle explosa en vol. De surprise, les deux sbires se retournèrent d’un bloc, lâchant leurs victimes. Devant eux se tenait un Métalosse, énorme. A ses côtés, le Champion Rochard.
« - Merde, c’est qui, celui-là ?
Vous avez fait la plus grosse erreur de votre existence de vermine . Métalosse, utilise Psyko.
Arbok, Grotadmorv, Go ! »
Les sbires n’eurent pas le temps de lancer leurs balls. L’onde Psy de Métalosse les avait touchés, eux. En un temps très court leur cerveau reçut une décharge incroyablement élevée, comparable à un brutal court-circuit. Ils s’effondrèrent comme des pantins.
Le regard plein de mépris pour les deux loques en tenue noire au sol, le Maître de Hoenn aida Pierre et Peter à se remettre sur pieds.
« - Ils ont de la chance que je n’aie pas laissé Métalosse les tuer, ces déchets… Mais je ne suis pas comme eux. Ils vont se réveiller avec l’âge mental d’un enfant de deux ans et demi, et je pense que c’est une punition juste. Bon, vous n’êtes pas blessés ? Et vos pokémons vont bien ? Peter, est-ce que ça va ? Peter ?»
[/spoiler]
Max 68 - 12 octobre 2010 à 21:18
C'est pas trop mal j'aime bien...
Par contre j'ai que lu le chap 1 parce que c'est un beau pavé le 2 et je manque un peu de temps ce soir
VanderCronch - 12 octobre 2010 à 21:22
En fait, je suis plus intéressé par ce que tu n'as pas aimé. Je dois m'améliorer...
Merci d'avoir lu!
M2K - 13 octobre 2010 à 10:23
J'aime beaucoup.
Mais Lance et Peter ne sont ils pas une seule et même personne ?
Un point négatif : trop prévisible concernant la seule péripétie du récit :/
tiploufdialga - 13 octobre 2010 à 11:42
Super j'ai beaucoup aimer :winner:
VanderCronch - 13 octobre 2010 à 13:05
Comme je l'ai dit, je m'attarde uniquement sur le personnage de jeux, mais ceux du jeu français. Comme le père de Peter n'était pas précisé, je l'ai inventé. J'ai choisi de lui donner le nom de Peter en anglais, mais ce sont bel et bien deux individus distincts.
C'est la seule péripétie pour l'instant, mais ce n'est pas fini! Je vais rédiger d'autres chapitres. Je m'efforcerais d'être moins prévisible...
Merci pour vos commentaires!
M2K - 13 octobre 2010 à 13:06
Après relecture de mon commentaire, je tiens à préciser que "la seule péripétie du récit" n'est aucunement un sarcasme même si il peut être considéré comme tel =p
VanderCronch - 13 octobre 2010 à 13:28
Mais je ne le voyais pas comme un sarcasme! La teneur en péripétie n'est pas représentative de la qualité d'un texte. Mais je vais m'efforcer de faire en sorte que les suivantes soient moins prévisibles, merci du conseil.
M2K - 13 octobre 2010 à 13:30
J'ai employé le mauvais mot, disons critique au lieu de sarcasme
VanderCronch - 13 octobre 2010 à 13:33
Ya pas de problème! :D Et je n'ai rien contre les critiques et les sarcasmes (l'hôpital ne va pas se foutre de la charité, tout de même!)
tiploufdialga - 14 octobre 2010 à 11:56
Pas mal chapitre 3
M2K - 14 octobre 2010 à 12:02
J'adore le style d'écriture, surtout la conclusion du dernier chapitre.
Ça m'a fait penser à l'un des derniers chapitres du tome 6 d'Harry Potter, lorsqu'en rentrant de la grotte, ils découvrent la marque des ténèbres au dessus d'une des tours du château, tu as exactement le même style de narration que JKRowling.
tiploufdialga - 14 octobre 2010 à 12:04
Tu parles de Harry Potter et le Prince de Sang-Mélé ou les Reliques de la Mort ?
Sasu - 14 octobre 2010 à 18:46
Tome 6 il a dit hein --
VanderCronch - 14 octobre 2010 à 18:55
tu as exactement le même style de narration que JKRowling.
Merci, ça fait plaisir. Je suis en train de rédiger le numéro 4. Mais je ne supporte pas les bouquins de Rowling, ils me tombent des mains inexorablement. Quelle fatalité! :domo:
VanderCronch - 15 octobre 2010 à 14:54
Chapitre 4 terminé et ajouté! J'espère qu'il vous plaira.
tiploufdialga - 15 octobre 2010 à 15:18
Bravo pour le 4
VanderCronch - 15 octobre 2010 à 18:38
Merci! je commencerai le 5 demain, ou ce soir si j'ai le temps, et l'inspiration.
VanderCronch - 16 octobre 2010 à 21:02
Chapitre 5 disponible!
tiploufdialga - 22 octobre 2010 à 12:39
Déja fini ?
MonkeyMMRS - 22 octobre 2010 à 14:16
Déja fini ?
quand on est "déter" on fait tous rapidement & facilement ...
bah lui il est "déter"
VanderCronch - 17 février 2011 à 15:30
Voilà le chapitre 6. Je suis désolé pour avoir tant traîné, mais je n'étais plus sur Trash depuis un moment. J'espère qu'il vous plaira (c'est un chapitre de transition assez mineur, donc pas de grand truc important dedans. )
VanderCronch - 18 février 2011 à 01:33
Et le 7 dans la foulée. J'ai édité le premier message.
supersam2 - 18 février 2011 à 08:02
Continue, on a trop peu d'activité dans cette section
VanderCronch - 18 février 2011 à 16:08
Je vais faire mon possible, mais je ne pense pas pouvoir faire de 8 cette semaine... Dès que possible, et si les deux chapitres que je viens de poster vous ont plu.
Le Pokémonologue - 22 février 2011 à 15:14
Très bon mais par pitié, mets des tirets et guillemets aux dialogues.
VanderCronch - 27 février 2011 à 00:38
C'est étrange... Mon traitement de texte me pose les guillemets et tirets, mais ils ne passent apparemment pas. Je vérifierai. Désolé pour le désagrément, j'y remédie.
EDIT: Je me suis penché sur le problème, et l'ai résolu. J'utilisais des tirets automatiques qui n'étaient pas retranscrits. Je les ai restitués. Les textes ont retrouvé leur sens. Je travaille sur le prochain chapitre, j'espère que vous aurez la patience.
thocast de pf - 20 avril 2011 à 23:13
Parce qu'il sait pas écrire, dirait-on.
Tyranocif Rex - 21 avril 2011 à 14:39
Parce qu'il sait pas écrire, dirait-on.
Ptain l'école c'est plus ce que c'était :(
VanderCronch - 8 mai 2011 à 23:32
Je fais une apparition fantomatique pour publier un petit huitième chapitre de ma fiction sur Peter. J'espère qu'elle vous plait encore, je suis navré de ne pas pouvoir fournir plus régulièrement et rapidement les épisodes, mais je manque un peu de temps et d'inspiration, en ce moment. Mais dès que j'en ai, je continue.
Ceci est un chapitre de transition, il ne se passe pas grand-chose, mais j'espère qu'il vous donnera envie de "voir" la suite.
Je suis toujours ouvert à toutes les suggestions, de style, de forme, de sujets dans le cadre pokémon.
Je ne vais pas faire d'autre texte sur les autres Champions/Maîtres pour le moment, car peu sont aussi intéressant que Peter, mais je ferais peut-être un petit écart sur Morgane, champion d'arène que j'apprécie beaucoup.
Excusez mes venues de plus en plus espacées sur le forum (si vous en avez quoi que ce soit à foutre), mais comme dit plus haut, je manque un peu de temps. Mais comme un bon méchant, je ne suis jamais parti pour longtemps.
Royfire - 12 novembre 2012 à 23:08
C'était super plaisant à lire
ervan27 - 13 novembre 2012 à 19:51
Up de 1 an
Royfire - 13 novembre 2012 à 20:12
Et ?
J'up pour montrer que j'apprécie et qu'une suite serait là bienvenue, au vue du potentiel ça serait dommage de délaisser ce topic.
VanderCronch - 20 novembre 2012 à 15:22
Désolé pour l'absence qui s'est éternisée. Je vais continuer la fanfic. Le chapitre 9 est disponible! Merci Steakfrite, tu m'as redonné la foi.
vivien28 - 22 novembre 2012 à 19:22
j'aime
fandepokemon18 - 22 novembre 2012 à 19:32
J'aime aussi, j'ai lu que le 1er chap., mais ça promet.
VanderCronch - 26 novembre 2012 à 18:13
Le chapitre 10 est en préparation, et je suis content. L'inspiration revient peu à peu. J'en avais ras le bol de devoir courir après comme derrière un Raikou de bas étage. J'espère que certains sont encore intéressés par l'histoire! N'hésitez pas à faire des remarques ou critiques, une fois de plus, c'est ça qui aide à améliorer la qualité.
EDIT: Le chapitre 10 dans le courant de la semaine!
fandepokemon18 - 28 novembre 2012 à 15:35
Juste que j'ai été un peu perdu avec les personnages dans le premier chapitre, mais après, je suis pas quelqu'un de normal moi, donc ça peut se comprendre :maxwell:
VanderCronch - 29 novembre 2012 à 20:12
C'est que je me retrouve avec Peter et Pierre. Quelle idée, aussi, que d'appeler le champion de Hoenn Pierre, aussi!
Sinon, Lance aussi est perturbant, vu que j'ai décidé d'en faire le père de Peter (alors que dans le jeu, c'est juste le nom anglais de Peter).
Donc ce n'est pas si anormal d'être un peu paumé! Mais je ne peux pas vraiment changer ça...
P.S: il m'arrive de les confondre quand j'écris, je dois faire gaffe à la relecture... Mais normalement, il n'y a pas d'erreur de ce côté là.
Au fait, j'ai un souci avec l'édition de mon message de base, il supprime tout... J'ajoute donc dans celui ça les nouveaux chapitres.
[spoiler=Chapitre 10: Loin, bien loin de la Cité d'Or]Un temps indéterminé c’était écoulé. Peter était resté quasiment muet. Ce qu’il voyait n’avait pas fait de sens, et il s’en moquait. Ce qu’il avait entendu était inaudible et il ne s’en souvenait plus.
Mais les contours de la chambre de l’hôtel Safran finirent par retrouver une signification, et il se sentit comme revenir d’un endroit extrêmement lointain. Une sensation de froid le glaçait de l’intérieur. Il remarqua que Pierre était aussi dans la chambre, regardant par la fenêtre d’un air pensif. Lui était assis sur le lit. Minidraco dormait, enroulé à côté de lui. Comme à son habitude, le dragon paraissait calme et nonchalant.
Peter ne l'était pas.
Le souvenir était juste là, qui l’attendait, prêt à le lacérer. Ce que sa sœur avait dit, avant d’ordonner à ses deux clephtes de les évacuer vers Doublonville. Bien sûr, il se sentait incapable d’y croire. Sa sœur ne pouvait pas avoir fait ce qu’elle disait. Il ne voulait pas y croire, certes, mais les faits étaient immuables. Elle savait ce qui était arrivé à Lance, son père, et ce qu’il était advenu de ses pokémons. Elle était de mèche avec un groupe de malfrats de Safrania. Plus, elle y avait déjà des responsabilités. Elle était sûre d’être inattaquable, et elle avait voulu se débarrasser de son frère comme on se débarrasse d’une chiquenaude d’une fourmi sur une table. Elle avait agi comme si ce qu’elle disait et faisait n’était d’aucun poids, comme si ça lui était absolument indifférent et qu’elle devait se contenter de choisir le plus rapide et le plus pratique.
Peter se sentait écœuré et meurtri. Il était incapable de relier la personne qui l’avait sèchement écarté d’un revers de main en lui jetant au visage la plus inacceptable des vérités avec la grande sœur qu’il avait toujours admirée. Il se décida à interrompre le flot de ses pensées. Cela ne le mènerait à rien. Seule l’action serait déterminante.
Ton père est dans les parages, Pierre ?
Tiens ! Peter, je commençais à croire que tu ne reparlerais pas… répondit Pierre, pince sans rire. Non, il est sorti il y a dix minutes. Il devait téléphoner à des hommes de son entreprise pour leur dire qu’il aurait du retard, vu qu’on ne va pas pouvoir aller à Carmin sur Mer ce soir.
Il est déjà si tard ?
Oui… On a vraiment eu de la chance qu’il ait été dans les parages, je ne sais vraiment pas ce qui se serait passé si ces types…
Peter l’interrompit sèchement :
Je peux te le dire, ce qui ce serait passé. Ils nous auraient volé nos pokémons, avant de nous jeter hors de la ville. C'est évident. Ne fais pas comme si tu ne l'avais pas compris.
Comment peux-tu être aussi distant ? Imagine s’ils avaient volés Minidraco ?
Écoute, Pierre, je viens d’apprendre que ma sœur est une meurtrière, une voleuse et en plus une petite frappe de gang. Si je n’étais pas un minimum distant, je ne serais même pas capable de te dire quoi que ce soit. Alors sois sympa, et abstiens-toi de me faire la moindre remarque.
Pierre rencontra le regard dur de Peter, dirigé fixement vers un point quelconque à l’extérieur. Il comprit qu’il n’avait pas à répondre, ni à juger. Seulement, il avait beaucoup de peine pour son ami.
Excuses moi, Peter.
Ça ne fait rien.
Même son regard était toujours fixe, le visage de Peter se radoucit imperceptiblement. Il pleurait. Sans le moindre mouvement de sa part, des larmes évanescentes coulaient de ses yeux. Cependant, c’est sans la moindre trace de sanglot dans la voix qu’il dit finalement à son ami :
Je ne vais pas laisser les choses comme elle sont. Si Sandra a vraiment fait ce qu’elle a fait, elle ne mérite pas que je la considère comme un membre de ma famille. Je vais la traquer. Peu importe le temps dont j’aurai besoin pour être suffisamment fort pour l’affronter, mais je n’abandonnerai pas. Je vais me préparer. Elle… Elle…
Peter s’effondra en sanglots, incapable de réprimer la lame de fond qui le balayait intérieurement. Minidraco regardait son dresseur intensément, l’air inquiet, ne sachant comment réagir. Il posa finalement doucement la tête sur les genoux du garçon vêtu de sa cape.
Merci, Minidraco…
Peter se laissa aller à son chagrin, a sa déception, à sa rage, des larmes de frustration lui coulèrent le long des joues et tombèrent sur le joyau qui ornait le crâne de son Pokémon. Pierre quant à lui continuait à regarder à travers le brouillard urbain, conscient de l'inutilité de toute parole ou de toute action. La cité d'Or rentrait dans sa phase nocturne, et la lueur mauvaise de ses lampadaires se faisait plus oppressante encore.
Un quart d’heure plus tard, on frappa à la porte de la chambre. Le champion Rochard entra dans la pièce. Il vit que Peter semblait avoir émergé de sa torpeur, et parut soulagé.
Peter ? Heureux de voir que tu es de retour parmi nous. J’ai prévenu la brigade de Safrania. Même s’ils ont dit ne pas avoir les attributions nécessaires pour intervenir directement sur le territoire de l’arène, ils ont promis qu’ils allaient faire suivre aux autorités compétentes. Autant dire qu’ils ne vont rien faire. Mais moi, je ne vais pas rien faire. J’ai tenté de me rendre moi-même à l’arène, mais elle a été fermée pour « causes exceptionnelles ». Ils ne prennent pas de risques. Mais même ça, c’est encore trop. J’ai vu des types habillés comme ceux qui s’en sont pris à vous deux monter dans des camions de transport. J’ai demandé à mon Roucool de les suivre de loin. Métalosse peut échanger par télépathie avec lui, et nous saurons où ils vont. Je n’ai pas revu ta sœur, mais je suppose que s’ il y a du mouvement parmi les bandits, elle doit les avoir accompagnés, surtout qu’elle s’est trop exposée ici. Ils n’aiment pas qu’on parle d’eux.
Qui sont-ils ?
Une association douteuse, prétendument une agence de sécurité et de logistique pour sociétés. La Team Rocket. Cela fait un moment qu’ils existent, mais on les voit de plus en plus ces derniers temps. Beaucoup de monde se doutent qu’ils sont louches, mais ils n’ont jamais eu d’ennuis avec la loi. Leurs soutiens doivent être considérables.
Le champion se tourna alors vers son fils.
Pierre ? Je dois parler seul avec Peter. Tu comprends que c’est important. Peux-tu sortir, s’il te plait ?
Bien sûr, je vous laisse, fit Pierre en se détournant de la fenêtre. A tout à l’heure.
La porte se referma doucement derrière lui. Peter leva la tête pour faire face au père de son ami.
Peter… Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de te le dire avant, ce n’était d'ailleurs pas encore le moment, mais je pense que je dois parler avec toi.
Peter le considérait le regard vague, et lui répondit sur un ton monocorde.
Faites, je vous écoute.
Le champion soupira, cherchant les mots justes. Son allure un peu austère semblait adoucie par ses hésitations.
Ton père était un très bon ami, tu sais... Nous nous connaissions depuis notre enfance, et c’était comme un frère à mes yeux. Nous avons parcouru le monde ensemble avec nos Pokémons. C’étaient d’autres temps, sans doute moins sombres, mais ce n’était pas si différent, tout compte fait. Aujourd’hui comme hier, seuls nos efforts nous font aller de l’avant.
Ta famille et la mienne sont très liées. Je t’ai vu naître, comme j’ai vu naître ta sœur, comme ton père a vu naître Pierre.
Je ne vais pas prétendre que je comprends ce que tu ressens, mais je peux imaginer que ce que tu ressens est extrêmement difficile. Même si ton cœur est fort et ton esprit endurant, comme ton père et ton grand-père avant toi. Tu es encore un enfant, et de telles choses ne devraient jamais arriver à des enfants. Je ne sais pas si la décision du doyen était sage de te laisser partir courir le monde dans de telles conditions, mais je sais qu’il n’y en a pas d’autre, et c’est pourquoi je t’aide.
Je ne sais pas si ce que t’as dit ta sœur est vrai, bien sûr. Mais je sais que quelle que soit la vérité, il faut la retrouver et la ramener. Je suis certain que tu en es conscient. Rien de bon ne pourra lui arriver, et elle ne fera rien de bon avec ces bandits.
Le regard de Peter se durcit, brillant d'une lueur agressive. Il lâcha d'une voix aigrie:
Je ne vais pas la laisser disparaître dans la nature. Je ne suis peut-être pas encore prêt, mais je le serai. Pour ma famille et mon père.
Ce sont des paroles dignes et louables, Peter. Mais ce sont des paroles contraignantes et difficiles. Tu peux peut-être t’opposer à ta sœur, mais tu ne pourras pas t’opposer seul à la Team Rocket. Pas plus que je ne le pourrais. Il te faudra du temps pour te préparer. Peut-être sera-t-il alors trop tard pour la ramener dans le droit chemin.
Je ne suis pas sûr d’avoir envie de la ramener.
Ce n’est pas ainsi que tu dois penser. La rancœur n’est jamais un bon moteur, quand bien même elle en est un légitime. Il te faut garder quelque chose comme de l’espoir au fond de toi. L’espoir que tu t’es trompé, qu’elle s’est trompée.
Vous me suggérez de me mentir à moi-même, de me leurrer.
Comment peux-tu en être certain ?
Je n’en suis pas certain. Mais tant que je n’aurai pas la preuve que ce n’est pas vrai, j’agirai comme si j’étais certain.
Je crains que ta quête ne devienne aussi destructrice que celle de ta sœur… Mais je ne peux pas légitimement m’y opposer. Ne rien faire serait bien pire. Sache cependant une chose, Peter. Je ne pourrai pas t’accompagner dans cette quête, pas plus que Pierre ne pourra le faire. Tu seras seul sur ce chemin. Mais tu ne seras pas pour autant solitaire. Nous ferons tout pour t’aider et te soutenir, pour te faciliter la tâche et te faire gagner du temps.
Je vous remercie. Je comprends ce que vous me dites.
Maintenant, nous allons attendre de savoir où se dirigent les camions de la Team Rocket. Quand nous saurons où ils vont s’établir, où que ce soit, nous irons au Plateau Indigo. De là, tu commenceras ton entraînement de dresseur. Tu partiras à la conquête des badges de la ligue Pokémon. Je ne connais pas de meilleure préparation. Pierre et moi rentrerons à Hoenn, mais nous surveillerons tes progrès pas à pas, et nous garderons la Team Rocket à l’œil. Tu deviendras plus fort, plus expérimenté, et plus âgé. Quel que soit le résultat de ta quête, tu ne resteras pas en arrière. C’est le plus important.
Peter considéra son interlocuteur d’un air pensif. La précipitation des évènements des derniers jours lui laissait une impression de vertige, mais bien plus encore la précipitation des évènements à venir. Puis il baissa les yeux vers Minidraco.
Nous progresserons. Je ne sais pas si je serai suffisamment fort. Je ne sais pas si je serai assez rapide. Ce que je sais, c’est que je vais faire du mieux que je peux. Minidraco et moi, nous pouvons devenir meilleurs que Sandra et ses sbires.
Toi et ton Pokémon formerez une puissante équipe, sois en certain.
Le champion Rochard posa la main sur l’épaule de Peter, avant de se marcher vers la porte de la chambre.
Il est trop tard pour faire quoi que ce soit de plus pour ce soir. Pierre et toi avez eu une journée très éprouvante. Nous allons aller dîner au restaurant, puis vous irez vous reposer. Demain, nous quitterons Safrania. Cette ville n’est bonne pour personne.
Peter leva la tête vers le père de son ami.
Merci, monsieur Rochard.
Le lendemain ne fit pas mentir la grise réputation de Safrania. L’air était vicié, humide, et avait des relents des Tadmorvs qui avaient investi les égouts de la ville. Le soleil semblait avoir honte d’éclairer la cité qui avait si mal vieilli, et esquivait les façades et les trottoirs. Une fois n’était pas coutume, les lampadaires agressifs semblaient presque à propos. Une fine bruine tombait sur le sol, qui pourtant semblait trempé comme après un déluge. La ville était sale, et la pluie n’y changeait rien. Peter avait passé l’une des capes imperméables de son père, trop grande. Ils quittèrent l’hôtel Safran après le déjeuner, et se dirigèrent vers la gare, le pas pressé. Le mauvais temps comme la lamentable atmosphère safrane précipitaient leur avancée. Ils parlaient peu, chacun plongé dans ses pensées. Dans le silence ambiant, perché sur l’épaule de son dresseur, Minidraco observait les rues qui défilaient. L’ennui semblait peu à peu le gagner. Ils finirent par arriver devant la gare safrane, dont la couleur ocre sous la pluie semblait dégouliner de manière pitoyable. Les deux enfants pénétrèrent à l’intérieur, se retournèrent en constatant que le champion était resté dehors. Il tendait la main vers le ciel. Quelques secondes plus tard, un Roucool vint s’y poser. Peter se précipita à l’extérieur. Le champion sortit sa Pokéball, lui fit signe d’un geste de se reculer, puis en fit sortir son Métalosse. Le puissant Pokémon d’acier atterrit sur le sol dans un crissement métallique, laissant dans l’asphalte mal entretenue du parvis de la gare les empreintes des pointes au bout de ses pattes.
Métalosse, tu as observé Roucool suivre les camions. Peux-tu nous indiquer où ils sont allés ?
Le géant pivota légèrement, laissant ses yeux rouges aller de son maître à Roucool. Son corps bleuté se mit à luire, indiquant l’activité psy qui le parcourait. Il se préparait à envoyer une image mentale au champion Rochard.
Ce fut d’abord une brume imprécise qui se forma devant les yeux du champion, se précisant peu à peu. Un arbre finit par être identifiable, bientôt un étang, et enfin une route. Sur cette route, des camions en file indienne. Quelques minutes plus tard (que Rochard ne vit durer qu’une poignée de secondes), ceux cis entraient dans une grande ville. Au loin se dessinait la ligne de la côte. Puis l’image mentale se brouilla de nouveau. Métalosse savait que l’information était suffisante. Lui et son maître connaissaient déjà la ville.
Carmin sur Mer. La Team Rocket veut quitter le continent, il semblerait.
Peter eut un mouvement de surprise.
Ils vont embarquer au port ? Mais comment va-t-on pouvoir les suivre si nous allons à Jadielle? En plus, nous avions au départ prévu d'aller à Carmin!
Doucement. De toute façon, comme je te l'ai dit, nous n’allons pas les suivre directement. C'est presque une chance qu'ils soient allés à Carmin sur Mer. Nous allons au Plateau Indigo, c'est cela qui compte pour le moment. Cependant, je connais bien un pêcheur à Carmin sur Mer, qui est ami avec les autorités du port. Je pourrai facilement savoir quel navire est parti, et dans quelle direction. Ne t’inquiète donc pas. Surtout que, vu la charge qu’ils semblent avoir embarquée dans ces camions, ils auront besoin d’un gros navire. Ils ne vont pas passer inaperçu.
Et s’ils n’étaient pas allés vers le port ? Carmin est une des voies d’accès vers Parmanie…
Très improbable. L’autoroute à l’ouest de Céladopole est bien plus pratique pour s’y rendre, c’est une ligne droite. Par ailleurs, Parmanie n’est pas une ville très dynamique. Je ne vois pas ce qu’ils pourraient y faire. Non, je pense qu’il y a de bonnes chances pour qu’ils soient allés s’embarquer pour l’une des îles ou encore pour Johto ou Hoenn.
Peter réfléchit quelques secondes.
Oui, vous avez sans doute raison…
Bon, maintenant, il faut que nous nous pressions un peu. Je n’ai pas l’intention de rater le train et de rester dans ce trou à Rattatacs.
Dit le champion en faisant signe aux enfants de se remettre en route, tout en réintégrant ses deux Pokémons dans leur Pokéball.
Quelques minutes plus tard, le train se mettait en mouvement, quittant l’atmosphère lourde de Safrania. Le wagon était silencieux comme un malaise, et plutôt vide. Peter s’assit en face de son ami, qui prit place à côté de son père. Minidraco, quant à lui, prit ses aises sur le dernier fauteuil restant du carré, regardant avec intérêt le paysage urbain défiler de plus en plus vite derrière la fenêtre.
Bon, nous avons quelques heures avant d’arriver à la gare d’Argenta. Vous pourriez en profiter pour aller vous entrainer à nouveau dans le wagon de combat. Pratiquer ne peut que vous faire du bien, et vos Pokémons en ont besoin aussi.
Voyant que s’il ne prenait pas les devants, Peter risquait de rester à ruminer ses pensées pendant tout le trajet, Pierre se leva.
Ok, Peter, c’est l’heure de la revanche. Terhal et moi on n’a pas aimé les ridiculisations en série de ces derniers jours.
Peter leva les yeux avec un sourire.
Tu as donc envie de vous faire encore plus baisser les yeux ? Minidraco, c’est l’heure d’aller combattre !
Les deux amis se dépêchèrent jusqu’au wagon de combat. Celui-ci était dans un état assez délabré, il avait dû voir un nombre considérable d’affrontements de qualité. Par ailleurs, il était vide. Les lignes du terrain sur le sol étaient presque effacées.
Pierre prit place face à Peter, et sortit Terhal de sa Pokéball. Le Pokémon acier lévita, l’œil rougeoyant. Aussi difficile à interpréter que pouvait être son expression, on pouvait presque sentir son impatience de montrer sa valeur. Minidraco, de son côté, s’avança avec nonchalance sur la partie de terrain qui lui était dévolue.
Ok, Peter, cette fois ci, il n’y aura pas de Roucool importun pour te sauver la mise. Je vais te battre.
Cette fois ci, aucun Roocool ne sera nécessaire !
Court avec le blabla ! Terhal, on finit dès le départ ! Choc Mental !
Minidraco, renvoie ce fat de métal dans sa Pokéball ! Allez ! Gare au choc Mental !
Terhal brilla de sa lumière coutumière, tandis que le serpent dragon s’élançait. En un instant, il entourait le blindé bleuté de son corps longiligne. Immédiatement après, il se mit à luire, touché par le choc mental.
Peter analysait la scène avec attention, tout comme son adversaire.
Si j’ai bien compris ce qui se passe, c’est une brillante stratégie, Minidraco… Le choc mental tend les muscles de ton corps. En utilisant ligotage contre Terhal, plus il essaiera de te contraindre, moins il pourra agir. Bonne idée.
Oh, pas bête. Maintenant, nous sommes bien coincés, tous les deux, hein ? Terhal, c’est l’heure d’utiliser Bélier !
A cet ordre, Terhal se propulsa de toute sa force contre le sol, entraînant Minidraco enroulé autour de lui. Le wagon trembla sous l’impact, et le sol se bossela. Peter vacilla, comme si il avait lui-même été touché par le choc.
Ouch. On dirait que ton dragon a servi d’airbag à mon Terhal… S’il n’avait pas été là, il se serait sans doute blessé. Je crois que cette fois ci, j’ai la main.
Minidraco, tiens bon !
Tu ne voudrais pas lui donner des directives plus précises ? il risque de prendre cher, là. Bon, Terhal, Bélier !
En effet, le dragon n’avait pas l’air bien en point. Il était toujours enroulé autour de son adversaire, mais son expression trahissait sa douleur. Terhal lévita à nouveau, pour se préparer à une nouvelle attaque. Les yeux de Peter sautaient de son pokémon à Terhal comme deux furies.
Ok, Minidraco, il revient avec la même technique. Prend le de vitesse !
Avec un effort considérable, Minidraco s’arracha à sa prise sur son adversaire, et le laissa percuter le sol à nouveau. La seconde suivante, Terhal lévitait, à peine ébranlé.
Les bonnes techniques ne marchent qu’une fois, hein ? Peu importe, vu les dégâts que Minidraco a pris, Terhal va le battre sur la durée. Je crois que tu as perdu, Peter.
Pour me battre, il faudrait déjà que Terhal puisse bouger.
Qu’est-ce que… OH NON ! Une cage éclair !
Terhal semblait étrangement ralenti, comme figé sur place. Minidraco, épuisé, essayait de récupérer de sa première attaque.
Et ? Qu’en penses-tu ? Minidraco a profité du ligotage amélioré pour placer une cage éclair. Maintenant, observe comment la situation va se retourner.
Minidraco se regroupa, préparant son attaque suivante.
Tu connais la puissance de son dracochoc. Terhal ne pourra pas l’éviter. C’est mal parti pour toi, Pierre !
Terhal, Bélier, maintenant ! Allez, vas-y, tu peux y arriver !
Terhal semblait batailler pour se dépêtrer d’un invisible enchevêtrement de liens. De son côté, Minidraco était prêt à attaquer. Le rayon frappa Terhal au centre de son œil. Coincé par la cage-éclair, il ne fut qu’à peine projeté en arrière par l’impact. Mais la violence du coup était sensible.
Cependant, le pokémon d’acier était encore conscient. Il parvient enfin à se dégager momentanément de l’emprise de la cage-éclair. En un clin d’œil, son attaque bélier frappait Minidraco trop faible pour esquiver. Peter ne put retenir son exclamation :
Non ! Comment se fait-il que tu aies pu bouger ? Tu étais paralysé !
Bah, tu sais aussi bien que moi que la paralysie n’est pas systématique… C’était un beau mouvement, ce dracochoc, mais c’était un mouvement pour l’honneur.
Minidraco est KO…
ET JE GAGNE !
Peter se précipita vers son pokémon dragon blessé. Puis, il se retourna lentement vers Pierre. Il souriait. De son côté, Pierre faisait regagner sa Pokéball à Terhal.
C’était un beau combat. Bien joué, Pierre. Bon, je vais soigner Minidraco au centre pokémon de bord tout de suite.
Merci, tu t'es bien battu aussi ! Je viens aussi. Terhal a aussi besoin de soins…
Les deux amis se tapèrent dans le poing, complices, et quittèrent le wagon de combat. A travers la fenêtre, les lignes du Mont Sélénite se dessinaient dans le lointain. Loin, bien loin de la Cité d'Or et de ses relents putrides de tadmorvs, le soleil émergeait de la grisaille.
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[spoiler= Chapitre 11: Le deal]Un Airmure épuisé par un trajet bien plus long qu’à l’accoutumée s’écrasa sans grâce plus qu’il n’atterrit sur le sol de Cramois-île. Il faisait nuit, et l’on apercevait à peine les lumières de l’unique petit patelin du rocher insulaire. La voute céleste étincelait, aucun nuage ne couvrait le ciel. Sur une des hauteurs dudit rocher, une seule autre lumière était visible. Celle du vieux manoir Pokémon. L’homme qui venait de descendre du Airmure regarda autour de lui, attentif au moindre signe que l’on avait pu le voir arriver. Apparemment rassuré, il fit rentrer son pokémon dans une Hyper Ball. Les embruns marins agitaient sa chevelure rouge et les pans de son manteau. Il prit une profonde inspiration, les yeux fermés. Enfin de retour sur la terre ferme. La proximité de l’océan le perturbait. Il n’avait pas pu se résoudre à embarquer sur le Ferry de Cramois-île. Trop proche de l’eau. Il se sentait paradoxalement plus en sécurité en l’air, juché sur son Airmure à bout de force. Pour lui, l’océan était un monstre infini, anonyme. Un gouffre béant. L’océan était une créature maligne et sans forme, dévoreuse des hommes. Il ne se l’avouait pas, mais il craignait l’océan. Est-ce qu’il en avait toujours été ainsi ? Maximilien ne pouvait répondre avec exactitude. Il sentait au fond de lui ce que la toute puissante étendue marine avait de monstrueux et de terrifiant. Mais il était incapable de dire quand il en avait été conscient ou convaincu. Il ne se posait d’ailleurs pas la question. Il y avait plus important que de déraisonner sur ses phobies et ses idées à lui.
Les choses commençaient enfin à bouger. Giovanni n’était peut-être pas fiable à 100%, mais il ne l’était pas non plus, et en gens de la même espèce, ils se comprenaient d’une certaine manière. Par ailleurs, l’organisation de ce jeune parvenu était bien réglée, puissante et sans scrupule. Un avantage de poids qui lui faciliterait bien des choses. Le marché qu’ils avaient conclu était à l’image des deux requins qu’ils étaient. Négocié âprement, sans concession aucune de l’une ou l’autre des parties avant d’être certain de ne pas être à la plus stricte équivalence. Pendant une longue réunion qui s’était étalée sur plusieurs semaines, lui et Giovanni s’étaient partagés Kanto et Hoenn, chacun avide et vorace des possessions de l’autre. En y repensant, ça aurait bien pu être une guerre ouverte qu’ils ne se seraient pas comportés différemment. A cette idée, un rictus apparut au coin des lèvres de Maximilien. Le jeune loup savait déjà comment faire marcher la boutique. Sa célèbre mère aurait été fière de lui. Lui n’était pas vieux non plus, et il avait même l’air considérablement plus jeune que son âge. Mais il avait tout de même plus d’expérience et d’ancienneté, c’était un fait certain. Le moment voulu, si c’était nécessaire, il pourrait montrer qui avait les crocs les plus aiguisés. Et malgré toute sa prudence et on intelligence, Giovanni devrait surement courber l’échine. Mais il n’était pas temps de penser à se poignarder dans le dos (même si sans aucun doute, son « partenaire » considérait avec le même rictus que le sien une éventualité similaire). L’efficacité de leur tandem devait encore leur profiter à tous les deux. De grands projets étaient en cours.
Maximilien se mit en route à travers les la dune, en direction des lumières du manoir. Il n’en aurait que pour une petite dizaine de minutes, Cramois-île tenait dans un mouchoir de poche.
Le manoir était un bâtiment ancien, mais cependant en bon état. Par chance, les anciens propriétaires avaient entrepris de le rénover peu de temps avant qu’ils soient doucement mais fermement enjoints pas les hommes de Giovanni à le céder à son organisation. Maximilien ignorait combien d’hommes travaillaient d’arrache-pied chaque jour dans ce manoir, qui servait de principal centre de recherche à la Team Rocket. Il ignorait également la teneur d’une grande partie des expériences et projets qui y étaient conduits. Mais il en connaissait au moins un, et c’était le seul qui avait une infime chance de l’intéresser. C’était précisément l’existence de ce projet qui avait rendu possible l’entente entre leurs deux organisations. Au départ, Maximilien avait été plutôt surpris d’être contacté par la team Rocket. Ils étaient du genre à s’occuper de leurs affaires sur leur territoire, et d’éviter autant que possible d’avoir à communiquer avec l’extérieur. Il avait même été vivement intéressé. Depuis que l’ancienne dirigeante de la team Rocket avait cédé place à son fils, l’organisation ne faisait absolument plus parler d’elle. Il fallait donc que Giovanni ait ferré un gros poisson pour qu’il se décide à aller voir un « concurrent » d’une autre région.
En marchant vers le manoir, Maximilien repensa à sa dernière négociation avec Giovanni. Elle avait eu lieu dans leur QG caché de Céladopole, au sous-sol d’un tripot en mauvais état. Giovanni avait ordonné à ses gardes du corps de quitter la pièce, et lui avait demandé d’en faire de même. Non sans une certaine réticence, Maximilien avait accepté.
Ils avaient pris place derrière la table de négociation dressée pour l’occasion.
Le chef de la Team Rocket portait un habit plutôt décontracté, arborant uniquement le sigle de son organisation au revers de la veste, un R rouge. De son côté, Maximilien portait son habituel manteau pourpre.
Giovanni l’avait regardé en silence pendant un moment, comme s’il rassemblait ses idées. Son Persian était couché dans une caisse dans un coin de la pièce, et les observait, une lueur étrange au fond du regard. C'était un regard incisif, qui semblait pénétrer plus profond que les choses elles mêmes. Peut-être que Giovanni avait dressé son Pokémon exprès pour qu'il darde son œil omniscient sur les gens avec qui il voulait traiter. Peut-être aussi tout simplement que le Pokémon était en appétit et attendait de son maître une collation.
Bon, Maximilien, il y a quelque chose d’important qu’il nous reste à traiter. Je suis heureux que vous ayez accepté de réunir nos forces jusqu’ici. Je sais que si vous avez accepté, c’est parce que vous vous doutez bien que nous avons une bonne raison de vous solliciter.
Enfin, nous y voilà. Qu’avez-vous en tête, Giovanni ?
Un projet grandiose. Nos deux groupes en ressortiront plus puissants qu’ils ne le furent jamais.
Je me méfie des plans géniaux, Giovanni. Ils ont une fâcheuse tendance à échouer.
Le chef de la Rocket avait laissé furtivement un sourire traverser son visage.
Oh, je comprends votre méfiance, je ne vous ai encore rien dit. Je vais combler le manque. Notre équipe de renseignement sait sur quoi vous travaillez à Hoenn.
Le visage de Maximilien s’était crispé, mais il n’avait rien dit. Beaucoup de ses projets étaient hautement confidentiels. Jusque-là, Giovanni n’avait cependant rien annoncé de précis. Le bluff était une stratégie suffisamment éculée pour qu'il ne tombe pas dedans.
Je parle de votre subvention de l’archéologie locale pour blanchir vos activités.
Ne me dites pas que c’est votre grand scoop, Giovanni. Je sais que vous passez par la Sylphe pour nettoyer votre argent sale, si vous voulez aller par là.
Ce n’est pas là que je voulais aller. Je sais que vous êtes à la recherche d’une puissance ancienne. Tous les moyens sont bons, n’est-ce pas ? Financement d’une expédition nautique, des musées, de l’association de spéléologie… On a fait plus discret, comme mécénat.
Maximilien garda le silence.
Mettons les points sur les « i ». Vous tentez de mettre la main sur un Pokémon légendaire. Mais jusqu’à maintenant, vous piétinez. Parce que même si vous saviez où il est censé se trouver, vous ignorez comment en prendre le contrôle.
Je vois que votre équipe a bien fait son travail. Et, que vous sert de savoir cela ? J’espère que vous ne comptez pas utiliser cela comme moyen de pression, c’est vain.
Je vous ai dit que j’escomptais une entente avec vous. Je n’ai aucunement l’intention de vous forcer la main. Voilà mon idée. Je suis moi aussi à la recherche d’une puissance ancienne à Kanto. Mes équipes travaillent d’arrache-pied pour mettre la main dessus. Nous n’avons que très peu de résultats sur notre projet pour le moment, mais il se trouve par hasard que nous sommes tombés sur quelque chose qui pourrait vous intéresser tout particulièrement.
Oh, très aimable de votre part de m’en informer. Et, de quoi s’agit-il ?
L’Orbe.
Le visage de Maximilien se raidit encore plus.
Impossible. L’Orbe a disparu depuis des siècles à Hoenn. Vous ne pouvez pas l’avoir trouvé à Kanto.
Il y a de nombreuses manières de trouver des choses. En fait, pour ainsi dire, l’Orbe n’est pas en notre possession. Mais nous avons des pistes très sérieuses et intéressantes quant à sa localisation.
Jusqu’à maintenant, je vois plutôt bien quel est mon intérêt dans cette affaire. Mais où est le vôtre ? Nos recherches n’ont rien en retour qui puisse faire avancer votre projet.
C’est justement là que vous vous trompez. Comme vous ne l’ignorez pas, Hoenn était il y a très longtemps rattachée au continent. Nous avons étudié longuement le passé géologique et biologique de la région. Il semblerait qu’un foisonnement de la biodiversité ait son origine à Hoenn, puis se soit étendu dans Kanto. Mais pour en être sûrs, il faudrait que nous puissions enquêter massivement à Hoenn. Ce n’est pas notre secteur, ce qui explique cette proposition de marché.
Je ne suis pas idiot, Giovanni. Une poignée de fossiles ou de cailloux n’est pas une motivation suffisante pour mettre autant en jeu.
Je ne peux pas vous reprocher d’ignorer ce que tout le monde ignore, Maximilien. Quant à l’utilité d’une poignée de cailloux, comme vous dites, je pense que vos propres recherches prouvent que vous y croyez autant que moi.
Il était assez clair en effet pour Maximilien que les raisons de Giovanni devaient être excellentes. Il avait du flair, et il savait où se situaient ses intérêts.
Et si je n’étais pas intéressé par cette partie de notre marché ? Si je refusais de vous laisser fouiller Hoenn à la recherche de vos traces anciennes ?
Alors nous ne vous donnerions pas accès à l’Orbe, bien entendu. C’est un objet d’une valeur colossale. Nous pourrions en tirer profit nous-mêmes, sans nous impliquer dans vos propres projets.
Je vois. Ne me prenez pas pour un idiot, Giovanni. Qu'est-ce qui vous fait croire que je ne peux pas mettre la main dessus avant vous? Vous l'avez trouvé depuis Kanto, il n'y a aucune raison que je ne puisse en faire autant à Hoenn. Si vous aviez vraiment la possibilité de l'obtenir, vous l'auriez déjà fait, ne serait-ce que pour me l'agiter sous le nez pendant ces négociation. Seulement, pour pouvoir y accéder, je suppose que vous avez besoin d'un peu plus que d'un simple commis aux objets rares qui passerait le récupérer au dépôt Bekipan. C'est pour ça que vous voulez "enquêter" à Kanto. En fait, vous et moi cherchons la même chose, Giovanni.
Que de méfiance, décidément. Mais votre raisonnement ne manque pas de logique. Je puis cependant vous assurer que votre caillou et le Pokémon avec lequel il est livré ne nous intéressent pas. Du moins pas plus que dans le cadre de ces négociations où il pourrait nous obtenir votre précieux concours. Ou encore dans une optique strictement pécuniaire, si vous refusiez notre marché. Je connais un nombre colossal d'explorateurs et d'aventuriers prêts à payer un prix d'or pour la position d'un tel objet. Et bien sûr, je suppose que ce cher Arthur de vos amis serait lui aussi bien heureux d'apprendre où un tel objet se trouve, ne serait-ce que parce que vous le cherchez aussi.
Ces menaces doucereuses n'ont de sens que si vous avez effectivement des informations que je n'ai pas, et je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais croire que vous les détenez vraiment. Ce que j'observe pour le moment, c'est le formidable travail dont vos équipes d'espionnage sont capables.
Faisons les choses d'une manière qui vous convaincra peut-être plus, alors. Je vous laisse deux jours pour réfléchir, après quoi et si vous ne vous décidez pas, je contacte la Team Aqua et lui donne les informations que j'ai à ma disposition, en échange de sa bénédiction pour accoster à Nénucrique. Je préfèrerais la vôtre et un accès à Poivressel, mais j'ai à faire et rapidement à Hoenn.
Vous croyez donc que si vous faisiez une telle chose, je vous laisserait les mains libres dans ma région?
Croyez moi, vous auriez bien trop à faire avec vos rivaux. Surtout que vous seriez en train de vous ronger les sangs pour pouvoir les suivre à la trace jusqu'à ce fameux Orbe. Moi, de mon côté, j'ai juste quelques ruines et quelques falaises à étudier, et, croyez moi, elles ne vous intéressent pas. Disons donc deux jours?
Maximilien avait passé quelques secondes à reconsidérer la situation sous tous ses angles. Il était évident que le roquet Rocket avait l'ascendant sur lui. A la Team Rocket, une hypothèse, si elle pouvait faire progresser les plans du boss ou faire rentrer de l'argent dans les caisses, devenait très vite un fait accompli. Giovanni connaissait sa partition, il savait que Maximilien ne pouvait pas prendre le risque de laisser la Team rivale le doubler. Il avait donc à trouver un moyen d'accepter, tout en obtenant autant de contreparties que possible.
Malgré la tension palpable, la conversation avait gardé un ton calme et professionnel du début à la fin, comme toujours, sous l’œil inquisiteur du Persian. Ils avaient fini par se mettre d’accord sur un dernier accord mutuel. Maximilien allait suivre les opérations en cours à Kanto, en tout cas dans le domaine le concernant, tandis que Giovanni pourrait suivre celles de Hoenn quand le moment serait venu. Ils s’étaient également mis d’accord sur un projet commun plus général d’étude des Pokémons légendaires. Tous deux manquaient cruellement d’informations, et tout ce qui était un tant soit peu complet appartenait justement au rang des légendes.
C’est ainsi qu’ils en étaient venus à attaquer Ebenelle. La ville était depuis un âge immémorial réputée pour sa grotte aux dragons et son clan de dresseurs de Pokémons exceptionnels. La première étape de leur plan consistait donc à mettre la main sur les Pokémons du meilleur d’entre eux. S’il ne s’agissait peut-être pas de pokémons légendaires, c’était néanmoins ce qui s’en rapprochait le plus. On disait même que certains Pokémons étaient transmis de père en fils depuis des générations. Quoi d'autre qu'un Pokémon en apparence immortel pouvait plus se rapprocher des légendes?
Approcher la ville n’avait cependant pas été une chose facile. Extrêmement repliée sur elle-même, Ebenelle se méfiait des étrangers. Jamais ils n’auraient pu gagner la confiance d’un des locaux. Et pourtant, le hasard avait bien fait les choses. La fille du champion de la ville était une dresseuse compétente et indépendante. Mais plus que tout ambitieuse. La seule chose qu’il lui manquait, c’était l’expérience. Giovanni avait manœuvré habilement en lui faisant miroiter ses rêves de grandeur, et l’avait convaincue que la place qu’elle occupait dans le petit patelin était minable et indigne d’elle. Elle avait mordu à l’hameçon assez tôt. Peut-être que ses relations avec son père étaient difficiles. Quoi qu’il en soit, les résultats avaient été obtenus très rapidement. Elle s’était emparée des Pokémons du champion. Seulement, elle en avait trop fait, et son père était mort. Les choses auraient pu tourner bien plus mal, si la ville n’avait pas été aussi refermée sur elle-même. Ils avaient eu de la chance.
Maximilien arrivait enfin au pied du manoir. Avant de se présenter à la porte, il songea qu’il saisissait mal pourquoi Giovanni continuait de s’encombrer avec la fille du champion. Elle avait accompli la seule chose que l’on attendait d’elle, elle n’avait plus aucune utilité. Il serait incompréhensible que Giovanni remplisse sa part du marché et permette à la jeune tueuse d’accéder à ce qu’elle voulait. Il ne devait jamais en avoir eu l’intention. Peut-être avait-il d’autres plans pour elle, ou était-il seulement satisfait de mettre la main sur une recrue moins mauvaise que la moyenne de ses sbires. Aux yeux de Maximilien, ces méthodes étaient incertaines. Tout au plus pouvait-il reconnaitre que Giovanni savait s’y prendre pour réunir un personnel compétent. Sa garde personnelle et ses lieutenants étaient tous des individus sans scrupules et efficaces, chacun à leur manière. Mieux, Giovanni réussissait à mener son organisation sur tous les fronts, déléguant aussi peu que possible. Il se passait de bras droit. De son côté, Maximilien aurait été incapable de faire tourner correctement son équipe loin de Hoenn si son adjoint compétent, Kelvin, ne menait pas les troupes. En tant que décisionnaire, Maximilien était sûr de ses capacités. Mais en tant que meneur d’homme, il préférait passer la main. C’était un défaut que Giovanni n’avait pas, et tous deux le savaient parfaitement.
Un sbire en tenue noire attendait près de la porte en fumant. Le rougeoiement de sa cigarette éclairait son visage dans la nuit. Il leva les yeux en direction de Maximilien, et, le reconnaissant, jeta sa cigarette avant de l’écraser du talon et de se mettre au garde-à-vous.
Le Boss nous a prévenus de votre arrivée, Monsieur. Je vous en prie, suivez-moi.
Bien.
Le sbire appuya sur un des boutons de l’interphone, attendit quelques secondes. Un bip retentit, et il poussa la lourde porte du manoir. Maximilien entra sur ses talons. Une chaleur agréable l’accueillit à l’intérieur. L’aspect extérieur un peu délabré du bâtiment n’avait que peu à voir avec l’intérieur. Tout semblait neuf, et était plutôt crûment éclairé par des néons accrochés sur le plafond, vieillot en contraste. Le style était bien plus proche du laboratoire que de l’ancienne bâtisse, et le mélange des genres était un peu criard. Hormis le couloir central dégagé, l’espace était presque entièrement occupé par diverses machines, bureaux aux cloisons minces, écrans et autres enchevêtrements de câbles. Un peu partout, des scientifiques et des sbires s’activaient, dans un mouvement de blouses blanches et d’uniformes noirs. Celui qui guidait Maximilien le dirigea alors vers l’escalier principal au bout du hall.
Excusez-moi, Monsieur, mais je dois retourner garder l’entrée. Le professeur Auguste ne va pas tarder à descendre vous accueillir.
Faites.
Quelques instants plus tard un homme en blouse blanche, le port fier, arborant d’étranges moustaches triangulaires descendit les escaliers principaux. Il portait en sus une paire de lunettes rondes, et son crane était entièrement chauve. Il était difficile de lui donner un âge. Il aurait pu avoir aussi bien trente ans que soixante, et l'on ne se décidait pour la seconde option qu'à la couleur grisâtre de ses moustaches, probablement à tort. Le professeur Auguste, célèbre spécialiste de la physique des matériaux, dresseur émérite des Pokémons de type feu, ancien chef de la R& de la Sylphe Sarl, lieutenant haut gradé de la team Rocket. Il s’exclama avec affabilité à l’intention de Maximilien :
Ah, Monsieur Maximilien, vous êtes arrivés. Henri Auguste, chef de la division scientifique de la Team Rocket. J’espère que vous avez fait bon voyage ?
Mon voyage n’a pas été des plus agréables, je n’aime pas tant prendre la mer. Mais je vous remercie, professeur. Comment se déroulent vos recherches ?
Bien, bien, nous progressons à un bon rythme. Je suppose que vous apprécierez de vous reposer un peu avant de commencer à voir l’avancée de nos travaux. Nous avons une suite réservée aux personnalités dans une des ailes du manoir. J’espère qu’elle vous conviendra.
Je n'en doute pas un instant, merci beaucoup, professeur.
Auguste fit un signe à un des sbires qui semblait désœuvré. Il s’approcha avec diligence.
Conduisez Monsieur Maximilien à ses quartiers, je vous prie.
Puis, se tournant vers Maximilien :
Je vous prie de m’excuser, mais je suis actuellement en train de mener des expériences de première importance. Ma présence est requise. Vous me pardonnerez de ne pas pouvoir vous recevoir ce soir. S’il vous faut quoi que ce soit, n’hésitez pas à demander à mon adjoint.
Je comprends parfaitement. En ce cas, bonne soirée, professeur.
Auguste tourna les talons, saisissant des mains d’un des scientifiques un rapport d’expériences qu’il commença à lire avec attention en remontant les escaliers. De son côté, Maximilien suivit son nouveau guide à travers les couloirs du manoir. Il était effectivement fatigué par le voyage, et il était déjà tard. Il se conterait de dîner et d’aller dormir aussi vite que possible. La pensée lui traversa l’esprit que seul, sans garde du corps dans les locaux d’une association rivale, il courrait de gros risques. Si Giovanni avait eu l’intention de le piéger, il ne pourrait rien faire d'autre que subir. Son visage se crispa légèrement, comme à l’accoutumée. Espérons que Giovanni ait vraiment besoin de son accès à Hoenn, et de Poivressel par dessus le marché, pensa-t-il. Il congédia le sbire une fois dans sa chambre, en lui demandant de lui faire porter un repas. La chambre était spacieuse, voire luxueuse. La vue, plutôt belle, donnait sur la mer. Au moins, on ne se moquait pas de lui. Certes, il aurait préféré avoir autre chose à voir que l’océan, mais il ne pouvait pas reprocher à Giovanni de préférer ça à l’anonyme relief de Cramois-île la volcanique, qui méritait tant bien que mal son surnom en ne gardant de volcanique que la pierre sombre recouverte d'une végétation quelconque et de la poussière. Il y avait même une unité de soins de Pokémon privative. Maximilien déposa la Ball contenant son Airmure sur l’un des supports. La lumière du scanner luit sur les murs de la pièce.
La team Rocket était décidément une organisation efficace. Le manoir en était une preuve incontestable. Maximilien n’aurait pas eu les fonds à allouer à une telle installation. Et en matière de scientifiques, aucun des siens n’aurait pu rivaliser en termes de prestige avec Henri Auguste. Le petit parvenu avait su faire bon usage de ce que sa mère lui avait laissé, il fallait bien le reconnaître. Il faudrait rester méfiant jusqu’au bout.
Une vingtaine de minutes après, un sbire vint frapper à la porte de la chambre, apportant le repas. Celui-ci était bon, sans être particulièrement raffiné. Sans doute ce que l’on pouvait faire de mieux dans les cuisines de la Rocket sur l’île. De ce côté-là, au moins, son organisation avait l’avantage. A cette pensée, le visage de Maximilien se décrispa un peu, laissant apparaître un rictus au coin de ses lèvres.
Je règne sur Hoenn parce que j’ai un bon cuisinier, pensa le chef de la Team Magma en mangeant.
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[spoiler= Chapitre 12: Les Goel's carmins]Le voyage était loin d’être confortable. A l’arrière du camion de tête bringuebalant sur la route 6 mal entretenue, les lieutenants de la team rocket étaient assis en silence. Il n’y avait pas de fenêtre à travers laquelle regarder, aussi la plupart d’entre eux fixaient le sol devant eux. Certains semblaient en train de dormir. Certains d’entre eux arboraient sur l’un des pans de leur uniforme le double cercle doré de la division Alpha de la Team rocket. La force personnelle du Commandant Morgane, elle-même assise à côté du conducteur du camion. Les autres lieutenants portaient leur uniforme noir conventionnel, les yeux masqués par la visière de leur casquette rabaissée. Parmi eux était assise Sandra, dans un coin. Elle était pensive. Les deux sbires qu’elle avait chargés d’écarter son frère avaient été retrouvés en état de choc, visiblement incapable de la moindre pensée complexe. Bien entendu, son frère n’avait pas pu être responsable de ça, pas plus que son ami. Elle s’était attendue à des représailles de la part de la championne de Safrania, mais Morgane n’avait même pas demandé à lui parler. C’était plutôt incompréhensible. De toute évidence, cette affaire avait précipité le départ de la Team pour Carmin sur Mer, mais personne n’en semblait troublé ou même étonné. On l’avait juste informée qu’elle recevrait la charge d’une autre unité de sbires pour remplacer celle-ci. Il n’y avait aucun doute que le Commandant était au courant du déroulement exact des évènements, elle savait que le frère de Sandra l’avait reconnue. Et pourtant, cela lui était apparemment parfaitement égal. Mieux, elle savait aussi sans doute qui était responsable de l’état des deux sbires, mais elle ne l’avait ni empêché d’agir, ni neutralisé. En tout cas, si elle l’avait fait, ça avait été avec la plus grande vitesse et la plus grande discrétion.
Les idées de Sandra étaient troublées. Depuis qu’elle était sous les ordres de la Maîtresse des Psys, elle prenait l’habitude de penser de la manière la plus confuse possible, sautant d’une pensée à l’autre sans logique. Elle supposait bien que c’était inutile pour tromper l’a toute puissance de Morgane, mais elle ne pouvait pas se résoudre à penser clairement en sa présence, par une espèce de pudeur. Tout au plus, elle se rendait compte qu’elle avait de la peine pour son frère. Il était jeune, et il avait subi des choses incroyablement difficiles en très peu de temps. C’était un prix qu’il payait lui pour ce qu’elle faisait elle. Ce n’était pas juste. Mais il ne pouvait en être autrement. S’il restait en dehors de tout, il pourrait encore vivre tranquillement.
Cette pensée fugitive fut rapidement écartée par une autre. Plus dure. La venue de Peter avait été une épine dans le pied considérable. Peut-être aurait-elle du s’assurer qu’il ne viendrait plus jamais lui poser problème, de la même manière qu’elle avait disposé de son père.
Elle n’avait plus vraiment le choix. Si ils se recroisaient, elle devrait faire le nécessaire pour qu’il ne devienne plus une gêne. Jusqu’où devrait-elle descendre pour accomplir ses objectifs ? A cela elle ne voulait pas penser. La mission qui l’attendait était déjà plus intéressante que de jouer les surveillants d’arène. Il était rare que toute une division de la Team Rocket se déplace, avec les scientifiques et les forces spéciales. De toute évidence, il y avait un plan d’envergure qui se dessinait. Giovanni était déjà parti dans son hélicoptère personnel, un véhicule dernier cri qui avait dû coûter une fortune à la Team.Le Major Bob, son pilote habituel, étant au même moment à Cramois-île, c’était un des membres de sa garde qui pilotait la luxueuse machine.
Dans la matinée, Sandra avait épluché l’organigramme de la Team qu’un des sbires lui avait fourni à sa demande, agrémenté de commentaires officieux à propos de la hiérarchie, qui sans doute avaient le plus de valeur.
La hiérarchie au sein de la Rocket était très stricte dans l’ensemble, cependant à certains endroits elle semblait se chevaucher ou se recouper. La seule chose absolument indubitable était la position de chef qu’occupait Giovanni. Toutes les décisions et toutes les manettes aboutissaient finalement entre les mains, malgré la relative liberté donnée aux plus hauts gradés. En dessous, les quatre Commandants Rocket étaient placés en théorie sur un pied d’égalité, chacun œuvrant dans son domaine avec ses propres moyens. Mais ils étaient de facto très inégalement placés. Le Major Bob, qui avait gardé son grade et son surnom de l’armée mais était en théorie le Commandant Robert, dirigeait la force paramilitaire la plus développée de la Rocket. Dans toute autre organisation de ce type, on aurait pu appeler ça un gang. Mais les hommes de Bolt étaient entraînés avec sérieux, ils étaient disciplinés et efficaces comme une vraie armée. Malgré l’importance de ce poste pour que la Team puisse exercer tranquillement ses activités en jouant les gros bras, Bolt disposait d’assez peu d’autorité sur les autres structures de la Team. Il passait pour l’homme de main entièrement dévoué à son chef. Peut-être était-ce dû en partie à l’impression d’efficacité militaire sans grande intelligence qu’il dégageait. Mais il était très certainement plus malin qu’il n’y paraissait, et en tout cas parfaitement adapté et satisfait à son poste, également sur le plan physique : c’était un véritable géant, musculeux et puissant.
Le professeur Auguste, chef de la division scientifique, était un autre des Commandants de la Team. Son rôle était également essentiel pour la bonne marche des opérations et des projets, et l’équipe scientifique dont il avait la tête était le groupe le plus richement doté de la Team Rocket. Il passait pour être un ami personnel de Giovanni, dont il avait bien connu la mère. Sandra ne l’avait pas encore rencontré, mais elle avait déjà entendu parler du personnage comme une des sommités du monde scientifique. D’après ce qu’elle avait pu comprendre, Auguste passait également pour être l’un des plus courtois et sympathique Commandants, apprécié et respecté de ses subordonnés. C’était suffisamment rare pour être remarqué, même si le Major Bob avait également des moments d’affabilité. Cependant, son autorité en dehors de l’équipe scientifique était aussi plutôt limitée, et il devait la plupart du temps taire son avis face aux autres Commandants en cas de litige ou de décision sensible.
Probablement le plus influents des Commandants, Koga dirigeait l’équipe de renseignement de la Team Rocket. Un espion sans scrupule, retors, lâche s’il le fallait. Très doué dans ce qu’il faisait. C’était lui qui était la plupart du temps chargé des opérations les plus obscures de la Team Rocket, allant de l’espionnage industriel à l’assassinat. Il était au courant de tout, partout, tout le temps, par le biais de son équipe de taupes infiltrées dans tous les organismes un tant soit peu importants de Kanto. Sandra l’ignorait, mais il avait dirigé l’opération d’espionnage de la Team Magma qui avait amené Maximilien, son chef, à collaborer avec Giovanni. Si rien n’était un secret pour lui, tout ce qu’il faisait était un secret pour tous, à l’exception du Boss. Il passait également pour extrêmement arriviste, tentant autant que possible de se ménager un poste de bras droit aux côtés de Giovanni, en dominant les autres Commandants. Il était cordialement méprisé par tous, comme une espèce de cancrelat malveillant que personne ne voulait croiser, mais que l’on était bien obligé de tolérer.
Morgane, la dernière et de loin la plus jeune des Commandants, paraissait avoir une bien plus faible importance que les autres. Hormis le petit nombre des individus qu’elle avait dans son unité personnelle, elle était aussi chargée de superviser le gros des sbires de la Rocket, pour les opérations courantes. Presque systématiquement, elle était envoyée sur le terrain. Son rôle était théoriquement d’entraîner les nouveaux arrivants, ce qu’elle déléguait la plupart du temps, sauf quand une envie malsaine de martyriser un bleu lui prenait. « Comme moi », avait pensé Sandra. La plupart du temps, lors des réunions des Commandants, elle ne s’exprimait pas, laissant les trois autres, ou plus exactement le Major Bob et Koga, débattre sans fin. Pourtant, Sandra ne s’y trompait pas : elle était certaine que là où Koga était détesté, Auguste apprécié et Bob respecté, Morgane était invariablement crainte. Elle passait pour instable et lunatique, ce qui avait sans aucun doute contribué à la limitation de ses attributions au sein de la Team.
En dessous de ces quatre dirigeants, la hiérarchie devenait impersonnelle, répartie entre lieutenants et dirigeants de groupes, les admins, dont la seule différence était le nombre d’individus qu’ils commandaient. Sous leurs ordres, la masse des Sbires, scientifiques, pilotes, chauffeurs, ouvriers et autres employés de la Team. Une masse probablement très étendue et nombreuse, fréquemment renouvelée. A cela il fallait encore ajouter les individus directement reliés à la Team sans en faire partie, les fonctionnaires corrompus, les sociétés peu regardantes sur les sources de leurs financements, les prête noms.
La Team Rocket était un véritable état dans l’état à Kanto, et ce n’était pas, loin s’en fallait, une démocratie.
Au bout d’un certain temps, la route se fit plus régulière. Morgane prit alors la parole, à sa manière, s’introduisant dans l’esprit de Sandra. De toute évidence, elle s’adressait à l’ensemble des membres de la Team de cette manière-là, ce qui lui permettait également de communiquer directement avec les autres camions.
Nous n’allons pas tarder à arriver à Carmin sur Mer. Préparez-vous, le navire doit être prêt à partir d’ici le plus vite possible. Les membres de l’Alpha se rassembleront pour diriger les équipes sur le pont, les autres lieutenants restent à terre pour superviser le déchargement des camions.
L’intrusive présence se retira, et un soulagement impalpable fut furtivement perceptible à l’arrière du camion. A part les hommes de son unité qui devaient y être habitués, aucun Rocket n’appréciait le viol de ses pensées.
Quelques minutes plus tard, le convoi s’immobilisait dans le port de Carmin sur Mer. Rapidement, les portes furent ouvertes, et malgré le relatif éblouissement du soleil et les courbatures du voyage inconfortable, les Rocket se mirent en mouvement. Le navire de la Team Rocket était un porte conteneur de taille moyenne emprunté à une entreprise satellite, suffisamment grand toutefois pour que les camions puissent-être chargés directement à l’intérieur, ce qui cependant ne serait pas fait. Sandra supputait qu’ils devaient être encore utiles ailleurs à Kanto pour qu’il soit nécessaire de les décharger et de les laisser sur place. Les Lieutenants de l’Alpha prirent la tête d’une partie des sbires et montèrent sur le navire, tandis que les officiers conventionnels se regroupaient devant les forces restantes, en rang discipliné pour attendre les ordres. Sandra, en tant qu’admin, n’avait à sa charge qu’un maximum de trois sbires, qu’elle avait par ailleurs déjà vus dans la base de Safrania. Elle leur fit sèchement signe de la suivre. Les truands se détachèrent du groupe et lui emboitèrent le pas. Tous trois étaient plutôt jeunes, sans doute des recrues récentes comme elle. Ils manquaient probablement d’expérience, mais ils savaient apparemment respecter les ordres, ce qui suffisait à Sandra.
Bon, nous avons le camion 9 à l’arrière de la cale du navire. Il s’agit de matériel fragile, hors de question que la moindre caisse soit esquintée. Toi, va chercher un chariot élévateur, dit-elle en désignant un sbire, qui se mit aussitôt en mouvement.
Oui, Admin Sandra.
Vous deux, vous allez préparer les caisses dans le camion.
Les Rocket opinèrent du chef.
A peine étaient-ils arrivés à Carmin sur Mer que le port était en effervescence. Les uniformes noirs de la Team s’affairaient en tous sens, dans un bruit de moteurs, de câbles et de raclement de caisses. Des ordres criés à haute voix fusaient çà et là.
Le chariot élévateur arriva, trop lentement au goût de Sandra. Les trois sbires se mirent à la tâche sans entrain, déplaçant les caisses d'un air démotivé. Agacée par leur lenteur, Sandra porta la main à l’une des Pokéballs à sa ceinture. On lui avait remise avant le départ pour accélérer le mouvement.
Elle fit apparaître un puissant Machopeur, qui, comme si il n’avait jamais fait autre chose, entreprit de déplacer les caisses dès qu’il les vit, une dans chaque main, du camion au chariot élévateur, poussant sans ménagement les deux sbires penauds à l'intérieur du camion. Sandra s’abstint de tout commentaire, seul lui importait pour le moment que le travail ingrat soit abattu en vitesse. Les Pokémons dressés par la Team Rocket comme outils de travail étaient particulièrement efficaces et dociles, il fallait le reconnaître.
Sur le pont, l’agitation était au moins aussi grande, tandis que d’autres Lieutenants faisaient appels à leurs Pokémons pour pallier le manque de grues de chargement. Les Alpha n’utilisaient pas de Machopeurs, mais des Kadabras télékinésistes qui faisaient léviter les caisses avec précision jusqu’à l’emplacement qui leur était dévolu dans la cale, où ils étaient réceptionnés et amarrés par les sbires.
Entre deux chargements, Sandra regardait le port. C’était la première fois qu’elle voyait la mer, même si la crique reculée de Carmin sur Mer, par ailleurs assez polluée, était loin de l’image qu’elle se faisait du grand océan. Il y avait bien une odeur de mer puissante, mais elle était dominée par une encore plus forte odeur de gasoil. Au moins, le temps était bien meilleur qu’à Safrania, et c'était tout de même son premier contact avec l'étendue marine.
A l’opposé du port utilitaire, elle pouvait distinguer les mats des bateaux du port de plaisance, très réputé à Carmin sur Mer, entre lesquels serpentait un ponton de bois. De nombreux pêcheurs amateurs y laissaient trainer leurs lignes, sans doute dans l’espoir de pêcher quelque Magicarpe joufflu qui ferait leur fierté. En amont, comme sur une espèce de falaise (la marée était basse), se tenait l’arène de la ville surmontée d’un vieux phare éteint depuis longtemps, couvert de fientes de Goélises qui l’avaient choisi comme nid. Le port industriel était d’ailleurs littéralement envahi par ces Pokémons oiseaux maigrelets aux ailes en forme de marque-page, à cause des chalutiers qui venaient y décharger leur précieuse manne. Si l’activité des Rocket avait été moins bruyante, tous auraient eu le loisir de se faire agresser les oreilles par le cri perçant des Goélises.
Sandra reporta son attention sur le déchargement du camion numéro 9, qui était bien avancé. Le Machopeur travaillait avec entrain, tandis que les Rocket, qui ne voulaient pas être en reste, donnaient au moins l’impression de faire de leur mieux. C'était l'avantage des nouvelles recrues, qui étaient aussi promptes à se démotiver pour les tâches ingrates qu'à les accomplir avec zèle quand elles risquaient d'être humiliées. Certains camions étaient toutefois déjà déchargés, et leurs équipes désormais occupées sur le pont. Il ne fallait donc pas perdre de temps.
Deux heures après l’arrivée des Rocket à Carmin sur Mer, le navire appareillait. Une unité était restée sur place pour reconduire les camions à Safrania.
Le bateau tanguait légèrement, au fur et à mesure qu’il s’éloignait de la baie carmine. Depuis le pont, on pouvait entendre le ronflement régulier du puissant moteur. Une pause générale avait été accordée aux hommes, la plupart épuisés par le rythme soutenu qui leur avait été imposé. Sans doute s’agissait-il d’une modalité fixée à l’avance lors de la planification de l’opération, Sandra imaginant mal le Commandant Morgane prendre d’elle-même ce genre de décision. Le spectacle de la mer l’avait vite lassée, aussi était-elle allée se reposer dans le quartier des officiers du navire, traversant le pont supérieur pour entrer dans le château, la tour de contrôle contenant la cabine du porte-conteneur. C’était une salle commune assez peu éclairée par les hublots donnant sur l’extérieur et une série de plafonniers de faible intensité, dominant d'un étage le pont. On trouvait quelques canapés rustiques, ainsi que deux grands bureaux de travail. La plupart des lieutenants y attendaient, dans une relative oisiveté, entre lectures de rapports et de liste d'ordres, et sieste. Un des admins de l’Alpha était en train de s’occuper de son Kadabra. Il jetait une balle en caoutchouc en l’air, que le Kadabra devait intercepter par télékynésie.
Sandra le considéra d’un air soupçonneux. Rien n’interdisait un membre de la team de prendre soin de son Pokémon, c’était même encouragé, mais la plupart des rockets considéraient leurs Pokémons comme des outils interchangeables, surtout ceux qui leurs étaient fournis pour les nécessités d’une mission. Sans parler du fait que la plupart d’entre eux étaient volés, et n’étaient donc que peu disposés à apprécier leur nouveau dresseur.
Y-avait-il quelque chose de différent pour ce Kadabra ou cet admin ? Sandra s’approcha de lui.
Un problème avec ce Pokémon, admin ?
L’Alpha se retourna, attrapant la balle en vol, sous le regard un peu courroucé du Kadabra qui s'était concentré pour l'intercepter.
Ce Kadabra est particulièrement faible, admin. J’ai voulu l’utiliser sur le pont pour aider à décharger, mais il n’était pas fichu de bouger la moindre caisse. J’ai cru au début que c’était de la mauvaise volonté de sa part, mais pour des petits objets, il y arrive, quoique avec peine. Je voulais comprendre pourquoi.
N’est-ce pas une perte de temps ? Si ce Pokémon est faible, demandez à en changer. De toute façon, vous en serez débarrassés dès notre arrivée.
On voit bien que vous manquez d’expérience. Il faut pallier les faiblesses de ses alliés pour pouvoir aller de l’avant.
Piquée, Sandra répondit un peu plus sèchement.
Je ne sais pas si vous êtes en mesure de juger de mon expérience, mais en tout cas, votre raisonnement me parait invalide dans la mesure où ce Pokémon ne vous appartient pas, admin.
Justement, il appartient à la Team. Si je peux le rendre utile, nous en bénéficieront tous. Ce n’est pas compliqué à comprendre.
Je maintiens que vous seriez plus utiles à mettre votre temps à disposition de la Team plutôt qu'à vous occuper d'un mauvais cheval remplaçable.
Une troisième voix se fit entendre. Ou plutôt percevoir. Morgane.
Ne soyez pas bornée, admin Sandra. Les apparences sont trompeuses, et de tout évidence vous ont trompée vous. Vous n’avez pas saisi ce que l’on vous disait par « vous manquez d’expérience ».
Les deux admins se retournèrent vers l’entrée de la salle. Le Commandant se tenait dans l’encadrement de la porte. Elle fit léviter la Ball du Kadabra de la ceinture du membre de l’Alpha jusqu’à elle. Le Kadabra se tourna vers la nouvelle venue d'un air enjoué.
Ce Kadabra m’appartient. Il a toujours du plaisir à participer aux opérations. Malheureusement, ses capacités sont bornées s’il n’est pas en présence d’individus suffisamment sensibles.
L’admin Alpha mit immédiatement un genou à terre.
Excusez-moi, Commandant, j’étais dans l’ignorance !
Tout beau, admin Lepold. Vous avez bien traité ce Pokémon, malgré sa faiblesse. Je suppose que votre collègue n’en aurait pas fait autant. Jusqu’où serez-vous une déception, admin Sandra ?
Sandra se concentra pour penser sur un ton mielleux.
Sauf votre respect, Commandant, si vos Pokémons sont trop talentueux pour que nous puissions les contrôler, je ne comprends pas pourquoi vous les mettez à notre disposition.
Votre insolence se calmera, admin Sandra. Je peux comprendre le dépit des vaincus, mais votre position vous oblige à plus de considération. Soyez reconnaissante que je ne vous en tienne pas rigueur, c’est la deuxième fleur que je vous fais en deux jours. Mais je n’aurai pas éternellement la patience de tolérer cette espèce d’insubordination de nouvelle venue fière.
Sandra sentit alors qu’une force irrépressible la contraignait à se baisser. Elle mit elle aussi un genou à terre, le visage tourné vers le sol. Elle s’entendit alors dire, à voix haute et claire, devant les autres lieutenants :
Oui, mon Commandant ! Mes excuses, cela ne se reproduira plus !
Elle pouvait sentir le regard satisfait et moqueur de Morgane, et elle tempêtait intérieurement. Il n’y avait aucun moyen de faire face, elle agissait en dépit d’elle-même. Quand elle put de nouveau se mouvoir librement, le Commandant avait disparu de l’entrée, emportant le Kadabra avec elle. L’admin Lepold s’était assis à un bureau et détournait les yeux. Les autres lieutenants la regardaient d’un air gêné. Combien de temps était-elle restée agenouillée ? Sandra serra les dents et remonta sur le pont, frustrée et honteuse. Le vent marin frais de l'extérieur la fit frissonner. Elle se mit à marcher entre les conteneurs et les cales.
Elle avisa un emplacement vide dans l'une d'elles, et y descendit. Il y faisait sombre, fairs et même humide, mais il n’y avait personne. Sandra sentait que la solitude était nécessaire pour un moment. Elle ne comprenait pas ce qui l'avait poussée à se mêler des affaires de cet admin, en plus pour lui dire des choses qu'elles n'avait pas pensé une seconde. Elle devait être à cran. Elle fit sortir son Draco de sa Ball. Elle ne l’avait plus appelé depuis la défaite sordide à Safrania, la veille.
Le dragon s’éploya avec satisfaction. Il fit quelques tours dans la cale, comme pour se dégourdir, puis il s’arrêta devant Sandra et fixa sa dresseuse, réprobateur.
Désolée, Draco. Je n’avais pas prévu que ça se passerait comme ça. C’était désagréable pour nous deux, crois-moi. Mais il faut en passer par là, d’une manière ou d’une autre. J’espère que tu ne m’en veux pas trop.
Elle tendit la main vers la tête du serpent bleu, qui se mit à son niveau pour recevoir sa caresse.
Draco pardonnait. Il connaissait sa dresseuse depuis si longtemps. Leurs peines étaient communes, comme leurs joies. Sandra était une dresseuse exigeante, mais lui était un Pokémon exigeant.
Il aurait aimé savoir ce qui motivait Sandra, depuis quelques temps. Malgré leur complicité et leur proximité, il ne parvenait pas à comprendre ce qu’elle cherchait à atteindre, son but. Tout ce qu’elle avait fait ces derniers jours était une énigme pour le dragon. En allié fidèle, il n’avait changé en rien son comportement, mais il se sentait inquiété. Sandra enlaça son Pokémon, qui se lova autour d’elle. Elle avait besoin de repos, de ne penser à rien. Par chance, son unité n’était pas mobilisée pour la traversée, elle n’avait rien d’urgent à faire avant la fin de la traversée. Elle restait simplement assise sur le sol froid de la cale, son Pokémon contre elle la réchauffant.
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[spoiler= Chapitre 13: Jadielle la lointaine]Arrivés à Argenta dans l’après-midi, ils se remirent rapidement en route en direction de Jadielle, dernière ville avant le plateau Indigo. Le temps c’était considérablement éclairci depuis qu’ils avaient quitté Safrania. Argenta était une ville ancienne enclavée entre le Mont Sélénite et la forêt de Jade, ce qui aurait pu en faire, à l’instar d’Ebenelle, une bourgade repliée sur elle-même et isolée. Ce n’était pourtant pas le cas. La ville jouissait de l’attractivité touristique du Mont, et son musée de fossiles très complet attirait beaucoup de curieux. La ville avait su profiter de son environnement pas forcément favorable pour se développer, sans cependant dépasser la taille d’un grand village montagnard.
La population d’Argenta était aussi très mobile, les natifs éprouvant souvent au bout d’un certain temps l’envie de sortir de leur retraite, voir le soleil se lever et se coucher sans qu'une imposante montagne ou une forêt touffue ne les en empêche. Il fallait tout de même dire que la bourgade ne se distinguait pas par sa beauté, et c'était sans doute une autre chose qui motivaient les citoyens d'Argenta à la quitter. La plupart des maisons anciennes étaient délabrées, quand elles n’étaient pas simplement remplacées par des habitations sans grand intérêt. Seule la roche semblait vraiment à l'honneur dans la ville, sculptée, domptée, asservie comme le meilleur support de l'urbanisme. Il n'était pas rare de trouver des galets polis en guise de plancher dans les maisons d'Argenta, et la tradition subsistait curieusement même dans les bâtiments à étages, pour peu qu'ils soient un peu plus luxueux que les autres.
Pour les trois compagnons de voyage, la ville était avant tout l’une des dernières étapes. Restait encore Jadielle.
Peter, Minidraco sur son épaule, marchait aux côtés de son ami, quelques pas derrière le champion Rochard. La sortie sud de la ville était en vue. Le champion s’arrêta devant un panneau d’indication, et se tourna vers les deux jeunes.
Bon, nous voilà à l’entrée de la forêt de Jade. Il y a deux chemins différents pour la traverser, l’un, plus long, étant destiné aux individus sans pokémons ou non désireux de combattre. L’autre est un chemin de forêt très apprécié des dresseurs débutants, mais également infesté de Pokémons sauvages, notamment des Insectes. Je vais pour ma part prendre le chemin balisé, ni les dresseurs ni les pokémons de cette forêt ne sont à mon niveau, et j’aimerais autant garder mes bottes propres. Vous deux, par contre, je vous suggère de passer par le chemin de forêt. Autant faire en sorte que vous tiriez parti de nos déplacements, non ?
Les deux amis opinèrent.
Ce n’est pas tout. Les Pokémons insectes connaissent souvent de redoutables attaques de statut, et je pense que ça ne serait pas très agréable pour vous de finir cette promenade sylvestre en courant de toute vos jambes vers la sortie parce que votre Pokémon est empoisonné. Aussi, voilà pour vous un antidote et deux anti-para. Bien sûr, dit-il en se tournant vers son fils, avec Terhal, tu n’auras jamais besoin que des anti-para.
Il sortit de son sac trois petites bouteilles colorées, jaunes et orange, qu’il tendit à Pierre et à Peter.
Oh, et ce n’est pas tout. Je vous ai aussi pris trois Pokéballs vides chacun. Comme ça, si vous croisez un Pokémon intéressant, vous pourrez aussi essayer de le capturer.
Pierre lui répondit sur un ton surpris.
Mais, monsieur Rochard, nous n’avons jamais capturé de Pokémons nous même ! N’est-ce pas un peu compliqué ?
Rochard lui sourit
Oh, ne t’en fais pas, c’est bien plus simple que ça en a l’air. Et puis, je suis sûr que tu connais les bases de la capture, même si tu n’as pas encore pratiqué.
Oui, j’ai lu le livre du Professeur Chen là-dessus…
Bon, ben alors on y va, Peter ! le pressa Pierre. Tu m’expliqueras ça en route, sinon on ne sera jamais arrivés à Jadielle.
Bon, OK, j’arrive. Et, merci beaucoup, monsieur Rochard !
Mais de rien. Je vous attends de l’autre côté. Essayez d’être arrivés avant la nuit.
Ils se séparèrent, Pierre et Peter pénétrèrent dans la forêt de Jade.
Leur première constatation fut que la forêt en question était sombre. Le feuillage dense empêchait une bonne partie de la lumière du soleil d’arriver jusqu’au sol. La végétation était touffue et dense, et il était difficile de suivre la mince découpe dans la verdure qui faisait office de sentier. Il se dégageait de la forêt un parfum mélangé de pinède et de forêt tropicale, auquel s’ajoutait la fragrance de quelques fleurs de sous-bois. Il n’y faisait pourtant pas plus chaud qu’en dehors. La forêt regorgeait de vie, c’était l’une des premières choses que l’on pouvait constater. Que ce soit les milliers de bruits de Pokémons, des cris d’insectes au couinement des rongeurs et au chant des oiseaux, ou encore les mouvements subtils et fugitifs dans les fougères et les branches. Pierre ne put retenir un soupir d’admiration :
Wouah, elle en jette, la forêt. Ca à l’air profond.
J’espère qu’on ne va pas se paumer si l’on quitte le sentier, parce que je n’ai aucune idée de comment on retrouvera notre chemin dans ce labyrinthe.
Mais n’empêche, tu es d’accord avec moi, cette forêt est…
Verte.
VERTE ? C’est tout ce que ça te fais ?
Tu m’as mal compris. Le vert de la forêt de Jade, c’est le vert tel qu’il est dans sa forme la plus pure. C’est un vert entre le végétal et l’animal, tout ce qu’il y a de plus vivant. Un vert profond, mais en même temps rafraichissant.
Bon, ok, toi aussi tu aimes bien. Allons-y.
Minidraco, tu ouvres la voie, nous te suivons.
Le petit serpent descendit de l’épaule de son dresseur jusque dans les hautes herbes, et commença à y avancer, suivi de Pierre et Peter. Il semblait apprécier la verdure et le contact de l’herbe, sans doute dépaysé (le sol aride et caillouteux d’Ebenelle était bien évidemment d’un autre ordre que la mousse douce qui tapissait la forêt). A peine eurent-ils fait quelques pas qu’un Chenipan surgit des hautes herbes, traversant à toute vitesse pour trouver un abri.
Tu as vu ça ?
Ouais, c’était un gros Chenipan. On essaye de le suivre ? Répondit Peter.
Bah, tu parles… Rien n’est aussi faible qu’un Chenipan… Continuons plutôt, on trouvera sans doute plus intéressant.
Cependant, le faible Chenipan, perturbé, ne l’entendait pas de cette oreille. Aussi sortit-il des fourrés comme un missile, chargeant Minidraco. Le dragon esquiva sans difficulté, et d’un dracochoc dédaigneux envoya la chenille s’assommer contre un arbre.
Bon, voilà qui est fait, fit Pierre. J’espère que l’on va pouvoir avancer un peu plus sans être interrompus à chaque fois par des insectes kamikazes…
C’est sûr.
Mais la forêt de Jade, fidèle à sa réputation d’abondance, ne leur laissa aucun répit. Chaque buisson semblait grouiller de Pokémons prêts à l’attaque. Chenipans tout d’abord, mais aussi Aspicots venimeux, Coconforts et Chrysacier qui se croyaient inébranlables. Si les deux amis furent vite lassés de ces innombrables interruptions, Minidraco semblait lui s’en donner à cœur joie, grillant chenilles et chrysalides de ses dracochoc. Une demi-heure après leur départ, il leur semblait avoir fait bien peu de chemin.
Je comprends pourquoi ton père nous a dit « d’essayer d’être là avant la nuit ». A ce rythme-là on sera arrivés la semaine prochaine, dit Peter, tandis que Minidraco clouait un Aspicot au sol par les dards. Dit, pour qu’on avance un peu plus vite, envoie Terhal. Comme ça, on pourra continuer à avancer quand un sauvage nous tombera dessus.
Bonne idée, on aurait dû commencer par ça, répondit Pierre en sortant Terhal de sa Pokéball. Terhal, suis Minidraco !
La coopération leur permit d’accélérer un peu leur avancée, quoique le nombre de Pokémons sauvages semblait paradoxalement augmenter avec le nombre de ceux qui étaient défaits. Le sentier tournait et retournait en tous sens, passant entre les rangées d’arbres se chevauchant presque tellement ils étaient proches. Ils finirent cependant par gagner une trouée dans la végétation, d’où bifurquaient plusieurs sentiers similaires au leur. A l’entrée de l’un d’eux, se trouvait un panneau indiquant Jadielle. A côté du panneau, un groupe de jeunes garçons était assis sur le sol, discutant tranquillement autour d’une partie de cartes. Pierre et Peter s’approchèrent d’eux.
Ils se tournèrent comme un seul homme.
Non, c’est pas vrai, je rêve ! Des promeneurs ! Dit l’un.
Et moi qui disais qu’on allait bêtement passer toute la journée à attendre pour rien… dit un autre, visiblement en train de se faire plumer.
Peter les aborda :
Euh, Hello, vous savez si c’est le chemin le plus court pour aller à Jadielle ? On vient de se farcir une brouette de combats de Pokémons, et on aimerait autant éviter de dormir ici…
Aucun doute, le chemin avec le panneau est le plus court. Il est mieux entretenu que les autres, du coup les Pokémons évitent de le traverser pour ne pas se retrouver à découvert. Par contre, je dois dire que ce n’est pas de bol, parce que nous, on est là pour garder l’entrée du sentier. Nous sommes des dresseurs de Pokémon insectes ! Si vous voulez aller à Jadielle par la voie rapide, il faudra nous battre d’abord. Et je vous préviens, les autres sentiers sont VRAIMENT longs.
Bon, Pierre, je crois qu’on n’a pas trop le choix, il va falloir montrer à ces scouts ce que l’on vaut.
Bien parlé. Nous sommes six, c’est-à-dire que vous allez affronter trois d’entre nous chacun, si vous gagnez, bien sûr. Vous pourrez utiliser des objets de soin entre deux combats. Les règles vous conviennent comme ça ?
C’est parti ! Peter, je prends les deux grands et le rouquin, tu t’occupes du gros, du perdant aux cartes et du frimeur.
Comment tu oses me traiter de gros ? Je vais montrer à ton tas de ferraille abstrait ce que c’est qu’un combat Pokémon, dit le scout un peu gras, saisissant sa Pokéball.
Bon, on dirait que celui-là est pour toi. Je m’occupe du roux.
Les quatre dresseurs marchèrent jusqu’au centre de la petite clairière, d’où tombait la lumière comme en un puis concentré.
Ok, voyons voir comment tu te débrouilles face à un Pokémon évolué, lança le roux à Peter. Chrysacier, en avant !
Minidraco, tu es prêt ? Pas trop lassé de devoir plier des chenilles ?
De son côté, le gros avait fait appel à un Paras.
Ey, Peter, j’ai jamais vu ce truc. Tu crois que c’est fort ?
Nan, ne t’inquiète pas, c’est un insecte des montagnes. Fait quand même attention à ne pas être endormi ou paralysé, ce Pokémon est un sac de spores.
Ok, merci.
Bon, alors, on peut commencer ? s’impatienta le gros, encore vexé.
Le match fut rapide. Malgré sa bonne résistance physique, Chrysacier ne parvenait pas à encaisser les attaques fulgurantes de Minidraco, et se trouvait en outre bien trop lent pour contre-attaquer. Le roux pesta, rappela son Pokémon et envoya un Chenipan à sa suite, qui, bien que considérablement plus puissant et rapide que les sauvages, ne fut en aucun cas source d’inquiétude pour Peter et Minidraco. De son côté, une attaque bélier bien ajustée de Terhal eut raison de Paras, même s’il subit au passage le déluge de spores paralysantes du Pokémon Tochukaso.
Il semblerait que nous ayons gagné la première manche, dit Pierre en soignant la paralysie de Terhal. Notre dernier combat a bien entraîné nos pokémons, Peter !
-C’est sûr, mais je me méfie quand même. Après autant de combats, Minidraco commence à fatiguer.
Bon, c’est notre tour, fit le frimeur (celui qui leur avait adressé la parole en premier) , faisant signe à l’un des grands. Vous ne vous êtes pas laissés surprendre ni par des pokémons évolués ni par des pokémons peu communs. Maintenant, testons un peu votre endurance !
A ces mots, dans un bel effort de synchronisation, les deux nouveaux scouts jetèrent leurs Pokéballs. En sortirent deux Aspicots.
Ce n’est pas vraiment ça qui va relever le niveau, railla Peter. Amuses-toi bien, Minidraco.
Le combat fut cette fois considérablement plus corsé pour Minidraco, cependant. Le scout n’avait pas en effet un seul Aspicot, mais bien six, tous dressés dans le but d’être extrêmement véloces. Le même schéma était opposé à Pierre, qui lui n’était aucunement dérangé par les attaques poison de ses adversaires et gagna sans encombre, bien que plus lentement. Une des esquives de Minidraco ne fut pas assez rapide, et il fut blessé par l’un des dards empoisonné d’un des Aspicots. Peter se sentit mal d’avoir ainsi présumé de ses forces, d’autant plus que son Pokémon tentait de garder une allure sereine, bien que touché. Une fois le combat terminé, il administra l’antidote à Minidraco.
Bon, Minidraco, il va falloir être prudent pour le dernier match. Tu as déjà fait énormément pour aujourd’hui.
Le dragon lui répondit par un regard déterminé, mais dans lequel la fatigue commençait à poindre.
Prêts pour le dernier match ? demanda le deuxième grand scout. Maintenant, vous êtes bien fatigués, et nous allons vous achever.
Dépêchez-vous de perdre, nous devons être à Jadielle aussi tôt que possible.
Le perdant aux cartes regarda Peter sans rien dire, sortant sa Pokéball de sa poche en s’approchant à son tour de la zone de combat.
Allez !
Le deuxième grand lança sa Pokéball, dont sortit un petit Pikachu, à la surprise de Peter et Pierre. Mais la surprise fut plus grande encore quand le perdant aux cartes invoqua sa propre créature. Un magnifique Dardargnan se matérialisa. Le Pokémon guêpe éploya ses ailes, s’envolant au-dessus des arbres avant de replonger en piqué dans la clairière.
Mince, Peter, un Dardargnan ! Fais attention. C’est un stade final d’évolution, il doit être fort !
Je sais, figure-toi. Minidraco, prend garde à ses dards, tu auras du mal à encaisser ses attaques directes ! Et toi, Pierre, fais attention à Pikachu : il peut encore te paralyser, mais surtout ses attaques ne sont pas aussi inefficaces contre Terhal que celles des insectes.
Ok, je note.
Le grand ordonna à son Pikachu d’utiliser une cage-éclair, ruinant en un instant la mobilité de Terhal. De son côté, Dardargnan assenait une attaque double-dard à Minidraco, qui contrait du mieux qu’il pouvait.
Je hais cette attaque, pesta Pierre en voyant son Pokémon immobilisé et incapable de répliquer aux attaques de harcèlement du Pikachu.
On dirait que vous allez sortir de la forêt de Jade par la petite porte, vous deux, se moqua le grand.
Dardargnan, esquive, dit calmement le perdant aux cartes, anticipant le dracochoc de Minidraco, qui frôla la guêpe.
Peter réfléchissait à toute vitesse. Il fallait trouver un moyen de neutraliser l’adversaire aussi vite que possible, Minidraco ne pouvait pas tenter de gagner à l’usure alors qu’un dard-venin menaçait à chaque instant. Terhal put finalement se libérer de l’emprise de la cage éclair un instant, se laissant tomber de toute sa hauteur sur le Pikachu, qui, surpris, n’esquiva pas, et se retrouva coincé sous le Pokémon de fer bleuté.
Pas mal, on pourrait presque appeler ça un plaquage, Terhal ! Maintenant qu’il est immobilisé, Choc Mental !
Pikachu, attaque éclair ! Il faut te sortir de là !
Peter comprit alors comment vaincre Dardargnan, alors en train de cribler de coup un Minidraco de plus en plus amoindri.
Minidraco, Tu dois tirer parti de la vitesse de Dardargnan ! Sa précision n’est pas son point fort !
Le dresseur de Dardargnan répliqua sur une voix plate.
Dardargnan, cloues le dragon avec dard-nuée.
L’insecte fondit sur Minidraco en un instant. Les dards acérés sabrèrent l’air à quelques centimètres de Minidraco qui s’était plaqué au sol. Le serpent se releva d’un bond, atteignant Dardargnan au thorax avec le dur joyau de sa tête. La guêpe, surprise, fit jaillir son terrible dard abdominal balafrant le corps de Minidraco qui roula sur le sol.
Ton pokémon est empoisonné…
Minidraco tremblait, vacillant. La toxine du dard de son adversaire faisait rapidement effet.
Minidraco… Je sais, Minidraco, attaque Dracochoc ! Fit Peter en pointant Dardargnan du doigt. Le dragon le regarda d’un air perplexe, et commença à charger son attaque
Dardargnan, esquive !
Pierre n’en revenait pas : Peter venait de donner un ordre direct à Minidraco ! De son côté, le combat ressemblait à une bagarre d’infirmes, Pikachu coincé sous le corps massif de Terhal lâchant par vagues des torrents d’éclairs.
De son côté, Minidraco finissait de charger son attaque. Dardargnan, préparé, attendait le moment d’esquiver. Un flash éblouissant jaillis de Minidraco, immédiatement suivi par l’esquive de Dardargnan. Quelle ne fut pas sa surprise et celle de son dresseur quand il fut percuté de plein fouet par le dragon venant de son dos, s’écrasant au sol où ses dards se plantèrent profondément.
Quoi ? Mais ce n’est pas un dracochoc ? firent les scouts, médusés.
Non, certes pas, répondis Peter d’un air triomphant. Minidraco et moi ne combattons pas par les ordres d’attaques, mais en nous adaptant à chaque situation. Ce que je lui demande ne passe pas par la voix, nous nous comprenons. Cette attaque était une attaque reflet, à ce que je peux en juger… Minidraco a su tirer parti de la précipitation de Dardargnan. Mais observez, vous n’êtes peut-être pas totalement floués…
En effet, alors que Dardargnan se démenait pour se sortir du sol, Minidraco préparait son attaque suivante. Ce fut un dracochoc en bonne et due forme, fauchant la guêpe prisonnière comme un fêtu.
Minidraco, empoisonné et sur le point de s’effondrer, avait gagné.
Pierre, tu termines ce Pikachu ? fit Peter, inquiet pour son dragon, à court d’antidotes.
Ouais, une minute, répondit Pierre, ordonnant à son Terhal de réitérer son choc mental.
La partie finit à l’usure par le forfait du Pikachu en train d’étouffer sous le poids de son adversaire, ce qui prit nettement plus d’une minute néanmoins.
Le frimeur, qui semblait parler au nom des autres, fut bien obligé de reconnaître qu’ils avaient trouvés leur maître.
Vous-êtes libre de passer. Vous êtes vraiment coriaces. Si vous vous pressez un peu, vous devriez arriver à temps avant la nuit.
Bon, merci. On doit se dépêcher, Pierre, Minidraco tient à peine debout !
Le dragon était effondré sur le sol, son dresseur fut obligé de le prendre dans ses bras.
Hep, un instant, fit le dresseur du Dardargnan.
Il s’approcha de Minidraco, et lui fit croquer dans une baie. Quelques instants après, Minidraco sembla s’apaiser un peu.
Qu’est-ce que c’est ? fit Peter, méfiant.
Une baie Pêcha. C’est un bon antidote. On peut en trouver en cherchant bien dans cette forêt. Ton pokémon ferait mieux de ne pas combattre d’ici à ce que vous atteignez le centre pokémon, mais sinon, il ne souffrira plus du poison.
Ah… Merci. Mais vous, vous n’allez pas faire soigner vos propres Pokémon ?
Non, nous avons des rappels et des potions ici, ce serait dommage de partir si un autre dresseur arrive.
Au revoir, alors. Peut-être pour une revanche ? Fit Pierre, serrant la main du dresseur au Pikachu.
Avec plaisir, si vous repassez dans le coin.
Les deux amis prirent congé des dresseurs et s’enfoncèrent à nouveau dans la forêt, la lumière déclinant de plus en plus. Mais les scouts avaient dit vrai. Ils arrivèrent rapidement à la sortie, et ce sans être harcelés par les pokémons sauvages. En dehors, ils trouvèrent une route de terre en pente douce, large et bordée de verdure. Un panneau indiquait Jadielle. Ils empruntèrent la route, au terme de laquelle ils arrivèrent enfin, alors que le soleil commençait à se coucher, dans la ville de Jade, dernière étape avant le plateau indigo. Ville qui avait d’ailleurs tout d’un simple village, plutôt délabré de plus, dont la seule attraction avait été une arène fermée depuis que le champion, un vieux voyageur, était tombé malade et ne quittais plus son lit. Malgré cela, les parterres de fleurs qui l’entouraient et l’architecture désuète mais charmante laissaient à l’endroit un certain cachet. Le champion Rochard les attendait dans le centre pokémon, lisant un livre sur un des fauteuils de la salle d’attente. Il fut peu étonné de les voir entrer précipitamment et ne pas le remarquer tandis qu’ils déposaient leurs pokémons à une infirmière de toute évidence fatiguée et plutôt mauvaisement surprise d’avoir un patient à traiter à cette heure.
Quelques minutes après, ils quittaient le centre pour aller dîner dans un petit restaurant auberge de Jadielle, dans lequel ils allaient passer la nuit. Le plateau Indigo attendrait le lendemain.
Vous aviez raison, monsieur Rochard, fit Peter alors qu’ils dégustaient un Poussifeu de ferme rôti à sa propre braise, spécialité de Hoenn qui avait été importée à Jadielle par l’ancien champion d’arène, la forêt de Jade était vraiment un entrainement intense. Nous sommes tombés sur des dresseurs plutôt coriaces... Ils avaient un Dardargnan. Je comprends pourquoi vous avez choisi l’autre chemin.
Et un Pikachu increvable, ajouta Pierre. Sans parler de la légion de pokémons sauvages qui n’ont jamais arrêté de nous tomber dessus.
La forêt est vraiment comme dans mes souvenirs… Pour sûr, j’éviterais d’y remettre les pieds. il faut être jeune et patient pour tolérer le Chenipan susceptible des heures durant. Répondit Rochard, amusé. Vous devez être plutôt lessivés, il me semble.
Les enfants répondirent en hochant la tête, retournant leur attention vers leur plat.
Bon, demain matin, nous serons au plateau Indigo. Prenez des forces tous les deux, Peter tu vas en avoir besoin, car nous nous séparons là-bas, et Pierre pour le voyage du retour. A propos, Peter, est-ce que vous avez capturé d’autres pokémons ?
Euh, non, pourquoi ?
Minidraco a beau être un bon Pokémon, tu auras beaucoup de mal si tu dois te reposer uniquement sur lui. Je pense même que c’est absolument impossible. Il faudra que nous nous assurions demain que tu aies d’autres pokémons sur lesquels compter.
Mais comment en choisir un autre ? Nous nous sommes choisis mutuellement, Minidraco et moi, c’est pour ça que nous pouvons combattre !
Je n’en doute pas. Mais j’ai déjà ma petite idée. On en reparlera demain. Pierre, ce sera aussi une bonne occasion pour toi.
Ah ? Moi, je trouve que je m’en sors bien avec Terhal. Mais c’est sûr qu’il faut sans doute plus de pokémons pour être un vrai dresseur.
Ce qui importe, répondit Rochard entre deux bouchées, c’est la manière dont vous traitez vos Pokémons. Un Pokémon faible peut devenir excellent s’il est très bien traité. N’oubliez pas non plus qu’un Pokémon peut être très puissant, mais que si vous le traitez mal, vous ne serez jamais sûr de pouvoir compter sur lui, car lui ne peut pas compter sur vous. C’est très important. Les gens qui vous ont attaqués à Safrania n’en tiennent pas compte. Cela finira par leur retomber sur le dos.
Peter posa sa fourchette, la mine maussade.
Ma sœur a toujours bien traité ses pokémons. Qu’est-ce qu’elle a à voir avec ces types ? On peut bien traiter ses pokémons et ne rien être de plus qu’un assassin.
Rochard soupira.
Je suis désolé, Peter, mais c’est aussi quelque chose qui m’échappe. Je veux croire que Sandra est quelqu’un de bien qui s’est égaré. Peut-être se retrouvera-t-elle. Je ne peux pas te le dire à l’heure qu’il est, mais je l’espère.
Quoi qu’il en soit, ce qu’elle a fait ne sera pas impuni, dit Peter, les yeux vagues, la main crispée sur sa fourchette. Jamais.
Minidraco savourait sa part avec délices, gouttant le moment de tranquillité après la longue et laborieuse journée. Pierre regardait son ami du coin de l’œil, peiné de le voir ainsi. Le dîner se termina silencieusement.
[/spoiler]
Le chapitre 14 est en page trois!
ervan27 - 1 décembre 2012 à 15:45
GG :winner:
VanderCronch - 1 décembre 2012 à 22:11
OMG un lecteur!
:wtf:
Avant que tu ne repartes pour ne jamais revenir, tu pourrais me dire ce que tu as aimé, ce que tu n'as pas aimé? Les chapitres forts, ceux qui sont en mousse?
Chapitre 11 en fin de semaine prochaine, si tout va bien!
fandepokemon18 - 2 décembre 2012 à 16:17
Donc ce n'est pas si anormal d'être un peu paumé! Mais je ne peux pas vraiment changer ça...
Peut-être aurait tu pu créer une liste des personnages principaux en tant que introduction.
Mais c'est pas bien grave vue que le chapitre 2 m'a aidé à retrouver chaque personnage.
Je vais m'attaquer au chapitre 3 là, j'y vais par petit bout ^^.
VanderCronch - 2 décembre 2012 à 17:48
Prend ton temps. J'ai pensé aussi à un lexique des personnages, mais je veux me laisser une marge d'adaptation de leurs personnalités. Je n'ai pas envie de les figer dans un moule. Je pensais que le fait que tout le monde les connaisse grâce aux jeux suffiraient à éviter les confusions...
Je suis très curieux d'avoir tes retours au fur et à mesure que tu avanceras.
fandepokemon18 - 3 décembre 2012 à 18:40
Non mais de toute façon c'est compréhensible, après, moi, ça fait longtemps que je n'ai pas rejoué à OAC / HG / SS, donc je suis un peu perdu pour les persos, mais sinon je reconnais la ville ^^
Je n'ai pas encore lu en entier le chapitre 3, j'ai pas beaucoup de temps à moi, j'ai simplement relu les deux premiers chapitres, je compte le lire ce soir ainsi que le chapitre 4 avec.
En tout cas, c'est vraiment du très haut niveau. :tibia:
VanderCronch - 4 décembre 2012 à 14:42
Ce n'est pas encore du très haut niveau, loin de là. En relisant mes premiers chapitres, je me suis rendu compte que j'avançais trop vite pour le scénario que j'ai en tête. Il faut s'attendre à des chapitres plus posés à partir du 9/10. Mais ils seront aussi plus travaillés, et je pense meilleurs.
A ce propos, je dois reprendre le 11, il sera donc peut-être un peu plus long à sortir. J'espère que l'histoire te plaira autant à lire qu'elle me plait à écrire et à imaginer!
fandepokemon18 - 4 décembre 2012 à 15:30
J'espère que l'histoire te plaira autant à lire qu'elle me plait à écrire et à imaginer!
Quelle belle phrase viens tu de sortir là :tibia:
J'ai fais un peu pareil pour mon histoire figure toi; j'ai été trop rapide au début, et après je suis rentré un peu plus dans les détails.
Bon, je reviens à ta fic :
Je viens de finir les chapitres 3 et 4, j'ai vraiment aimé la fin du 3[sup]ème[/sup], on voit un réel bouleversement, autant je trouvais ton histoire très palpitante avant, autant je la trouve encore mieux à ce stade; l'élèment pertubateur est vraiment très accentué :orly:
[spoiler]Surtout juste après l'épisode du centre Pokemon, qui donnait une vague de joie, réconfort ect ...[/spoiler]
Voilà mon avis, pas celui d'un connaisseur, mais chacun à le droit de dire ce qu'il pense
Par contre juste une question: pourquoi le chapitre 2 à deux titres ?
VanderCronch - 4 décembre 2012 à 19:43
Merci encore de ta lecture attentive, ça fait très plaisir. Le double titre du chapitre 2 était en fait dans mon brouillon; je m'étais décidé de scinder l'histoire en deux parties distinctes. Puis, j'ai réalisé que continuer avec les références aviaires pour les titres ne m'amènerait pas très loin. Mais comme le titre me plaisait comme ça, je l'ai gardé. Rien de plus...
fandepokemon18 - 5 décembre 2012 à 13:27
Mais de rien.
Je compte lire le 5 cet après-midi, ou ce soir.
VanderCronch - 6 décembre 2012 à 21:22
Le chapitre 11 est disponible! Je l'ai mis dans l'Edit de la seconde page avec le chapitre 10. Viel Spaß!
fandepokemon18 - 9 décembre 2012 à 13:37
J'ai imprimé le Chapitre 5, mais je ne l'aie pas encore lu.
Juste une petite remarque sur celui ci : pourquoi n'a t-il pas plusieurs paragraphes ?
Erreur informatique ? Tu a zappé ? Ou alors c'est fait exprès ?
VanderCronch - 9 décembre 2012 à 21:24
Je crois que mon world a zappé un ou deux passages de lignes. Je vais essayer de les replacer, merci pour la remarque.
EDIT: done
fandepokemon18 - 13 décembre 2012 à 18:27
J'ai finis le chapitre 5, juste quelques très rares passages confus, sinon j'ai plutôt bien aimé
Je vais lire la suite ce soir si je peux.
VanderCronch - 13 décembre 2012 à 22:24
Je verrai si je peux commencer le chapitre 12 d'ici la fin de la semaine.
fandepokemon18 - 15 décembre 2012 à 11:43
Le chapitre 6 est un peu plus long que les autres, mais super plaisant à lire.
EDIT : Rien qu'un petit point d'orthographe, moi même, j'écris très mal, alors je vais m'abstenir des rares petites fautes d'orthographes (souvent de frappe) présentes, juste dire que Pokémon est un nom propre, il porte donc la majuscule, et est invariable (tu l'accordes en nombre toi "pokémons". Mais je le vois souvent sans la majuscule, donc c'est pas bien grave, cela reste tout de même bon à savoir. ^^
VanderCronch - 16 décembre 2012 à 20:25
Content d'apprendre que le chapitre 6 t'a plu. Avoir un lecteur attentif est quelque chose de très appréciable. Je suis actuellement un peu en peine avec le chapitre 12, je ne sais pas exactement quand je pourrais le sortir... A propos, les derniers chapitres sont plus longs que les précédents en général.
Pour le mot Pokémon, je suis en hésitation constante. Spontanément, j'ajoute le pluriel, bien que ce soit effectivement faux. Je vais essayer de faire attention à le conserver comme nom propre, sinon c'est vrai qu'il y a un souci de cohérence. Merci d'avoir attiré mon attention là dessus.
EDIT: chapitre 12 en bonne voie!
fandepokemon18 - 17 décembre 2012 à 18:32
De rien.
Evidemment, plus de détails = chapitres plus longs.
Je vais essayer de lire le chapitre 7 d'ici peu de temps, malgré un petit souci de cartouche d'encre (ma foi, je peux toujours le lire sur place).
VanderCronch - 21 décembre 2012 à 15:26
Le Chapitre 12 est disponible! J'ai décidé de mettre au pluriel Pokémon en Pokémons, ça me dérange trop quand j'écris sinon. Même si ce n'est pas correct, navré.
@ Grimm: Tu as lu le 7?
fandepokemon18 - 21 décembre 2012 à 18:25
J'ai décidé de mettre au pluriel Pokémon en Pokémons
Je pense que de toute façon, vue que tu l'as déjà mis au pluriel auparavant, c'est pas gênant du tout.
@ Grimm: Tu as lu le 7?
Honnêtement, pas encore.
Je le lis ce soir.
VanderCronch - 22 décembre 2012 à 03:09
Prends ton temps, j'ai de quoi faire avec les autres chapitres aussi. Par contre, le chapitre 13 aura peut-être du retard, je n'aurai pas forcément beaucoup de temps pendant les vacances.
fandepokemon18 - 23 décembre 2012 à 16:53
J'ai lus le 7, pas mal, j'aime l'intrigue qu'il y a sur Safrania ^^
Il manque juste des morceaux de mots à des endroits, ça peut géner la lecture parfois :
Ey, Terhal, ne m'en veut pas trop.
Hey, Terhal, ne m'en veut pas trop.*
[...] quand Terhal chut sur le sol [...]
quand Terhal chuta sur le sol*
Et il y a un endroit où j'ai eu du mal à retrouver à qui appartient la réplique :
Ton père ne s'est pas moqué de nous. L'ambiance de cette ville est vraiment mauvaise. Vivement demain que l'on s'en aille.
C'est le fait que la réplique précédente appartienne aussi à Peter.
Après, si j'aurais été plus attentif, j'aurais peut-être put deviner de quel père parle t-on.
VanderCronch - 25 décembre 2012 à 20:29
Hem, pour le mot Ey, comme il s'agit d'une onomatopée, je ne sais pas si il y a une graphie bien définie. Mais c'est vrai qu'avec un H, ça passe mieux. Cependant, "chut" n'est pas une erreur, mais le passé simple du verbe choir.
Quand à la réplique, elle est bien de Peter s'adressant à Pierre, parlant de ce que le champion Rochard (le père de Pierre) a dit à propos de la ville. Je vais reformuler dans le texte si ça manque de clarté.
En tout cas, merci Grimm d'avoir gardé cette vigilance méticuleuse!
Le chapitre 13 est en cours d'écriture et sera peut-être fini cette semaine! Bonne lecture quoi qu'il en soit, à Grimm comme à ceux qui lisent mais ne parlent pas (laissez moi croire qu'il y en a).
fandepokemon18 - 26 décembre 2012 à 14:23
Au temps pour moi pour le mot "chut".
Ey, c'est bien ce que je pensais aussi, mais je le vois plus souvent avec un H que sans.
Je vais essayer de prendre le temps pour le prochain chapitre, même si j'ai été un peu gâté en livre pour nowel :baffan:
VanderCronch - 26 décembre 2012 à 15:14
J'ai quand même changé Ey en Hey, ça passe mieux quoi que je puisse dire. Bonne lecture en tout cas, que ce soient tes livres ou la fic.
fandepokemon18 - 10 janvier 2013 à 18:52
2 semaines sans nouvelles.
En panne d'inspiration ? Ou pas assez de temps pour toi ?
En tout cas, je vais imprimer le chapitre 8.
J'essayerai de le lire ce soir.
VanderCronch - 12 janvier 2013 à 17:40
Désolé pour le blanc, mais j'ai eu beaucoup à faire pendant les vacances, notamment paresser et glandouiller. Mais le nouveau chapitre 13 est bouclé! Curieux d'avoir ton avis sur le 8; que d'ailleurs je te conseille de lire avec le 9 dans la foulée. Je vais essayer de commencer le chapitre 14 avant mercredi.
fandepokemon18 - 16 janvier 2013 à 14:14
J'ai lu le 8, je lirais le 9 dans la soirée.
Gardons un peu de suspens, car à la fin du chapitre 8, y en quand même beaucoup :tibia:
J'ai vraiment aimé le 8, j'ai l'impression que c'est encore mieux qu'avant ^^
Juste un peu court peut-être.
VanderCronch - 17 janvier 2013 à 19:10
Ne t'en fais pas, les chapitres font par la suite en moyenne deux pages de plus. Je n'ai pas commencé le 14 cette semaine, honte à moi... Mais je vais essayer de réparer ça pendant le week end, si ma préparation d'examens me le permet.
Allez, j'ai commencé le 14!
VanderCronch - 22 janvier 2013 à 20:25
J'ai relu les chapitres 12 et 13, et j'ai eu l'impression que j'avais cédé aux sirènes de l'abattage. Je vais les retravailler, ils manquent de finitions. Je cède aussi aux sirènes du double-post, chose que j'avais toujours voulu éviter...
VanderCronch - 26 janvier 2013 à 01:05
Le** chapitre 14** est disponible! J'ai eu beaucoup de plaisir à l'écrire... J'espère que vous en aurez à le lire! Le troisième post avec les chapitres, c'est ici. Les autres sont surchargés.
[spoiler= Chapitre 14: Le deal, revu et corrigé par la Rocket]Pour le moment, aucune entourloupe à l’horizon. C’est avec ce constat rassurant que Maximilien avait commencé sa première journée à Cramois-île. Un Rocket l’avait conduit jusqu’à une bibliothèque en début de matinée, l’informant que le professeur Auguste le rejoindrait dès que les résultats de l’expérience de la nuit passée seraient compilés. Est-ce que quelqu’un d’autre que lui avait donc dormi dans ce manoir ?
La bibliothèque avait conservé son style original, protégeant les ouvrages qu’elle recelait de son bois massif et sombre, ainsi que d’un grillage noir aux courbes élégantes. Mais les livres qu’elle gardait n’avaient que peu à voir avec les lectures du soir d’un aristocrate Cramoisîlien. Des rayons de revues scientifiques, de feuillets de recherche, de livres d’érudits sur toutes les branches possibles de la science avaient remplacé les humanités de cette pièce. L’agitation du manoir semblait un peu retombée dans cette pièce, bien qu’un nombre considérable de scientifiques y soient affairés, derrière des tables de travail de mauvaise facture apportées avec le matériel des expériences, des monceaux de feuilles de recherche sous les yeux, ensevelis presque sous les volumes bien nommés. Tous cherchaient là un chiffre, une loi, une propriété qui aurait pu avoir un sens dans leur calcul, ou encore une information topographique ou géographique obscure que seul un relevé obscur pourrait contenir. De son côté, le chef de la team Plasma avait pu s’asseoir sur l’un des deux fauteuils confortables de la pièce, près de la fenêtre d’où tombait une clarté matinale. On lui avait apporté un café, noir et fort comme il avait demandé. Maximilien voulait à tout prix avoir l’esprit aussi clair que possible, il se sentait toujours en territoire ennemi (le Rocket qui lui avait servi de mauvaise grâce son café le lui rappelait). Il appréciait moyennement de devoir ainsi attendre l’arrivée de quelqu’un que la hiérarchie plaçait en dessous de Giovanni qu’il voulait considérer son égal.
Mais il ne pouvait se départir du respect que lui inspirait Henri Auguste, sans doute le scientifique le plus réputé de Kanto à Sinnoh, ne cédant qu’au Professeur Chen et à ses ouvrages de vulgarisation pour dresseurs débutants la palme de la popularité. Auguste n’était pas vieux, mais il avait déjà collectionné les succès dans des disciplines aussi pointues que variées, et semblait déplacer l’histoire vers une nouvelle dimension à chaque projet qu’il menait à bien. N’avait-il pas été l’un des scientifiques phares de la Sylphe Sarl, la mère des Pokéball ? Maximilien comprenait mal quel sombre motif avait pu pousser Auguste à travailler pour une organisation plus que douteuse comme la team Rocket. Sans doute était-il comme nombre de ses confrères un ambitieux sans repentir, que Giovanni avait séduit avec les ponts d’or et de moyens qu’il avait pu lui faire miroiter que jamais une entreprise honnête n’aurait pu se permettre. Peut-être aussi lui avait-on forcé la main, ce qui ne serait pas surprenant.
Maximilien fut interrompu dans ses réflexions par le professeur lui-même, qui s’approchait de lui de son pas pressé, une fois de plus un épais dossier callé sous le bras.
Ah, Monsieur Maximilien, Bonjour ! J’espère que je ne vous ai pas trop fait attendre. Il semble bien que cette expérience ait fait tout son possible pour retarder notre discussion, j’en suis navré. Avez-vous bien dormi ?
Bonjour, Professeur, je vais bien, merci. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je souhaiterais que nous rentrions aussi vite que possible dans le vif du sujet. Vous avez fait des recherches sur l’Orbe Bleu, ou tout du moins, vos équipes sont parvenues à le localiser. C’est ce qui m’intéresse, et la seule chose qui m’intéresse.
Bien entendu, bien entendu. J’ai avec moi le dossier concernant précisément ces recherches, Monsieur Giovanni m’avait informé de votre intérêt pour elles. Sachez que ça n’a pas été une tâche facile, et que, bien plus amusant, c’est un pur hasard que ces recherches aient amené ce résultat.
Maximilien considéra son interlocuteur, cherchant à le sonder. Jusqu’où avait-il droit de savoir, que lui révèlerait Giovanni, que lui cacherait-il ? Auguste, malgré ses manières affables était tout sauf insouciant, et si tout allait de soi avec lui, c’était vraisemblablement parce qu’il savait s’y prendre pour tourner les choses de telles sortent qu’elles aient l’air ainsi.
Avant que je m’y plonge moi-même, professeur, pourriez-vous me parler du déroulement desdites recherche ?
Mais avec plaisir ! Comme vous ne l’ignorez pas, nous sommes en cours de recherche sur un lien entre la faune de Hoenn et celui de Kanto, à l’époque où l’île était encore rattachée au continent. Le passé géologique et biologique de Kanto est très varié, au contraire de celui de Hoenn plutôt restreint du fait de son caractère insulaire, sauf en des zones bien spécifiques. A Kanto, le nombre de sites géologiques encore préservés correspondant à l’époque de la séparation de Hoenn est très faible, et nous manquons particulièrement de fossiles, si on fait exception des littoraux et de quelques grottes concernant d’autres périodes. En fait, le seul site intéressant est l’archipel Ecumes, à quelques heures d’ici par la mer. Peut-être s’est-il formé pendant le déplacement d’Hoenn. En tout cas, nous espérions y trouve un indice de la source de foisonnement biologique initiée à Hoenn puis émigrée à Kanto, où elle s’est diluée.
Je ne vois pas très bien quel rapport il peut y avoir avec l’Orbe, pour le moment. De toute évidence, c’est un objet créé par l’homme, et il n’y avait pas encore d’hommes vivant à cette époque, ni sur Hoenn ni sur Kanto. A moins d’y avoir été amené après ce qui fait pour moi peu de sens.
J’y viens. Les îles Ecumes ont toujours été considérées par les navigateurs comme l’antichambre du continent. Il fut un temps où la baie naturelle qu’elles constituent était le port de repos pour un nombre considérable d’aventuriers, de pirates, de marchands. Avec le développement de Carmin sur Mer il y a six siècles et l’effondrement provoqué par l’émergence du volcan de Cramois’ île cent ans plus tard, engendrant une terrible ceinture de récifs, l’archipel Ecumes a été très vite déserté. Saviez-vous d’ailleurs qu’il s’appelle aujourd’hui l’Archipel Ecumes, car les rochers à fleur d’eau coupaient toujours la houle, entourant sa silhouette d’écume blanche ?
J’ai dû entendre cette histoire, il y a longtemps. Mais, je vous en prie, continuez.
Il y a à Hoenn une très vieille famille de marins, les Aragon, qui à l’époque étaient chargé par le royaume de Kanjoh de transporter la famille royale par la mer. Il faut savoir qu’en ce temps, les navires d’Aragon étaient les plus rapides de la flotte. Ce n’étaient pas pour rien qu’ils avaient le privilège de la sécurité du roi et des siens. Leur nom doit vous dire quelque chose ?
Bien sûr. Ils ont toujours un certain prestige à Hoenn. Des marins dracologues, comme les sages d’Ebenelle.
Ceux-là même. Eh bien, avant de s’installer à Hoenn, les nobles Aragon étaient établis sur l’Archipel Ecumes, parmi les seuls résidents permanents. Ils avaient un petit château familial dans lequel ils stockaient le fruit de leur commerce, quand ils n’étaient pas en train de faire la navette pour sa majesté. Bien sûr, ce château a lui aussi sombré lors de l’effondrement de l’archipel.
Attendez. Vous insinuez que les Aragon ont obtenu l’Orbe bleu de leur commerce et l’ont entreposé comme une vulgaire camelote dans leur pied à terre marin ?
Nullement. En fait, très honnêtement rien ne nous laisse penser qu’ils ont eu l’Orbe en leur possession. Par contre, ce qui est très intéressant, c’est ce qui s’est passé pendant la chute du Royaume.
Il y a six cents ans, ou quelque chose comme ça ?
Précisément. Quand la guerre avec nos voisins du Nord a éclaté, et que très rapidement Kanjoh s’est trouvé en situation d’échec militaire total, la famille royale a voulu prendre la fuite. Peu de gens le savent encore, mais les seuls à être restés fidèles au royaume à cette époque étaient les marins et les pêcheurs, reconnaissants de la politique de mise en valeur amorcée par le roi.
La politique du don de la mer. A Hoenn, c’est toujours d’actualité…
Les seuls nobles sur lesquels le roi pouvait compter étaient les Aragon. Ils lui ont permis de passer à Hoenn. A cette époque, l’île était surtout connue comme la forteresse du royaume, et la guerre ne s’est pas poursuivie là-bas. Le roi a abdiqué, et Kanjoh a changé de maître. Mais s’il a abdiqué dans les faits, il n’a jamais renoncé à l’idée de reprendre son territoire. En tant que seigneur des temples, il avait accès à tous les artefacts religieux des temps anciens. Et comme n’importe qui à cette époque, il connaissait sur le bout des doigts la légende des Continents et de l’Océan.
Maximilien releva l’attitude mystérieuse d’Auguste, et sembla la balayer d’un revers de main, comme pour signifier qu’il n’était pas impressionné.
Il voulait réveiller les Pokémons légendaires pour gagner sa guerre. Cela aussi, je le savais déjà. Mais l’Orbe avait disparu du Temple, et son plan a échoué. Il y a de belles fresques à Hoenn sur cette histoire. Personne n’a su où l’Orbe avait disparu, ni même quand il avait disparu du temple, et encore moins qui était le responsable.
Et bien, nous pouvons déjà répondre à deux de ces questions.
Le visage de Maximilien exprima cette fois sans équivoque la surprise qui le traversait. Auguste restait impassible, mais il pouvait être fier de son effet.
Qui, allez-vous demander ? La fille du roi. Elle était une des rares personne qui à l’époque savait ce que faisait son père et avait accès aux reliques des temples de Hoenn. Vous comprenez donc également quand ça s’est passé. Elle a pris le roide vitesse. C’est «comment », qui est vraiment intéressant, et cela vous dira aussi pourquoi nous le savons. Elle a demandé au noble Aragon de l’amener à Atalanopolis, où l’Orbe était stocké. Seul lui pouvait l’amener assez vite pour qu’elle soit sûre d’arriver avant les ordres éventuels du roi dans l’île Origine, Atalanopolis la Sacrée, comme on l’appelait. Dans le même temps, Aragon avait reçu presque la même mission du roi, et c’est seulement une fois que la situation lui fut exposée par la fille de celui-ci qu’il s’est décidé à l’aider elle, prétextant une avarie pour faire patienter son souverain. Une action particulièrement risquée qui aurait pu les conduire elle et lui à l’échafaud, et la famille Aragon à la disgrâce. Les temps n’étaient pas tendres.
Mais ils avaient compris que réveiller un Pokémon légendaire était tout sauf une bonne idée, et ils voulaient éviter de laisser se déchaîner le chaos à cause de la folie revancharde du roi. La dauphine a donc récupéré l’Orbe dans le temple Atalanople, et l’a caché à un endroit où le roi ne pourrait pas le trouver. Il ne devait pas y avoir beaucoup de monde dans la confidence, mais il y avait en tout cas Aragon. Peut-être y avait-il une histoire entre lui et la fille du roi qui dépassait ces intrigues politiques, mais toujours est-il qu’elle lui fit don d’une quantité d’or considérable en remerciement.
Or qui fut stocké aux îles Ecumes, je suppose.
Et qui y fut pillé allègrement quand l’archipel s’effondra. SI personne ne savait d’où venait ce trésor, personne n’ignorait son existence.
Je ne vois toujours pas en quoi vous pouvez savoir où est l’Orbe, fit Maximilien agacé.
Aragon n’a pas reçu que de l’or de la fille du roi, c’est certain. Alors qu’il vivait en sécurité à Hoenn, il est allé stocker ce trésor sur cet archipel éloigné et proche du territoire ennemi, dont l’existence ne fut rapidement un secret pour personne, comme je vous l’ai dit. Absurde ! L’or était un leurre. Ce que la famille Aragon devait cacher, c’était la position de l’Orbe, la préserver jusqu’à la mort du roi et de nouveaux temps. L’Orbe avait une grande signification religieuse, et la fille du roi ne pouvait pas se permettre de s’en débarrasser définitivement. Il devait retourner au culte de Hoenn. Ils ont donc mis au point cette supercherie, pour tromper les assaillants éventuels qui viendraient uniquement pour l’or, et qui laisseraient la place déserte et sans intérêt. Il n’y a pas plus décourageant que les endroits vidés par des gens qui ont les mêmes intentions que vous. Mais l’Orbe n’a jamais retrouvé sa position initiale, car la fille du roi a été emportée par une maladie quelques années après, avant la mort de son père. Il n’y avait donc plus d’accès au temple d’Atalanopolis pour Aragon, et il n’aurait jamais fait confiance à quiconque d’autre de la famille royale pour récupérer l’Orbe et le mettre en sûreté.
Mais enfin, comment savez-vous cela ? Qu’avez-vous trouvé, bon sang !, s’écria Maximilien, à fleur de peau. Auguste le toisa de haut comme s’il était un enfant capricieux, ce qui redoubla la colère du chef de la team Magma.
Nous avons fouillé le cœur de la grotte écume, dont nous voulions draguer le fond à la recherche de fossiles. Ce que nous avons trouvé, ce sont les restes du château Aragon, ruines qui ont été transportées ici par les rapides, et où elles stagnaient. Il y avait une dalle ouvragée qui servait à orner le caveau de la famille avant que celui-ci ne soit transféré à Hoenn. Comme elle était très épaisse, elle a survécu à tous ces siècles, préservée par une gangue de vase. Sur l’une des faces, on peut y voir la généalogie des Aragon jusqu’à celui qui a aidé la fille du roi à récupérer l’Orbe (il a été enterré aux îles Ecumes, conformément à son vœu, c’est son fils qui a choisi d’être inhumé à Hoenn). Sur l’autre face, qui donc n’avait pas été mise à découvert depuis sa mort, il y avait… une énigme.
Une énigme ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?
Jubilant intérieurement de voir l’impatience de son interlocuteur, Auguste se ménagea quelques secondes avant de répondre, sous l’œil courroucé de Maximilien.
Et bien, c’est encore difficile à dire, vu que nous ne l’avons pas encore résolue. Ce que nous savons, c’est qu’elle est bien reliée à la légende des Continents et des Océans. Elle porte les symboles religieux qui s’y rapportent en guise de cartouche, ainsi que les armoiries de la famille Royale, avec le sceau de la reine.
Il n’y avait pas de reine, à cette époque, la fille du roi est morte comme vous l’avez dit avant d’accéder au trône, et la reine sa mère avait été répudiée.
Je suis surpris de vos connaissances en histoire, Monsieur Maximilien, fit Auguste, vraiment enthousiaste. Nous avons aussi pensé à cela au début, mais des recherches sur les coutumes de l’ancien royaume nous ont appris que les armoiries de l’aînée dauphine étaient identiques à celle de la reine dans l’ancienne monarchie de Kanjoh, même si cela n’était pas pareil à Hoenn. Peut-être que c’était une nouvelle manière de brouiller les pistes ? Toujours est-il que nous sommes persuadés que la solution nous amènera à la position de l’Orbe. La fille du roi lui avait laissé cette énigme dont eux seuls connaissaient la solution, pour protéger l’Orbe. Le destin a mis un coup d’arrêt à leurs plans, faisant disparaître l’Orbe de la surface du monde pendant un demi-millénaire.
Mais vous n’avez pas encore pu déchiffrer l’énigme ?
Le regard d’Auguste se durcit imperceptiblement, alors qu’il se penchait en avant vers Maximilien, droit dans son fauteuil.
Je sais ce que vous pensez. Vous êtes ici parce qu’on vous y a un peu pressé, vous n’aviez pas exactement le choix des dates. Vous craignez qu’on vous ait fait venir pour du vent, et que nous n’ayons pas la moindre idée de ce qu’il en est de la position effective de l’Orbe. Oh, croyez-moi, je peux comprendre. Mais vous savez comment fonctionnent les choses, ici. Le dossier que vous avez entre-les mains ne vous apprendra rien de plus que ce que je vous ai dit. Il s’agit pour la plupart des références historiques puisées dans les archives, les musées, les ouvrages d’époque conservés, les légendes. Le reste est un résumé technique des fouilles de l’archipel, avec les différents rapports. Mais très probablement, ce n’est pas ce qu’il y a dedans qui vous intéresse, c’est ce qu’il manque. Autant vous le dire tout de suite. Il n’y a pas de photo de la dalle à énigme, et celle-ci a été replongée dans les profondeurs de la grotte Ecume. Les recherches faîtes par nos experts sur cette énigme ne sont pas rapportées non plus. Pour une raison que vous devez comprendre…
Le visage de Maximilien était désormais crispé à l’extrême, et le contraste avec la placidité de son interlocuteur était d’autant plus flagrant.
Giovanni veut me tenir le temps qu’il finit son boulot à Kanto. Je ne suis pas surpris, mais je ne vais pas laisser les choses comme elles sont, professeur. Je ne vais pas venir mendier vos bribes de fables en échange de ma passivité envers vos actions à Hoenn. Je veux du concret, tout de suite, où notre accord ne tient plus.
Evidemment. Voici ce qui va se passer. Nous vous fournirons régulièrement, une fois par mois, une quantité donnée d’informations que nous avons récupérées et des pistes sur ce que nous sommes en train d’obtenir. Vous pourrez transmettre ces informations à vos équipes, peut-être seront-elles plus rapides, et obtiendrez-vous vite ce que vous voulez. Considérez ceci comme un loyer que nous vous versons pour nos affaires à Hoenn. Si jamais, au cours d’un de ces mois, nous n’étions pas en mesure de vous fournir des informations vous convenant, nous vous dédommagerons grassement, et ce quotidiennement jusqu’à ce que nous trouvions une information valable. Des dispositions ont été prises en ce sens, nous avons contacté directement votre bras droit, Kelvin. Le montant précis pourra être discuté avec Monsieur Giovanni dès que vous le souhaiterez, par vidéoconférence.
Maximilien agrippait l’accoudoir du fauteuil comme si il voulait y planter des serres, l’œil enragé. Il parvint néanmoins à garder une voix calme.
Je ne suis pas très au fait des détails, mais il me semble que votre bras droit c’est montré très accommodant. Il sait que les enjeux sont importants pour tout le monde, et que vous vous trouvez dans une situation… délicate. Ne prenez pas ça comme une offense, nous nous contentons de protéger nos intérêts, tout en faisant de notre mieux pour qu’ils rencontrent les vôtres. Tout ce qui a un sens, c’est que vous soyez assez patient pour nous laisser terminer ce que nous sommes en train d’entreprendre, et pour cela nous n’avons pas d’autre choix que ce système un peu alambiqué. Mais vous obtiendrez ce que vous voulez, bien que je ne puisse pas encore vous dire si nous savons déjà comment y accéder ou non. Vous comprenez bien que nous sommes néanmoins suffisamment conscients de la qualité de nos informations, et que nous pouvons donc nous permettre d’envisager des dédommagements, si nous sommes persuadés qu’ils n’auront pas lieu d’être. De même, dès que nos affaires seront terminées à Hoenn, nous vous remettrons l’intégralité de ce que nous savons sur l’Orbe.
Maximilien fit un effort pour contenir sa colère. Il avait été doublé dès le début, il le savait, mais la manière était presque raffinée. Ce n’était pas un simple retournement de veste, c’était un pilotage habile qui plutôt que de le contraindre clairement, lui laissait toute liberté de se contraindre lui-même. Pas étonnant que Kelvin ait accepté les conditions, étant donné que son supérieur était seul en territoire Rocket. Mais il ne s’agissait pas d’une déclaration de guerre, et même si cela le dégoûtait, Maximilien savait que ses intérêts se trouvaient bien dans les fables que lui raconterait Auguste. Ce que Giovanni voulait, c’était avant tout du temps à Hoenn pour ses plans. Le temps fixerait les prix. Ce qu’il manquait le plus à Maximilien, c’étaient les informations. Si il pouvait savoir à quel point les rocket savaient quelque chose, il pourrait se débrouiller pour accélérer ou ralentir le mouvement à Hoenn. Bien sûr, si il était certain que les Rocket avaient découvert l’emplacement de l’Orbe, il aurait tout intérêt à leur faciliter la tâche au maximum à Hoenn, de manière à ce qu’ils finissent ce qu’ils voulaient faire et lui transmettent ce qu’ils savaient le plus tôt possible. L’autre possibilité était que les Rocket avaient une piste, mais qu’il fallait encore la creuser. Là, Maximilien aurait tout intérêt à ralentir l’entreprise des Rocket à Hoenn par un maximum d’inertie, pour profiter des équipes de recherche plus efficace de Kanto, obligées de travailler pour lui et de produire du résultat pour éviter les dédommagements. Mais Giovanni savait très bien à quoi s’attendre, et du coup, il le privait de l’information cruciale, qu’ont-ils découvert? Il était probable que Giovanni ne sache pas combien de temps il aurait besoin de passer à Hoenn, et il voulait avoir les mains libre pour fixer le calendrier. En distillant les informations au mois, il pouvait faire durer longtemps, rien qu’avec ce qu’Auguste lui avait déjà fait miroiter de rapports et de photos. Si la situation devenait pressante, ils pourraient même se permettre de payer quelques jours de dédommagement, ou encore de le retenir comme otage. Il n’avait pas de possibilité de contrer cette éventualité, étant donné qu’il avait accepté de recevoir les informations le concernant directement des mains d’Auguste dans les quartiers Rocket, en mains propres, imposant donc qu’il devait s’y trouver. Revenir sur le contrat n’était pas négociable. Il fallait donc se battre avec les armes à sa disposition, et ce finement.
Bien. Votre jeu est habile, je dois bien le reconnaître. Ce marché est retors et me désavantage clairement, même s’il semble au contraire presque une charité que me fait votre Boss. Tout ce que je vois, c’est que Giovanni doit avoir une excellente raison de s’intéresser aux fossiles de Hoenn. Mettons que ça attise aussi ma curiosité. Vous me mettrez donc aussi rapidement que possible en liaison avec Giovanni en ce qui concerne les dédommagements, et je me chargerai de relayer la conversation avec mes hommes à Hoenn. Dorénavant, j’interdis strictement que toute négociation entre nos deux organisations passe par quelqu’un d’autre que moi. Oh, et, à propos, professeur, me permettez-vous de vous demander pourquoi vous travaillez pour des truands comme Giovanni et moi ?
Serait-ce une demande de recrutement, Monsieur Maximilien ?, répondit Auguste sur un ton goguenard.
Simple curiosité.
J’aime les mystères, monsieur Maximilien, et celui-ci en est bien un !, répondit le scientifique, un air amusé sur le visage. Il me semble que je puis désormais vous laisser ce dossier, dont vous connaissez une bonne partie du contenu désormais. Je vais également retourner à mes travaux. Sentez-vous libre d’étudier la bibliothèque, il me semble que nous avons quelques volumes qui pourraient vous intéresser, ainsi que des cartes historiques. Je vais également faire en sorte que vous soyez mis en communication aussitôt que possible avec Monsieur Giovanni.
Merci beaucoup, professeur, répliqua Maximilien, sarcastique. Retournez donc à vos expériences, j’ai tout mon temps, apparemment.
Auguste se leva, posant le dossier sur la petite table, à côté de la tasse de café vide. Il fit un petit signe de salut, puis repartit de son pas pressé vers ses travaux, attrapant au passage la feuille qu’un homme en blouse blanche agitait en l’air avec insistance. Quand il eut quitté la pièce, Maximilien se renfonça dans le fauteuil, observant le va et viens devant le petit port d’attache des Rocket à travers la fenêtre. Il était sans cesse surpris par la multitude de gens qui semblaient être digne d’être engagés par Giovanni. Un des plus grands savants de son temps côtoyait des larbins sortis du plus infâme taudis, une jeune psychopathe aux capacités inhumaines formait les nouvelles recrues… Là, c’était un géant en uniforme noir qui avait attiré son attention, alors qu’il embarquait dans un esquif rapide vers le continent avec d’autres sbires vêtus comme lui. L’uniforme était de toute évidence mal coupé pour sa taille, par trop serré, ce qui était plutôt rare pour un vêtement conçu pour s’adapter à toutes les morphologies. De loin, le contraste de leurs tailles était presque ridiculement exagéré. Décidément, Giovanni avait une notion bien différente de la sienne du recrutement. Qui viendrait, après ? Un des hommes-nains bigleux en blouse blanche de la bibliothèque ? Un ninja fou aux ordres de Koga ? Ou encore ce petit salopard de Giovanni lui-même, bien trop malin pour son allure de fouine ? Pas d’entourloupe en ce début de journée, hein ? pensa le chef de la team Magma, alors qu’il sifflait un sbire pour une autre tasse de café et qu’il avait l’impression d’y voir moins clair que jamais.
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fandepokemon18 - 2 février 2013 à 16:28
Excuse moi, je n'ai guère eu de temps pour moi ces temps ci pour lire et commenter ta fic.
Mais je ne l'ai pas oubliée pour autant, et je viens donc avant hier soir de finir le chapitre 9.
Je le trouve vraiment époustouflant, il ne m'a pas déçu, comme tout les autres auparavant d'ailleurs.
J'aime ce petit paragraphe :
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« Elle est bien, la nouvelle admin. Elle nous laisse du menu-fretin, mais avec des pokémons de luxe. Eh, gamin, elle est bonne, ta sœur. Sauf qu’elle s’est fait défoncer par le commandant, ta sœur. Elle a du bol d’être admin, si elle était sbire, on serait déjà allé lui montrer les bons coins de Safrania, entre collègues. Mais t’es trop petit pour comprendre, gamin, non ? J’ai envie de jouer à Papa-Maman avec ta sœur, gamin. Et pas que moi. Tous les types de l’escouade veulent se la taper. Là, tu piges? Faut dire que c’est pas sérieux, une admin aussi jeune. »
[/spoiler]
Ça commence à être - 10 :ahah:
Sinon, pourquoi ce changement de présentation des dialogues avec des sauts de lignes avant et après une prise de parole ?
Qui redevient comme avant vers la fin du chapitre.
VanderCronch - 3 février 2013 à 19:45
Pour les dialogues, j'ai des problèmes avec mon traitement de texte, parfois il est homogène, parfois pas, et je dois parfois remettre les espaces ou les enlever quand je copie le texte sur PT, et il y en a que je zappe.
Je crois que dans les derniers chapitres, c'est à peu près réglé, mais il y a toujours des trucs comme ça qui sautent. Merci de m'avoir prévenu, je vais voir si je peux corriger ça. Je crois qu'ailleurs, il y a des guillemets là où je n'en mets normalement pas. Cette vigilance de ta part est vraiment une bénédiction.
Je comprends tout à fait que tu manques de temps, et ça me fait déjà plaisir que tu aies pris la peine de lire ce chapitre!
Tu n'imagines pas ce que ça a été que d'écrire ce petit passage, justement. J'ai beaucoup hésité sur le ton à donner au Rocket, j'aurais pu le faire bien plus crûment, mais je pense que ça aurait juré avec le style habituel du texte. Mais tu vas sans doute constater dans les derniers chapitres que l'ambiance est devenue plus tendue...
Ton avis sur le 9 est d'autant plus précieux que c'est le premier que j'ai écrit après une longue pause, et que mon rapport à l'histoire et ma manière d'écrire ont changé un peu depuis. J'ai envie de dire que les choses sérieuses commencent vraiment à partir du 9.
Par contre, étant en exams, je ne vais pas pouvoir continuer le dernier chapitre cette semaine, désolé.
fandepokemon18 - 4 février 2013 à 19:19
Pour le petit passage, j'ai bien remarqué que tu as essayé de censuré un maximum, et je trouve que tu l'as vraiment très bien fais en plus
J'ai hâte de lire le 10, je vais essayer de trouver un moment dans la semaine pour se faire. (ce qui n'est pas forcément gagner du fait que je suis en pleine rédaction de mon rapport de stage de 3ème)
EDIT : Bonne chance pour tes exams, j'allais oublier de te le souhaiter.
VanderCronch - 4 février 2013 à 19:25
Bah, les chapitres peuvent attendre, ils ne vont pas s'envoler. Du moment que toi, lecteur, tu ne t'envoles pas!
C'est dans le chapitre 10 qu'il y a aussi des problèmes d'homogénéité des dialogues, J'espère que ça ne gênera pas la lecture... Je les retravaillerai dès que j'aurai plus de temps moi aussi.
fandepokemon18 - 5 février 2013 à 18:41
Non mais plus je mets de temps à lire la suite, plus j'oublie ce qui c'est passé avant, et moins j'apprécie la lecture.
Mieux vaut que je trouve rapidement le temps de le lire.
Merci de la mise en garde pour les dialogues. ^^
VanderCronch - 6 février 2013 à 18:02
Je commence le chapitre suivant d'ici la fin de semaine, j'ai dégagé un peu de temps.
fandepokemon18 - 10 février 2013 à 16:20
J'ai lu le chapitre 10, un peu vide je trouve, même si nécessaire pour le bien des chapitres postérieurs.
La première partie, avec Peter qui s'éffondre sur son sort, puis Rochard lui expliquant qu'il devra être seul durant cette quête, me semble un peu long.
La deuxième, avec le combat, donne un peu d'action au chapitre, même si les combats Pokémon en fic, j'arrive pas trop à les apprécier comme il le faudrait.
L'idée qu'il va se mettre à la recherche des 8 badges ne m'enchante guère, on revient vers du classique.
Impatient tout de même de voir ce que ça va donner.
VanderCronch - 16 février 2013 à 23:18
Ouais, je comprends ce que tu veux dire, c'est un peu un chapitre de transition. Mais je vais éviter que l'histoire ne s'embourbe dans du classique, vu que je veux la jouer sur différents points de vue, et celui de Peter n'est pas forcément toujours le plus significatif...
Pour ta critique des combats en fic, je comprends ce que tu veux dire (en tout honnêteté, ils sont assez pénibles à écrire, parce que trop monotones et se ressemblant). Mais ils ont une certaine importance dans la narration, donc je dois passer par là, Peter est un dresseur et je dois lui faire faire ses armes.
J'espère que tu garderas la motivation pour lire la suite, je prends bien note de tes impressions sur le dernier chapitre. Je regrette que ça ne t'ai pas autant plu que ceux d'avant, mais je dois dire que ces remarques sont même plus utiles qu'un R.A.S sur les anciens chapitres, car j'éviterai à l'avenir les écueils de celui-ci. Du coup, je vais reprendre le chapitre actuel un peu différemment. Merci!
fandepokemon18 - 17 février 2013 à 14:44
Oui voilà, chapitre de transition, désolé pour avoir oublié ce terme.
Te connaissant tout de même un peu, et voyant comment s'est déroulé l'histoire jusqu'à là, je ne doute point que tu sauras éviter que l'histoire ne vire vers du classique.
Au niveau de ma critique sur les combats en fic, ça reste juste un avis personnel, on ne peut pas se passer de ces combats je le sais.
Oh oui que je garde ma motivation pour lire la suite, l'histoire m'a peut-être un poil déçu, mais pas la narration.
J'imprime cette après-midi le chapitre 11.
VanderCronch - 17 février 2013 à 14:50
Tu m'en vois ravi! Je viens de faire des corrections sur le chapitre 12, à ce propos, et j'ai décidé de repartir de zéro pour le tout dernier. J'attends tes impressions pour le 11 et le 14 avec impatience, qui sont sur un autre axe narratif. Je veux savoir si ils sont aussi intéressants.
fandepokemon18 - 17 février 2013 à 15:05
Alors tu devrais avoir mon avis pour le 11 demain.
fandepokemon18 - 19 février 2013 à 13:32
Désolé pour hier, j'avais finalement pas eu le temps de la lire, oublié de prendre connaissance de sa longeur avant. :baffan:
Sinon je trouve le chapitre plutôt sympa, un peu plus complexe, mais interessant.
Je viens de revoir les premiers chapitres aussi, et je suis stupéfié par l'évolution de la grandeur des chapitres...
1 page-et-demi format OpenOffice, pour le 1er chapitre, contre 4 pages pour le 11ème.
VanderCronch - 22 février 2013 à 12:19
Ouais, j'ai changé de calibre au niveau taille, mais là je suis un peu à la peine pour le dernier chapitre... Il y a quelque chose que je ne réussis pas à faire.
fandepokemon18 - 22 février 2013 à 13:57
Arf, dommage, bon je te souhaite bonne chance pour arriver à le faire =/
Pendant ce temps, je vais prendre un petit moment pour lire le 12.
VanderCronch - 25 février 2013 à 15:49
C'est très aimable à toi de garder cette patience. Je dois dire que très honnêtement je suis dans une impasse avec ce chapitre, je vais le laisser un peu reposer, si je le force il sera mauvais.
Tu peux donc prendre tout ton temps pour les derniers chapitres sortis, et j'en suis bien désolé! En attendant, tu as les abondantes éditions Chibi qui peuvent te fournir de quoi t'occuper.
Mais je reste motivé, je vais bien finir par lever le blocage.
EDIT: Faute de temps, je vais partir un moment, donc la fic ne vas pas être mise à jour d'ici un certain temps; mais je reviendrai, je reviens toujours.
fandepokemon18 - 1 février 2015 à 17:57
EDIT: Faute de temps, je vais partir un moment, donc la fic ne vas pas être mise à jour d'ici un certain temps; mais je reviendrai, je reviens toujours.
Presque 2 ans plus tard...
VanderCronch - 14 septembre 2015 à 19:21
Vrai… Le projet est clairement perdu dans les limbes.
Mais bon, je vais potentiellement avoir plus de temps. Ce n'est pas une promesse, mais en tout cas, il y a encore de l'espoir! Il est probable que je reparte sur une base neuve avec une nouvelle histoire, vu que j'ai pris beaucoup de distance par rapport à celle-ci, mais je ferai mon possible pour améliorer tout ce que je peux en gardant ce qui avait l'air bien.